1) Le Colonel Miskine de retour à Bangui
Contrairement à ce qui est dit à Bangui par les tenants du régime de Technicien
supérieur en travaux agricoles Ange Félix Patassé, les mercenaires et maquisards qui
défendent le pouvoir sont de plus en plus malmenés par les Forces armées
centrafricaines insurgées (FACI), nouvelle appellation de soldats insurgés. De
Kaga-Bandoro, les FACI ont dernièrement progressé vers Bossangoa qu'elles ont encerclé
et pris. Les " soldats " de Technicien supérieur ont réagi sans succès au
point que même la Garde présidentielle a été mise en déroute. La route Douala-Bangui
dont le caractère vital dans le ravitaillement de la capitale centrafricaine ne fait
l'objet d'aucune contestation est désormais coupée et contrôlée par les FACI au niveau
de Bossambele. Pour faire face à la situation, Patassé a demandé au colonel Miskine de
revenir dare dare à Bangui.
2) Viktor Anatolevic Bouts, un grand ami du président Patassé
Arrivé à Bangui en 1997, le Russe Viktor Bouts a créé une flotte aérienne de
complaisance, la Centrafrican Airlines (CAL), qui comptait 22 avions. Partenaire de
Patassé dans cette juteuse affaire, Viktor Bouts traitait beaucoup plus avec Michel
Bangué-Tande considéré comme l'homme des affaires obscures de Patassé. Pour ceux qui
l'ignorent, Bangué-Tande est l'oncle d'Eric Sorongopé, l'ancien ministre des Finances
aujourd'hui aux arrêts, et du défunt premier ministre Jean-Luc Mandaba. En échange des
facilités qu'il avait grâce à ses entrées à la présidence, Bouts payait une
redevance annuelle de 3 milliards de f cfa dont on n'a jamais su qui en était exactement
le bénéficiaire. Pour la petite histoire, ses avions de complaisance avaient souvent
semé la confusion dans l'esprit de gens y compris dans celui de certaines hautes
autorités africaines. En l'an 2000 par exemle, un incident est survenu à Libreville lors
d'un Sommet de chefs d'Etat. Alors qu'on annonçait l'arrivée de Patassé par un boeing
de la CAL (ce qui étonna le président Bongo qui avait pourtant mis un avion à sa
disposition), c'est finalement la vice-président de la République de Gambie qui sortit
de l'appareil, à la grande surprise du président gabonais et de son service de
protocole.
3) Patassé ouvre deux nouveaux comptes bancaires à Monaco
On ne sait jamais de quoi demain sera fait, dit l'adage populaire : Technicien supérieur
en travaux agricoles, Ange Félix Patassé, ne le sait que trop bien. Pour éviter des
lendemains qui déchantent une fois éjecté du pouvoir, il a envoyé son fils Patrice
Patassé, le directeur général de Trans Oil, ouvrir deux comptes bancaires à Monaco en
août dernier. Patrice Patassé pour l'occasion était accompagné par un diamantaire juif
qui officie dans la zone de l'Opéra à Paris. Comme quoi, Patassé fils n'a pas encore
les reins solides en affaires pour pouvoir ouvrir tout seul, comme un grand, deux comptes
bancaires à Monaco. On notera simplement que les titulaires de ces deux comptes qui sont
renfloués presque chaque semaine à coup de dizaines de milliers d'euros, ont pignon sur
rue à Bangui. Il s'agit de Trans Oil et de Colombe Mines, toutes deux propriété du
président Patassé.
4) Une force de la Cemac, pour quoi faire ?
