AFFAIRE MAKA GBOSSOKOTO

LIBREVILLE, 4 août (AFP) Le directeur de publication d'un quotidien centrafricain en garde à vue

L'article incriminé

RSF, 4 août 2000 Un directeur de publication arrêté

Kodro, 04 août 2000 ARRESTATION DE MAKA GBOSSOKOTTO

BANGUI, 7 août (AFP) - 12h52 Protestations contre la garde à vue d'un journaliste centrafricain

PARIS (Reuters) lundi 7 août 2000, 19h54 Fin de l'occupation de l'ambassade centrafricaine à Paris

BANGUI, 8 août (AFP) - 19h20 Libération de MAKA GBOKOSSOTO

Kodro, 10 août 2000 Une 3ème inculpation

Le directeur de publication d'un quotidien centrafricain en garde à vue

LIBREVILLE, 4 août (AFP) Le directeur de publication du quotidien centrafricain indépendant "Le Citoyen", a été placé vendredi en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Bangui, a-t-on appris de sources concordantes.

Maka Gbossokoto, joint au téléphone par l'AFP depuis Libreville, a indiqué avoir été arrêté dans la matinée en vertu d'une plainte en diffamation déposée à son encontre par le porte-parole de la présidence de la République, Prosper Ndouba.

Il se voit reprocher la publication en fac-similé, dans "Le Citoyen" daté du 24 juillet, d'une lettre à en-tête de la présidence signée par M. Ndouba et adressée aux entreprises privées de la place, qu'accompagne le titre : "Racket dans les sociétés organisé par Ndouba?".

"C'est avec plaisir que je vous fais parvenir les nouvelles effigies officielles du chef de l'Etat", indique ce courrier, qui fixe le montant de 12 photos de formats divers du président Ange-Félix Patassé à 150.000 francs CFA (1.500 FF), payables par chèque sur un compte "Communication présidence" ou en espèces.

M. Gbossokoto a indiqué à l'AFP regretter de ne pas avoir été entendu au préalable par le Procureur de la République de Bangui, "comme cela se fait habituellement".

Le Forum démocratique pour la modernité (Fodem - opposition) du député centrafricain Charles Massi a condamné vendredi cette arrestation, dans un communiqué reçu par l'AFP à Libreville.

Il en appelle "à la mobilisation de tous les patriotes et des défenseurs des droits de l'Homme pour porter un coup d'arrêt à la dérive répressive du gouvernement", en s'interrogeant : "Hier les étudiants, aujourd'hui la presse. Demain à qui le tour?".

L'article paru est le suivant :

citoyen ndouba.jpg (251152 octets)

" RACKET " DANS LES SOCIETES ORGANISE PAR NDOUBA ?

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
********
Cabinet Ministre d'Etat chargé des Affaires Présidentielles
******
Secrétariat Général
******
Le Conseiller Spécial Chargé de la Communication

Bangui, le 13 juillet 2000

Monsieur le Directeur Général,

C'est avec plaisir que je vous fais parvenir les nouvelles effigies officielles du Chef de l'État.

Pour un montant forfaitaire de : F. CFA 150 000 F., le lot de 12 photos comprend :

  • - 2 photos buste de format 27,5 cm x 36,5 cm (fond blanc et bleu)

  • - 2 photos 3/4 debout de format 27,5 cm x 36,5 cm (fond blanc et bleu)

  • - 2 photos buste de format 45,5 cm x 62,5 cm (fond blanc et bleu)

  • - 2 photos ¾ debout de format 45,5 cm x 62,5 cm (fond blanc et bleu)

  • - 2 photos buste de format 53 cm x 78 cm (fond blanc et bleu)

  • - 2 photos ¾ debout de format 53 cm x 78 cm (fond blanc et bleu)

Les règlements peuvent s'effectuer soit par virement ou chèque bancaire à l'ordre du compte intitulé " Communication Présidence " n° 24039901 N à
l'UBAC, soit en espèces.

Pour tout mode de règlement, un reçu sera dûment délivré après encaissement.

