Paris, France (PANA) - 02/01/2003

Un député opposé à toute amnistie générale en Centrafrique  

logopanafre.gif (2298 octets)

Le député centrafricain Charles Massi s'est déclaré, jeudi Paris, opposé toute amnistie générale en république centrafricaine (RCA), confronte depuis plusieurs mois une crise politique chronique.

Lors d'un entretien accordé à la PANA, M. Massi a estimé que l'amnistie générale proposée par certains milieux de l'opposition pour favoriser la reprise du dialogue politique pourrait plutôt profiter au président Ange-Félix Patassé.

"Je suis, pour ma part, farouchement opposé toute amnistie générale parce qu'elle couvrirait les crimes de sang et les autres forfaits du régime de Bangui. Il faut éviter que cette amnistie se transforme en impunité pour les auteurs de crimes graves contre le peuple centrafricain", a-t-il mis en garde.

Selon le député centrafricain, sur lequel pèse une condamnation à mort pour sa participation présume la tentative de coup d'Etat de mai 2001, toute éventuelle amnistie devrait être examinée autour d'une table regroupant le président Patassé et ses opposants.

Le président Bongo, dont le pays a déjà abrité des discussions de la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale (CEMAC) sur la Centrafrique, présente des atouts pour servir de pont entre Bangui et son opposition, a poursuivi le député Massi qui a exclu, pour des raisons de sécurité, la tenue de toute négociation sur le territoire centrafricain.

"Le président Bongo peut réunir Libreville M. Patassé, qui viendrait à cette table comme n'importe quelle autre partie, et ses opposants. Il peut également décider, avec l'appui de la communauté internationale, d'organiser ces discussions en tout lieu présentant des garanties de sécurité, a dit l'opposant centrafricain.

Il a en outre indiqué que les négociations auxquelles participeront au maximum 300 délégués devraient porter sur la définition d'un "ordre institutionnel nouveau", la mise en place d'un programme politique permettant d'apurer les 32 mois d'arriérés de salaire dus aux fonctionnaires, ainsi que la restructuration des forces armées centrafricaines (FACA).

S'exprimant sur la nomination de Mgr Paulin Pomodimo, évêque de Bossangoa comme médiateur dans la crise centrafricaine, le parlementaire a loué la valeur morale du prélat, avant d'ajouter qu'elle ne règle pas "le problème profond" que connaît la Centrafrique.

"Je ne fais pas, pour ma part, du départ du président Patassé un préalable l'ouverture des négociations sur la crise centrafricaine. Et, je ne considère pas non plus qu'une transition sans programme politique précis et fédérateur peut participer la résolution de la crise en Centrafrique", a conclu le député Charles Massi.

Paris - 02/01/2003