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L'ACTUALITE CENTRAFRICAINE AUTREMENT
EDITORIAL DU JEUDI 19 AOUT 2004
La Nouvelle Culture Politique Centrafricaine !

AUX CARREFOURS DE NOS LIBERATIONS

"La seule chose qui permet au mal de triompher est l'inaction des hommes de bien."
Edmond. Burke 

Le 09 août 2004, le rédacteur du journal Le Citoyen a été condamné à 1 an de prison avec sursis après 1 mois de détention préventive.
               Le 13 août 2004, nous fêtions le 44ème anniversaire de notre indépendance.
               Le 15 août 2004 fût le 60ème anniversaire du débarquement de l'armée d'Afrique sur les côtes de Provence.
               Comment ne pas penser à la "libération du 15 mars 2003" et à son (dé)libérateur en chef et quel sens donner à toutes nos libérations et (dé)libérations ?

            N'oublions pas aussi, que nous allons célébrer le 29 août 2004, le 165ème anniversaire de l'arrivée de l'Amistad sur les côtes de Long Island. qui marquera le début du procès de Joseph Cinque . Ce procès influença le cours de l'histoire des États-Unis et, en particulier, le développement de la culture afro-américaine et de la Sierra Leone, car il fut à l'origine de l'activité de missionnaires américains qui formèrent de nombreux membres de l'élite qui allait diriger le mouvement nationaliste et libérer le pays de la tutelle coloniale.

Maka GBOSSOKOTTO : LIBERATION MAIS CONDAMNATION(S) !

Ouf ! Enfin ! C'est scandaleux ! Quelle honte ! De la foule, montait un vent de soulagement et de désarroi. Maka  GBOSSOKOTTO est libre. Mais quel est le bilan de la mobilisation ? Le véritable débat, concernant la dépénalisation des délits de presse , a été occulté.
            A la lumière de la condamnation prononcée à l'encontre de Monsieur Maka Gbossokotto, notre réflexion se penche sur l'encadrement et la mise en oeuvre d'une dépénalisation des  délits de presse. L'exercice responsable de toute liberté étant la règle. Une dépénalisation ne peut signifier laisser faire et dire tout et n'importe quoi. Il faudrait renforcer la formation des journalistes, les mécanismes d'autocontrôle et les mécanismes de sanctions, en privilégiant les peines financières assorties d'une obligation de publication des délibérés et/ou assorties d'excuses publiques.
            Mais, chez nous, on sait pourquoi la justice centrafricaine emprisonne durant un mois un journaliste pour "injures et insultes", alors qu'il ne représente aucune menace directe à l'ordre public ou pour son prochain. Certains maux résonnent tels des balles sur le casque des "illusions consensuelles".
                Pour les non-initiés, lire "Le traité des délits et des peines." de Cesare Beccaria 1764 sur le principe de proportionnalité des délits et des peines.

L'INDEPENDANCE : UNE AUTRE LIBERATION.

La France vient de célébrer les 60 ans de l'Autre Débarquement , celui de Provence, celui du 15 août 1944, celui de la France et de la France d'Afrique. Nous avons aussi célébré l'anniversaire de notre indépendance le 13 août 1960 et honoré le courage de ces Hommes qui ont combattus pour la liberté du peuple centrafricain et au nom du "droit des peuples à disposer d'eux même."
               Pourtant, les dossiers pendants entre la France et ses anciennes colonies sont nombreux et ont entachés la fête et ses lendemains. La FIDH par un communiqué du 17 août 2004, demande à l'État français de "Respecter l’arrêt du Conseil d’Etat sur l’égal traitement des anciens combattants". Toutefois, il faut remarquer que la reconnaissance de l'État français, même tardive, était le premier pas indispensable qui en permettra assurément d'autres plus palpables.
               Espérons que ces historiques "célébrations convolutions", nous aiderons à porter un regard sur tout ce chemin parcouru et surtout sur ce qu'il nous reste à faire pour conquérir un sens aigu de la liberté et de l'indépendance. Car finalement, le syndrome du colonisé ne semble pas avoir encore vécu dans la société centrafricaine et africaine.

LA LIBERTE POUR QUOI FAIRE ?

"Pour les 3,5 millions centrafricains que nous sommes, les 43 années de notre indépendance, conquise de haute lutte, en 1958, par le Président Fondateur Barthélémy BOGANDA, et proclamée en 1960 par feu le Président David DACKO, n’ont été qu’une longue descente dans l’enfer de la pauvreté et de la misère. " LE CENTRAFRIQUE ET SON AVENIR Charles MASSI.
                Sortir de l'infantilisation par l'assistanat pour aller vers la libération des énergies et des idées, plus qu'une nécessité vitale, c'est notre horizon à tous.  La liberté démocratique à un prix : la bonne gouvernance et le développement durable. "Le développement durable est une forme nouvelle de gouvernance qui n’aurait qu’une obsession le long terme."DEVELOPPEMENT DURABLE : UN ENJEU MONDIAL. MBOUNOU Crépin NGOÏ TO-SEING TO 
                Pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu je vous conseille vivement la lecture de "La liberté pour quoi faire ?" de Georges Bernanos aux éditions Folio, "vous y comprendrez comment une société surmonte son avenir car on ne subit pas l'avenir, on le fait !"
               Finalement, d'une libération à l'autre, en passant par l'histoire, avons-nous réellement trouvé le sens de nos libérations ? Avons nous appris à être libre ? Saurons-nous devenir meilleur ? Quel sens avons-nous donné à notre liberté ?

LE CENTRAFRIQUE AUTREMENT.

Penser, concevoir, agir et réaliser le Centrafrique autrement est possible. Le FODEM s'emploie a concevoir les solutions permettant au peuple centrafricain de retrouver la confiance, de renouer avec l'espoir réel d'un avenir meilleur. Cela demande de rejeter les solutions de facilité, de préférer l'effort à l'assistanat, d'être intègre, honnête et droit dans la vie comme dans la gestion des affaires publiques.

A QUAND LA VERITABLE REFORME DES MENTALITES ?

L'enjeu pour nous est Janvier 2005 : l’éveil d’un dragon économique. Ce qui est certain (pour ceux qui en douteraient encore), c'est que les citoyens auront appris à leurs dépends qu'il y a des (dé)libérations et des (in)dépendances. Désormais, il faudra faire le tri entre le grain et l'ivraie pour se donner un véritable avenir !

Par Eric NERIS
FODEM FRANCE
Chargé des Relations Extérieures

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