En vous en remerciant par avance, veuillez croire à l'expression de mes salutations distinguées.

Prosper NDOUBA
Conseiller Spécial du Chef de l'Etat,
Porte Parole

© kodro, août 2000

 

RSF, 4 août 2000 AFRIQUE CENTRAFRIQUE Un directeur de publication arrêté

Dans une lettre adressée au ministre de la Justice, Antoine Grothe, Reporters sans frontières (RSF) a demandé la libération immédiate de Maka Gbossokotto, directeur de publication du quotidien privé Le Citoyen et correspondant de RSF en République centrafricaine. Robert Ménard, secrétaire général de RSF, a rappelé qu'au cours d'une rencontre avec une délégation de RSF, en janvier 2000, le président Ange-Félix Patassé avait pris l'engagement personnel de "veiller à ce qu'il n'y ait jamais de journaliste emprisonné dans le pays ni aucune mesure arbitraire". RSF a affirmé que cette détention est également en contradiction avec l'article 15 de la loi 98.006 relative à la liberté de la communication qui stipule que "le journaliste a le droit d'enquêter librement sur tous les faits qui intéressent la vie publique, de mettre en discussion les actions et les déclarations de toute institution publique ou privée". Enfin, RSF a insisté sur le fait qu'en janvier 2000, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression a indiqué que "l'emprisonnement en tant que condamnation de l'expression pacifique d'une opinion constitue une violation grave des droits de l'homme".

Selon les informations recueillies par RSF, Maka Gbossokotto, directeur de publication du quotidien privé Le Citoyen et correspondant de RSF, a été convoqué à la gendarmerie de Bangui, le 4 août au matin. Entendu pendant plus de deux heures, suite à une plainte déposée par Prosper N'Douba, le conseiller spécial du chef
de l'Etat chargé de la communication, Maka Gbossokotto a été placé, vers 13 heures, en détention pour "offense" et "diffamation". On lui reproche la publication dans l'édition de son journal du 24 juillet
2000, d'une lettre de Prosper N'Douba, adressée à des sociétés privées, en vue de leur vendre les "nouvelles effigies officielles" du chef de l'Etat. Douze photos auraient ainsi été proposées pour la
somme de 150 000 francs CFA (environ 250 euros). Le Citoyen a reproduit l'intégralité de la lettre sous le titre :"Racket dans les sociétés organisé par Prosper N'Douba?".

Reporters sans frontières a également rappelé que le 17 mai dernier, Cardoso de Meillot, directeur de publication du quotidien privé Le Démocrate, et Raphaël Kopessoua, directeur de publication de l'hebdomadaire privé Vouma la mouche, ont été condamné respectivement à six et trois mois de prison avec sursis, ainsi qu'à 100 000 et 125 000 francs CFA d'amende (environ 160 et 210 euros), pour "offense au chef de l'Etat". Cardoso de Meillot a été incarcéré pendant vingt jours avant d'être jugé.

Pour de plus amples informations, contactez le bureau AFRIQUE http://www.rsf.fr

ARRESTATION DE MAKA GBOSSOKOTTO,

Directeur de publication du journal Le Citoyen Bangui (Kodro, 04 août 2000)

Le journaliste Maka Gbossokotto, directeur de publication du quotidien le Citoyen vient d'être arrêté par les services présidentiels de sécurité. Il lui est reproché d'avoir publié une lettre de Prosper Ndouba, conseiller en communication à la Présidence.

Maka Gbossokotto est actuellement incarcéré dans les geôles de la Gendarmerie nationale centrafricaine à Bangui.

C'est au milieu de cette après-midi que la nouvelle fit le tour de Bangui. Le journaliste fût arrêté dans des conditions qui restent encore à déterminer.

© kodro, août 2000

 

Protestations contre la garde à vue d'un journaliste centrafricain

BANGUI, 7 août (AFP) - 12h52 - Le Groupement des éditeurs de la presse privée indépendante de Centrafrique (GEPPIC) et Reporters sans frontières (RSF) ont protesté lundi auprès des autorités de Bangui contre l'arrestation d'un journaliste centrafricain dont ils demandent la libération immédiate.