Certains hommes politiques centrafricains de premier plan n'ont pas peur de
demander à quoi servirait réellement aujourd'hui une force militaire de la CEMAC ? C'est
le cas de l'ancien ministre et député Charles Massi, condamné à mort par Patassé
alors qu'il était absent de la RCA lors de la tentative du putsch du 28 mai 2001. Une
force de la CEMAC pour garder Patassé ou le peuple centrafricain, se demande-t-il ? Alors
qu'il a passé une bonne moitié du mois d'août à Libreville où il a été reçu par le
patriarche Omar Bongo à qui il demande la convocation à Libreville d'une table ronde
sous son égide entre le pouvoir de Bangui et l'opposition (lire Charles Massi sur tous
les fronts dans le numéro 119 du 1er au 15 novembre 2002), il pense aujourd'hui que le
rôle et la mission de la CEMAC sont dépassés à moins qu'elle vienne créer les
conditions en vue du départ de Patassé. Attendue depuis le 2 novembre 2002 conformément
aux dispositions prises le 2 octobre 2002 à Libreville, cette force n'est toujours pas
arrivée à Bangui en dehors de la dizaine de militaires gabonais partis en éclaireurs
pour identifier le terrain.
5) Paul Barril, un mercenaire qui a honte de se faire appeler ainsi.
Contrairement à ce qu'il dit à qui veut l'entendre, l'ex-capitaine du GIGN Paul Barril,
condamné par la justice française dans l'affaire des " Irlandais de Vincennes
", est un mercenaire, c'est-à-dire, " un soldat étranger à la solde d'un Etat
", comme l'indique le dictionnaire universel francophone à la page 806. Non
seulement Barril est un mercenaire, mais il est à la tête d'une vingtaine de mercenaires
qu'il dirige avec un certain Lionel Gane, un ancien tôlard qui tenait des boîtes de nuit
pour des filles de joie banguissoises, à savoir, Songo Night et La Breuvoire. Que fait
Barril auprès de Patassé, un "ami " de 20 ans ? Selon certains éléments des
Forces armées centrafricaines insurgées (FACI), il s'occuperait spécialement de
l'exfiltration des génocidaires rwandais de la RDC en RCA. Quand il dit qu'il "
recrute " et " entraîne ", c'est d'eux qu'il s'agit. Il les recrute à
travers la Société centrafricaine de protection et de sécurité (SPC), laquelle avait
été créée par le Togolais Koffi René, beau-frère du président Patassé, en
association avec les Sud-Africains de la Société Executive Outcome. Patassé s'est
brouillé avec les Sud-Africains pour une affaire de gros diamant qu'ils lui caché.
Patassé n'a pas eu gain de cause même en demandant l'intervention à l'époque du
président Nelson Mandela qui lui avait opposé une fin de non recevoir parce qu'il
s'agissait d'une affaire strictement privée entre Patassé et cette société de
mercenaires. Executive Outcome a quitté Bangui mais la SPC fonctionne toujours et reste
la structure par laquelle on recrute les hommes en armes pour faire le feu en
Centrafrique.
6) Sani Yalo prépare une contre-offensive foudroyante.
Homme d'affaires centrafricain de premier plan qui a failli au moins à quatre reprises
être assassiné par le président Ange Félix Patassé, Sani Yalo a fini par quitter la
sous-région pour se réfugier en Europe d'où il prépare la contre-offensive (finale) en
compagnie d'un groupe de compatriotes. S'il a décidé de sortir de sa réserve,
aujourd'hui, c'est dit-il surtout pour restaurer la vérité dans l'affaire Zongo-Oil où
il est accusé de tous les maux alors que les cerveaux de l'escroquerie de cette
entreprise ne sont autres que le président Patassé lui-même et son ancien premier
ministre Anicet-Georges Dologuélé. Outre Patassé qui est en plein dans son collimateur,
Dologuélé, qui est l'actuel directeur général de la Banque de développement des Etats
de l'Afrique centrale (BDEAC) à Brazzaville, risque de perdre très vite le sommeil dans
les semaines à venir. Spécialiste des coups tordus quand il était premier ministre,
Dologuélé est accusé par Yalo de s'être sérieusement enrichi lors de la privatisation
de Petroca. De telles révélations ne seraient pas de nature à garantir la tranquilité
de l'actuel directeur général de la très sérieuse BDEAC. Affaire à suivre.