Charles Massi contre tout accord
FMI-RCA sans changement politique
LIBREVILLE, 20 nov (AFP) - 19h13 -
L'opposant centrafricain en exil Charles Massi a réaffirmé mercredi son hostilité à
tout accord entre le Fonds monétaire international (FMI) et son pays, tant qu'un
"ordre constitutionnel nouveau" n'y sera pas instauré, dans un communiqué
reçu par l'AFP à Libreville. M. Massi a été qualifié vendredi par le Premier ministre
centrafricain, Martin Ziguélé, d'"assassin de la République centrafricaine (RCA)
et traître à la Nation", pour avoir demandé au FMI de surseoir à tout accord avec
la RCA.
Le 5 septembre dernier, "j'ai assumé mes responsabilités en adressant une
correspondance au directeur général du FMI lui demandant d'inscrire le dialogue
politique inter-centrafricain (...) comme une des conditionnalités pour l'examen, le 18
septembre, par le Conseil d'administration du FMI, du dossier financier de la RCA", a
précisé mercredi M. Massi.
"L'objectif n'était nullement d'affamer les Centrafricains, mais de conditionner
tout décaissement extérieur à la mise en place d'un Pouvoir issu d'un dialogue et d'un
ordre constitutionnel nouveau dans lequel se reconnaîtraient tous les
Centrafricains", poursuit le député.
M. Massi précise dans son communiqué avoir sollicité à la même date le
gouvernement américain afin qu'il appuie à sa démarche auprès du FMI et fasse
"pression sur la Libye pour qu'elle évacue notre pays".
Près de 200 soldats libyens assurent depuis mai 2001 la protection du président
Patassé.
Le dossier de la RCA devait passer le 18 septembre devant le conseil d'administration
du FMI. Mais il a été déprogrammé sans qu'une nouvelle date soit annoncée.
Négocié au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance
(FRPC), cet accord est très attendu en RCA car il implique la mise à disposition de
liquidités qui constitueraient une bouffée d'oxygène pour ses finances publiques
exsangues.