QUAND
BOZIZE PARLE SANS HONTE DE L’ARMEE CENTRAFRICAINE
(Centrafrique-Presse
06/12/2004)
Dans
une récente interview qu'il a d'accordée au quotidien camerounais
Mutations voici ce que déclare Bozizé à propos de la situation de
l'armée centrafricaine.
«
La réforme de l'armée constitue un des objectifs que nous nous
sommes fixés dès le 15 mars 2003. Il est vrai, les Faca étaient
complètement liquéfiées ces dernières années. Les anciens
dirigeants, pour des conflits internes, ont plus d'une fois eu recours
à des forces extérieures non conventionnelles. Le retour à la légalité
doit s'accompagner d'une reprise en main des forces de défense et de
sécurité. Il s'agit, dans un premier temps, de redonner confiance à
nos forces et ensuite reconstituer une armée véritablement républicaine,
où toutes les régions du pays seront représentées dans des
proportions raisonnables. Pour réussir la restructuration des armées,
l'Etat doit consentir d'énormes sacrifices et déployer de gros
moyens. Les casernes sont à reconstruire, les équipements
militaires, les moyens de transport des hommes sont à acquérir ;
c'est pourquoi encore une fois nous en appelons à l'aide extérieure
pour doter le pays d'une force capable de traquer les bandes armées
qui écument l'arrière pays. La France a déjà mis et continue de
mettre les moyens logistiques à notre disposition. La Chine populaire
va nous offrir le matériel militaire et autres équipements
indispensables au maintien de la sécurité afin d'assurer un bon déroulement
des élections ».
On
a quelque mal à deviner que l'auteur de ces propos fut chef d'état
major des mêmes forces armées centrafricaines dont il parle. Le président
Patassé lui avait malheureusement confié la haute mission de prendre
en main le commandement de ces forces armées et de les restructurer.
Cinq ans après sa nomination, la situation dans laquelle Bozizé a
laissé les Faca est catastrophique.
Aujourd'hui,
il n'en a pas honte et n'hésite pas à parler lui-même de « liquéfaction
» des Faca…du « recours des anciens dirigeants (dont pourtant lui
aussi) aux forces non conventionnelles (entendez aux mercenaires). Au
passage il reconnaît volontiers que son régime issu du putsch du 15
mars 2003 est illégal lorsqu'il dit : « Le retour à la légalité
doit s'accompagner d'une reprise en main des forces de défense et de
sécurité »…
L'autoproclamé
fait par ailleurs le constat du sous équipement de l'armée nationale
dont il n'est pourtant pas étranger, pour bien évidemment en appeler
comme d'habitude à l'aide extérieure.
N'est-ce
pas Bozizé lui-même qui a bradé à tour de bras pour son profit
personnel le carburant, les véhicules et autres matériels de l'armée
dont l'important équipement laissé par l'armée française à Bouar
?
N'est-ce
pas Bozizé qui a détourné à son seul profit égoïste un kit
complet de boulangerie provenant de la base de Bouar ?
Il
est parfaitement indigne et totalement disqualifié de parler au nom
de cette armée qu'i a plutôt largement contribué à entasser. Rien
que pour cela, il mérite amplement d'être appelé à la barre pour
donner quelques explications au peuple centrafricain. Aujourd'hui,
c'est malheureusement lui qui se trouve paradoxalement dans la
situation inverse d'appeler d'autres fils du pays à la barre d'une
justice totalement à sa solde.
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