LE NOUVEL AFRIQUE ASIE - N°160 - JANVIER 2003

CONFIDENTIEL
LE CENTRAFRIQUE CHERCHE SON FUTUR LEADER
LE CONFLIT IVOIRIEN SUR LES BORDS DE LA SEINE 

FODEM_LOGO.jpg (6560 octets)

Le Centrafrique cherche son futur leader

Le président Ange-Félix Patassé, qui ne doit plus la survie de son régime qu’au soutien des dange­reuses bandes armées du rebelle congolais Jean-Pierre Bemba et aux troupes libyennes, a enfin accepté de se rallier à la solution d’un “dialogue politique” désormais souhaité par la grande majorité de la classe politique. Mais plusieurs opposants — vivant à l’extérieur —réclament à présent le départ pur et simple du numéro un centrafricain, jugeant que le temps du dialogue est révolu, et que Patassé, accusé de “trahison” envers son peuple, n’est plus un interlocuteur pour une plate-forme de sortie de crise. Problème cependant, l’opposition aux intérêts divers et divergents semble toujours incapable de constituer un front homogène et cohérent pour parler d’une même voix, chacun des opposants ayant son idée — personnelle — de l’avenir du pays.
Dans ce contexte, les regards des observateurs étrangers de la crise centrafricaine se tournent de plus en plus vers Charles Massi, leader du Forum pour la démocratie et la modernité (Fodem), toujours condamné à mort par Patassé et donc interdit de rentrer dans son pays. Il fut le premier à prôner le dialogue contre la solution des armes et à proposer des solutions “politiques” et consensuelles de résolution de la crise, ainsi que des voies concrètes pour une reconstruction future du pays. Mais pour préparer l'aprés-Patassé, les meilleures volontés se heurtent aux rivalités et divergences au sein d’une opposition qui ne cesse de se décrédibiliser, chaque jour, au regard de l’opinion nationale et internationale.

Le conflit ivoirien sur les bords de la Seine

Les régions ivoiriennes ne constituent pas l’unique théâtre du conflit qui secoue ce pays depuis le 19 septembre 2002. A Paris, de véritables clans se sont formés, transposition des clivages politiques et des différentes prises de position. Par exempie, des actions de lobbying se multiplient, au nom du pouvoir, auprès de plusieurs médias français ou panafricains édités en France pour ‘vendre”, avec — il faut le dire — une certaine efficacité, la parole et l’image de l‘Etat ivoirien. Le but : amener l’opinion à s’imprégner des versions du pouvoir sur des questions telles que le bon droit de l‘Etat à se défendre contre une “agression de l’extérieur”, le sort fait aux étrangers dans le pays, ou encore la justification de l’intervention militaire de la France dans le conflit. Les mêmes actions de lobbying sont entreprises auprès de personnalités politiques françaises (l’un des objectifs ayant été de “forcer” la France à s’engager pour sauver le pouvoir du président Gbagbo).
En face de ces lieutenants du pouvoir ivoirien, on note aussi une grande activité de la part de ceux qui soutiennent toutes les oppositions et qui, plus discrètement, mettent en place des réseaux de “communication” auprès des médias également, mais surtout de citoyens ivoiriens vivant en France. L’un de ces réseaux effectue, depuis le début de la crise, des collectes de fonds qui sont ensuite acheminés vers la Côte-d’ivoire pour le compte de la rébellion du Mouvement patriotique de Côte-d’Ivoire (MPCI).