AFP, Bangui, 7 decembre 2004
Lancement d'un projet de réinsertion des ex-combattants en Centrafrique
Centrafrique-Presse 06/12/2004
QUAND BOZIZE PARLE SANS HONTE DE L’ARMEE CENTRAFRICAINE

 

Lancement d'un projet de réinsertion des ex-combattants en Centrafrique

BANGUI, 7 déc (AFP) - 17h43 - Le président centrafricain François Bozizé a lancé mardi à Boassangoa (300 km au nord de Bangui) un vaste projet de réinsertion de 7.000 miliciens et rebelles qui ont participé aux combats ayant précédé le coup d'Etat du 15 mars 2003, a annoncé la radio nationale.

Baptisée projet de réinsertion des ex-combattants et d'appui aux communautés (PRAC), l'opération vise à faciliter le retour à la vie civile des membres des milices de l'ex-président Ange-Félix Patassé et des "ex-libérateurs", partisans du général Bozizé dans la rébellion.

Ce projet a été financé à hauteur de 5 milliards de francs CFAmillions d'euros) par le programme multipays de démobilisation et de réinsertion basé à Washington, en coopération avec les Etats, les bailleurs de fonds, les agences des Nations unies et la Banque mondiale.

"Ces ressources sont prêtes à 80% (mais) des difficultés existent encore dans la mobilisation des fonds nécessaires à la réhabilitation des infrastructures économiques et sociales des communautés" accueillant les ex-combattants, a toutefois relevé Côme Zoumara, le coordinateur de la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (CNDDR).

"Beaucoup reste à faire, notamment en ce qui concerne la mobilisation des ressources, ou des volets importants tels que le désarmement et le renforcement de la sécurité pour le développement", a pour sa part fait remarquer le représentant du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) en Centrafrique, Stan N'kwaïn.

Le quartier général du projet a été établi à Bossangoa et comptera des antennes dans plusieurs préfectures du pays.

QUAND BOZIZE PARLE SANS HONTE DE L’ARMEE CENTRAFRICAINE
(Centrafrique-Presse 06/12/2004)

Dans une récente interview qu'il a d'accordée au quotidien camerounais Mutations voici ce que déclare Bozizé à propos de la situation de l'armée centrafricaine.

« La réforme de l'armée constitue un des objectifs que nous nous sommes fixés dès le 15 mars 2003. Il est vrai, les Faca étaient complètement liquéfiées ces dernières années. Les anciens dirigeants, pour des conflits internes, ont plus d'une fois eu recours à des forces extérieures non conventionnelles. Le retour à la légalité doit s'accompagner d'une reprise en main des forces de défense et de sécurité. Il s'agit, dans un premier temps, de redonner confiance à nos forces et ensuite reconstituer une armée véritablement républicaine, où toutes les régions du pays seront représentées dans des proportions raisonnables. Pour réussir la restructuration des armées, l'Etat doit consentir d'énormes sacrifices et déployer de gros moyens. Les casernes sont à reconstruire, les équipements militaires, les moyens de transport des hommes sont à acquérir ; c'est pourquoi encore une fois nous en appelons à l'aide extérieure pour doter le pays d'une force capable de traquer les bandes armées qui écument l'arrière pays. La France a déjà mis et continue de mettre les moyens logistiques à notre disposition. La Chine populaire va nous offrir le matériel militaire et autres équipements indispensables au maintien de la sécurité afin d'assurer un bon déroulement des élections ».

On a quelque mal à deviner que l'auteur de ces propos fut chef d'état major des mêmes forces armées centrafricaines dont il parle. Le président Patassé lui avait malheureusement confié la haute mission de prendre en main le commandement de ces forces armées et de les restructurer. Cinq ans après sa nomination, la situation dans laquelle Bozizé a laissé les Faca est catastrophique.

Aujourd'hui, il n'en a pas honte et n'hésite pas à parler lui-même de « liquéfaction » des Faca…du « recours des anciens dirigeants (dont pourtant lui aussi) aux forces non conventionnelles (entendez aux mercenaires). Au passage il reconnaît volontiers que son régime issu du putsch du 15 mars 2003 est illégal lorsqu'il dit : « Le retour à la légalité doit s'accompagner d'une reprise en main des forces de défense et de sécurité »…

L'autoproclamé fait par ailleurs le constat du sous équipement de l'armée nationale dont il n'est pourtant pas étranger, pour bien évidemment en appeler comme d'habitude à l'aide extérieure.

N'est-ce pas Bozizé lui-même qui a bradé à tour de bras pour son profit personnel le carburant, les véhicules et autres matériels de l'armée dont l'important équipement laissé par l'armée française à Bouar ?

N'est-ce pas Bozizé qui a détourné à son seul profit égoïste un kit complet de boulangerie provenant de la base de Bouar ?

Il est parfaitement indigne et totalement disqualifié de parler au nom de cette armée qu'i a plutôt largement contribué à entasser. Rien que pour cela, il mérite amplement d'être appelé à la barre pour donner quelques explications au peuple centrafricain. Aujourd'hui, c'est malheureusement lui qui se trouve paradoxalement dans la situation inverse d'appeler d'autres fils du pays à la barre d'une justice totalement à sa solde.

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POUR ALLER PLUS LOIN :  

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Les autorités centrafricaines ont envoyé une mission dans le nord-ouest du pays et près de la frontière tchadienne afin de recenser les ex-libérateurs, qui avaient aidé François Bozizé à prendre le pouvoir en mars 2003, en vue de les indemniser, a annoncé mardi la radio nationale.
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BANGUI, 28 sept (AFP) - 19h55 - Un séminaire consacré à "la problématique de la neutralité de l'armée dans les pays africains" et destiné aux forces de défense et de sécurité centrafricaines s'est ouvert mardi à Bangui à l'approche d'importants scrutins, a constaté un journaliste de l'AFP.


LU POUR VOUS DANS LE CITOYEN
Voir aussi :

FODEM BANGUI

20 SEPTEMBRE 2004
COMMUNIQUE
Relatif au rappel à l’ordre du Président BOZIZE aux Forces de Défense et de Sécurité

LES EX-LIBÉRATEURS DE L'ETHNIE DU PRÉSIDENT BOZIZE CONTRE LE RETOUR DE LA DÉMOCRATIE
Depuis plusieurs semaines, nous avons constaté une reprise générale de l’insécurité dans l'arrière pays (notamment dans le nord et le nord-ouest ou des zones sont considérées comme zones de non droit ou l'État centrafricain ne peut s'aventurer sans risquer la vie de ses éléments). Cette insécurité affecte même la ville de Bangui aujourd'hui.
Les ex-libérateurs de l’ethnie du général BOZIZE ont entamé une campagne de menaces et d'intimidations à l'égard de ceux qui souhaitent le retour de la démocratie en janvier 2005. Le journal LE CITOYEN du 26 octobre 2004 cite les propos d’un libérateur : « en cas de non candidature du Général François BOZIZE ou de défaite cuisante aux élections, nous reprendrons le maquis dans nos cachettes initiales ».
Ces propos visent clairement à conforter le HOLD-UP ÉLECTORAL planifié de longue date par le Président de transition, le Général François BOZIZE. Dans ces conditions, les observateurs se demandent comment parvenir à préserver la paix et à ramener la prospérité pour tous les centrafricains à l'issue des élections de Janvier 2005 qui doivent normalement permettre le retour à un ordre constitutionnel normal.
FODEM - Bangui, 27 Octobre 2004