Le député centrafricain Charles Massi s'est déclaré, jeudi Paris, opposé toute
amnistie générale en république centrafricaine (RCA), confronte depuis plusieurs mois
une crise politique chronique.
Lors d'un entretien accordé à la PANA, M. Massi a estimé que l'amnistie générale
proposée par certains milieux de l'opposition pour favoriser la reprise du dialogue
politique pourrait plutôt profiter au président Ange-Félix Patassé.
"Je suis, pour ma part, farouchement opposé toute amnistie générale parce
qu'elle couvrirait les crimes de sang et les autres forfaits du régime de Bangui. Il faut
éviter que cette amnistie se transforme en impunité pour les auteurs de crimes graves
contre le peuple centrafricain", a-t-il mis en garde.
Selon le député centrafricain, sur lequel pèse une condamnation à mort pour sa
participation présume la tentative de coup d'Etat de mai 2001, toute éventuelle amnistie
devrait être examinée autour d'une table regroupant le président Patassé et ses
opposants.
Le président Bongo, dont le pays a déjà abrité des discussions de la Communauté
économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale (CEMAC) sur la Centrafrique,
présente des atouts pour servir de pont entre Bangui et son opposition, a poursuivi le
député Massi qui a exclu, pour des raisons de sécurité, la tenue de toute négociation
sur le territoire centrafricain.
"Le président Bongo peut réunir Libreville M. Patassé, qui viendrait à cette
table comme n'importe quelle autre partie, et ses opposants. Il peut également décider,
avec l'appui de la communauté internationale, d'organiser ces discussions en tout lieu
présentant des garanties de sécurité, a dit l'opposant centrafricain.
Il a en outre indiqué que les négociations auxquelles participeront au maximum 300
délégués devraient porter sur la définition d'un "ordre institutionnel
nouveau", la mise en place d'un programme politique permettant d'apurer les 32 mois
d'arriérés de salaire dus aux fonctionnaires, ainsi que la restructuration des forces
armées centrafricaines (FACA).
S'exprimant sur la nomination de Mgr Paulin Pomodimo, évêque de Bossangoa comme
médiateur dans la crise centrafricaine, le parlementaire a loué la valeur morale du
prélat, avant d'ajouter qu'elle ne règle pas "le problème profond" que
connaît la Centrafrique.
"Je ne fais pas, pour ma part, du départ du président Patassé un préalable
l'ouverture des négociations sur la crise centrafricaine. Et, je ne considère pas non
plus qu'une transition sans programme politique précis et fédérateur peut participer la
résolution de la crise en Centrafrique", a conclu le député Charles Massi.
Paris - 02/01/2003