Le député centrafricain Charles Massi, en exil en France, a appelé le chef d'Etat
gabonais Omar Bongo, président d'une commission pour la relance du dialogue en
Centrafrique, à convoquer une conférence pour la "réconciliation nationale",
selon un communiqué transmis lundi à l'AFP à Libreville.
Le député Massi, président du Forum pour la démocratie et la modernité (FODEM,
opposition), ainsi que les deux autres signataires du communiqué, ont adressé le 9
octobre dernier une lettre au président Bongo, actuellement en séjour privé en France,
lui "demandant la convocation d'une conférence globale sans exclusive".
La conférence devrait regrouper, selon eux, "la mouvance présidentielle et
l'opposition, les groupes militaires de l'extérieur, les organisations syndicales et la
société civile, afin de définir les bases d'une réconciliation nationale
véritable".
Cette conférence est aujourd'hui rendue possible, selon les trois signataires, par les
conclusions du sommet des chefs d'Etat du 2 octobre à Libreville, organisé à
l'initiative du président Bongo, et la confirmation par le ministre libyen de l'Union
africaine, Ali Triki, du retrait des soldats libyens déployés à Bangui.
Le sommet de Libreville a débouché sur l'annonce de l'envoi en République
centrafricaine (RCA) d'une force multinationale africaine, afin de mettre un terme à la
crise frontalière avec le Tchad, où s'est réfugié depuis novembre 2001 l'ancien chef
d'état-major de l'armée centrafricaine, le général François Bozizé, soupçonné
d'avoir comploté contre le président Ange-Félix Patassé.
Ce contingent devra également assurer la sécurité du président centrafricain, qui,
depuis la tentative de putsch du 28 mai 2001, est protégé par des soldats libyens.
La Cour criminelle de Bangui a condamné à mort par contumace Charles Massi pour sa
participation à ce coup d'Etat manqué.
Les deux co-signataires du communiqué, également basés en France, sont MM.
Simon-Pierre Koyt et Jean-Charles Bandio-Bho, respectivement présentés comme les
représentants du Front patriotique pour le progrès (FPP, opposition) et de la
"société civile".