Le GEPPIC, dans une lettre adressée lundi au président Ange-Félix Patassé, lui demande de "libérer sans conditions" le directeur de publication du quotidien Le Citoyen, Alexis Maka Gbossokotto, en garde à vue depuis samedi dans les locaux de la gendarmerie de Bangui.

Il se déclare "indigné" de constater que le journaliste "arrêté sur la base de la publication d'un document officiel signé par M. Prosper Ndouba (le porte-parole de la présidence : NDLR), a été libéré à 13h dans la journée du samedi pour être arrêté de nouveau deux heures plus tard à l'instigation du procureur général, sur votre ordre...".

L'organisation de défense des journalistes, RSF, a écrit de son côté au ministre centrafricain de la Justice, Antoine Grothe, pour demander la libération immédiate de M. Maka Gbossokotto, annonce-t-elle dans un communiqué reçu lundi par l'AFP à Libreville.

"Au cours d'une rencontre avec RSF, en janvier 2000, le président Patassé avait pris l'engagement personnel de veiller à ce qu'il n'y ait jamais de journaliste emprisonné dans le pays, ni aucune mesure arbitraire", souligne le texte.

Le journaliste se voit reprocher d'avoir publié le 24 juillet une lettre à en-tête de la présidence signée par M. Ndouba, et adressée aux entreprises privées en vue de leur vendre les "nouvelles effigies officielles" du chef de l'Etat, sous le titre : "Racket dans les sociétés organisé par Ndouba?".

Douze photos du président Patassé étaient ainsi proposées pour la somme de 150.000 francs CFA (1.500 FF).

© 2000 Agence France-Presse

 

COMMUNIQUE DU FODEM

Ce lundi 07 août 2000, LE FODEM (Forum Démocratique pour la Modernité) s'est associé au COCAE (Collectif des Opposants Centrafricains en Exil) pour occuper l'Ambassade de la République Centrafricaine à Paris et revendiquer :

  • la libération immédiate et sans conditions de MAKA GBOSSOKOTO, directeur de publication du quotidien centrafricain "Le Citoyen"
  • le règlement des arriérés de salaires et de bourses des étudiants centrafricains à l'étranger et sur le territoire national
  • le respect des Droits de l'Homme, de la Liberté d'expression et de la Constitution
  • l'arrêt immédiat de toutes formes d'actions répressives du gouvernement de Monsieur DOLOGUELE et du Président PATASSE destinées à éliminer les Défenseurs de la Démocratie.

 

      Le Représentant du FODEM à Paris

      Eric NERIS

 

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Fin de l'occupation de l'ambassade centrafricaine à Paris

PARIS (Reuters) lundi 7 août 2000, 19h54- Des opposants centrafricains qui occupaient l'ambassade de leur pays à Paris ont été délogés par la police.

Des CRS ont pénétré dans l'ambassade vers 19h30 (17h30 GMT) après avoir forcé les portes du bâtiment, situé dans le XVIe arrondissement. Les manifestants ont été évacués sans violence et une dizaine d'entre eux ont été interpellés pour un contrôle d'identité.

Les manifestants, au nombre d'une quarantaine, réclamaient la libération d'un journaliste arrêté à Bangui, ainsi que la démission du président Ange Patassé.

Ils étaient parvenus à entrer dans l'ambassade vers 18h30 (16h30 GMT).

Membres du Collectif des opposants centrafricains en exil, ils demandaient la libération de Maka Mbokossoto, rédacteur en chef du journal Le Citoyen, arrêté samedi et accusé d'avoir calomnié un conseiller du président Patassé.

Selon eux, le journaliste serait torturé au siège de la police de Bangui.

Ils exigeaient également le paiement des arriérés de traitements des fonctionnaires et des bourses des étudiants, dus, selon eux, depuis des mois. 
 

 

BANGUI, 8 août (AFP) - 19h20 -Libération de MAKA GBOKOSSOTO

Le directeur de publication du quotidien centrafricain indépendant Le Citoyen, placé en garde à vue depuis le 5 août à la gendarmerie de Bangui à la suite d'une plainte en diffamation, a été remis mardi après-midi en liberté, a constaté l'AFP.

