LE POTENTIEL (Kinshasa - RDC) Edition n°2684 du samedi 23 novembre 2002

Le dialogue devient incontournable à Bangui

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Le dialogue devient incontournable à Bangui Après l'échec de la tentative de renversement du pouvoir en Centrafrique, plusieurs voix des personnalités influentes de l'opposition exigent la tenue du dialogue national. Certes, l'opposant Charles Massi à été le premier à l'exiger. Mais aujourd'hui, il est rejoint par d'autres personnalités politiques telles que l'ancien premier ministre Jean-Paul Ngoupande et tant d'autres. Unanimes, toutes ces personnalités soutiennent que la crise est très profonde. Elles imputent la responsabilité de la situation qui prévaut dans leur pays au président Ange-Félix Patasse, même si ce dernier s'en défend. La grogne a déjà atteint l'hémicycle du parlement. Réunis en session extraordinaire consacrée à l'interpellation du premier ministre Martin Zigwélé, les députés n'ont pas hésité à remettre en question les institutions politiques du pays. Mais, pour le chef de l'Etat et son gouvernement, il s'agit de la diversion. L'opposition semble faire le jeu de l'ennemi. Le premier ministre a été catégorique. Pour lui, le Tchad est à la base de la tentative de déstabilisation du pouvoir en Centrafrique. C'est la raison pour laquelle, le gouvernement a saisi le conseil de sécurité des Nations Unies. Cela étant, le bon sens devrait inciter le pouvoir de Bangui à analyser cette proposition de l'opposition. La tenue du dialogue pourrait, à l'état actuel de la situation, faciliter la résolution des problèmes qui se posent avec acuité en Centrafrique. Est-ce normal de laisser les fonctionnaires travailler sans paiement de salaires pendant trente mois? Le dialogue ne devrait pas avoir pour finalité la démission du chef de l'Etat; mais il devrait permettre d'identifier les maux dont souffre le pays et y apporter des solutions. Qu'à cela ne tienne, l'intransigeance des autorités de Bangui risque de conduire à d'autres impasses. La mission du Fonds monétaire international (Fmi) qui était attendue au courant de ce mois à Bangui vient d'être reportée sine die. Pourtant, le gouvernement espérait obtenir une aide financière de 40 millions de dollars. Est-il normal de se lamenter et d'imputer la responsabilité de ce report à l'opposant Charles Massi pour le seul fait d'avoir réclamé la tenue du dialogue national? Quoi qu'il en soit, la Centrafrique offre un spectacle désolant qui n'est pas ignoré par les responsables des institutions financières internationales. La crise qui assaille ce pays est très profonde. Il faut du courage à Ange-Félix Patasse et à ses collaborateurs pour accepter la proposition de la majorité. Cela aiderait à apaiser les esprits et à faciliter la réconciliation nationale.