Des opposants centrafricains, dont le député Charles Massi en exil en France, ont
lancé dimanche un "appel pressant" pour un dialogue inter-centrafricain
"sans exclusive", dans un communiqué transmis à l'AFP à Libreville.
Les signataires lancent un "appel pressant" pour "la convocation, sans
délai et sans conditions, du dialogue inter-centrafricain sans exclusive, pour le retour
à un ordre constitutionnel acceptable par tous les Centrafricains", précise le
communiqué.
Cet appel adressé "aux chefs d'Etat de la CEMAC (Communauté économique et
monétaire d'Afrique centrale), au président de l'Union africaine, à la France et aux
Etats-Unis", demande également d'"imposer l'arrêt des bombardements sauvages
des Centrafricains" par les Libyens.
Le communiqué dénonce en outre "la coalition de forces étrangères à la solde
du président (centrafricain) Ange-Félix Patassé: la Légion islamique libyenne et
soudanaise, les rebelles tchadiens d'Abdoulaye Miskine, le mouvement de Libération du
Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, les Hutus rwandais et les mercenaires européens".
Pour les auteurs du communiqué, ces événements "sont, une fois de plus, la
conséquence de l'intransigeance et du refus systématique du président Patassé de
l'offre du dialogue politique inter-centrafricain sans exclusive de l'opposition
démocratique en vue d'une réconciliation nationale véritable, le retour à la paix et
la sortie définitive de l'effroyable misère dont sont victimes les Centrafricains".
Ancien proche du président Patassé, le député Massi, président du Forum pour la
démocratie et la modernité (FODEM, opposition, deux députés), est un militaire en
disponibilité. Il a été condamné à mort par contumace par la cour criminelle de
Bangui pour sa participation supposée à la tentative de coup d'Etat de mai 2001.
Signé par M. Massi, le communiqué est, outre le FODEM, adressé au nom du Front
patriotique pour le progrès (FPP, opposition) et de la société civile centrafricaine.
Outre les Libyens, chargés de la sécurité présidentielle et qui participent aux
combats en cours depuis vendredi contre le soulèvement de partisans du général
François Bozizé, des éléments soudanais sont également présents à Bangui dans le
cadre de la force de maintien de la paix de la COMESSA (Communauté des Etats
sahélo-sahélienne, initiée par Tripoli).
Kigali s'était inquiété, début juillet, de liens, démentis par Bangui, entre des
extrémistes hutus et les autorités centrafricaines.
Par ailleurs, la présence de renforts venus de RDCongo, qui appartiendraient au MLC de
M. Bemba, a été constatée depuis samedi à Bangui.
L'ex-capitaine de la gendarmerie française, Paul Barril, jusqu'alors conseiller
spécial à la présidence centrafricaine, avait été nommé début juin, par le
président Patassé, responsable de la lutte contre le terrorisme intérieur et
extérieur. M. Barril est également présent en RCA dans le secteur du gardiennage
privé.