Le Centrafrique cherche son futur leader
Le président Ange-Félix Patassé, qui ne doit plus la survie de son régime
quau soutien des dangereuses bandes armées du rebelle congolais Jean-Pierre Bemba
et aux troupes libyennes, a enfin accepté de se rallier à la solution dun
dialogue politique désormais souhaité par la grande majorité de la classe
politique. Mais plusieurs opposants vivant à lextérieur réclament à
présent le départ pur et simple du numéro un centrafricain, jugeant que le temps du
dialogue est révolu, et que Patassé, accusé de trahison envers son peuple,
nest plus un interlocuteur pour une plate-forme de sortie de crise. Problème
cependant, lopposition aux intérêts divers et divergents semble toujours incapable
de constituer un front homogène et cohérent pour parler dune même voix, chacun
des opposants ayant son idée personnelle de lavenir du pays.
Dans ce contexte, les regards des observateurs étrangers de la crise centrafricaine se
tournent de plus en plus vers Charles Massi, leader du Forum pour la démocratie et la
modernité (Fodem), toujours condamné à mort par Patassé et donc interdit de rentrer
dans son pays. Il fut le premier à prôner le dialogue contre la solution des armes et à
proposer des solutions politiques et consensuelles de résolution de la crise,
ainsi que des voies concrètes pour une reconstruction future du pays. Mais pour préparer
l'aprés-Patassé, les meilleures volontés se heurtent aux rivalités et divergences au
sein dune opposition qui ne cesse de se décrédibiliser, chaque jour, au regard de
lopinion nationale et internationale.
Le conflit ivoirien sur les bords de la Seine
Les régions ivoiriennes ne constituent pas lunique théâtre du conflit qui
secoue ce pays depuis le 19 septembre 2002. A Paris, de véritables clans se sont formés,
transposition des clivages politiques et des différentes prises de position. Par exempie,
des actions de lobbying se multiplient, au nom du pouvoir, auprès de plusieurs médias
français ou panafricains édités en France pour vendre, avec il faut
le dire une certaine efficacité, la parole et limage de lEtat
ivoirien. Le but : amener lopinion à simprégner des versions du pouvoir sur
des questions telles que le bon droit de lEtat à se défendre contre une
agression de lextérieur, le sort fait aux étrangers dans le pays, ou
encore la justification de lintervention militaire de la France dans le conflit. Les
mêmes actions de lobbying sont entreprises auprès de personnalités politiques
françaises (lun des objectifs ayant été de forcer la France à
sengager pour sauver le pouvoir du président Gbagbo).
En face de ces lieutenants du pouvoir ivoirien, on note aussi une grande activité de la
part de ceux qui soutiennent toutes les oppositions et qui, plus discrètement, mettent en
place des réseaux de communication auprès des médias également, mais
surtout de citoyens ivoiriens vivant en France. Lun de ces réseaux effectue, depuis
le début de la crise, des collectes de fonds qui sont ensuite acheminés vers la
Côte-divoire pour le compte de la rébellion du Mouvement patriotique de
Côte-dIvoire (MPCI).