Alexis Maka Gbossokoto, dont la libération provisoire a été finalement accordée à la suite d'une audience avec le procureur du tribunal de grande instance de Bangui, M. Firmin Feindiro, comparaîtra cependant le 21 août prochain devant le même tribunal pour "diffamation" et "offenses".

Il est reproché au journaliste d'avoir publié le 24 juillet une lettre à en-tête de la présidence signée par le porte-parole du président Ange-Félix Patassé, M. Prosper Ndouba, et adressée aux entreprises privées en vue de leur vendre les "nouvelles effigies officielles" du chef de l'Etat, sous le titre: "Racket dans les sociétés organisé par Ndouba?".

Douze photos du président Patassé étaient ainsi proposées pour la somme de 150.000 francs CFA (1.500 FF). Le Groupement des éditeurs de la presse privée indépendante de Centrafrique (GEPPIC) et Reporters sans frontières (RSF), avaient protesté lundi auprès des autorités de Bangui contre l'arrestation du responsable du Citoyen dont ils demandaient la libération immédiate et sans conditions.

Par ailleurs, toujours lundi, une quarantaine d'opposants centrafricains avaient occupé pendant plus de deux heures l'ambassade de la république centrafricaine à Paris pour également protester contre cette arrestation, avant d'être dispersés sans violences par la police.

 

 

Kodro (10 août 2000) 12h30

LE DIRECTEUR DE PUBLICATION DU JOURNAL LE CITOYEN SOUS LE COUP D'UNE 3ème INCULPATION.

Acculé par les avocats du journaliste, lors de l'audience du mardi 08 août 2000, les autorités centrafricaines envisageraient de déposer une plainte,contre le directeur du journal Le Citoyen, pour incitation à la haine et atteinte à la sûreté nationale.

En effet, de source judiciaire non autorisée, "la Présidence centrafricaine, exige que le ministère public inculpe le journaliste pour avoir reproduit et diffusé, récemment dans son journal, un article parut dans le n° 336 du mensuel africain Africa International. Cette reproduction est un acte insurrectionnel car elle est de nature à porter atteinte à l'autorité de l'État et incite à la violence en faisant la publicité d'une organisation illégale".

Joint par téléphone, Maka Gbossokoto confirme qu'il s'est vu reproché la reproduction de l'article en question par le ministère public, lors de l'audience de mardi dernier. Répondant à une question de kodro, le journaliste a dénoncé l'amalgame qui se dessine autour de "l'affaire Ndouba ". Pour lui, il n'y a plus de doute sur la volonté des autorités centrafricaines à vouloir réduire au silence l'expression de la libre opinion en Centrafrique.

"Patassé, le pétrole et l'argent du camp Kassaï ", de Kukoye MUSHANA, est l'article d'Africa International qui sert de nouvel alibi aux autorités politiques centrafricaines.

Cet article qui évoque la "vie dure " menée par l'opposition, contre le "régime Patassé devant l'Onu à New-York ", présente et analyse les difficultés du régime Patassé "depuis la fin de la mission des Nations Unies en Centrafrique (Minurca) ". Pour Kukoye MUSHANA, "le président Ange Félix Patassé,ayant survécu à trois mutineries, cherche désespérément de l'argent pour restructurer l'armée centrafricaine ". Cet article met en exergue le lobbying pratiqué à New-York par le Collectif des Opposants Centrafricains en Exil (COCAE) qui manifesta ainsi ses inquiétudes.

Pour la Cocae, "on ne peut pas faire confiance à un président faisant bombarder les quartiers du Sud de Bangui jugés hostiles à son pouvoir. Un homme prompt à désarmer ses adversaires alors que dans son fief de Boyrabé, les commandos Karakos sèment la terreur avec l'aide des militants de son parti,
le Mlpc. "

Le directeur du Citoyen et ses avocats entendent réserver "une attention méritée " à ce nouveau développement.

©kodro, août 2000