Charles Massi: Comme un poisson dans leau
Béafrica-Opinions.com. 05 Janvier 2003. Lextrémisme ne paie jamais sinon cela
se saurait. Ceux qui ont cru, à travers le Front anti-Patassé du 07 décembre avoir
définitivement neutraliser Charles Massi doivent réviser leur stratégie. Car, en se
débarrassant graduellement de cette tare qui consiste à faire du président Patassé la
cause principale du drame centrafricain, Charles Massi sest placé dans la meilleure
position quil soit pour jouer un grand rôle, lors dune future et inévitable
cohabitation avec le président Patassé ou, tout simplement, pour mieux préparer
laprès Patassé. Cest donc sans surprise que son minuscule parti, le Forum
démocratique pour la modernité (Fodem) ait fait savoir cette semaine que le départ du
président centrafricain Ange-Félix Patassé du pouvoir ne suffira pas à régler la
crise politique à laquelle est confrontée depuis plusieurs années la Centrafrique
(Pana)". Charles Massi, le leader du Fodem, s'est aussi déclaré, opposé à toute
amnistie générale en république centrafricaine confrontée depuis plusieurs mois à une
crise politique chronique.
On voit bien que contrairement aux errements de Jean-Paul Ngoupandé et de ses amis
Rdcistes et cryptordcistes, la stratégie adoptée par Charles Massi privilégie une
logique qui transcende la haine de lautre et la défense des intérêts égoïstes
qui ont été à la base de la création du Front anti-Patassé du 07 décembre. Et puis,
l'ambassadeur de France à Bangui, Dominique Boché, a déclaré que son pays apporterait
"tout son concours" à la perspective d'un dialogue national en Centrafrique
tracée par le président Ange Félix Patassé(Pana). Une sorte de coups de pied aux
fesses de ceux qui croyaient que la France était leur propriété. Dailleurs,
Barthélemy Boganda na jamais conseillé aux Centrafricains de se livrer ainsi-pieds
et mains liés-à la France, comme par exemple Jean-Paul Ngoupandé na de cesse de
le faire.
Rappelons que le chef de l'Etat centrafricain, Ange-Félix Patassé avait déclaré
dans un discours radiotélévisé à l'occasion des vux de Nouvel An que la
Centrafrique est dans une "situation de guerre larvée" et "qu'il devient
impérieux de se rassembler sans exclusive" (Afp). "Devant une telle situation
de guerre larvée a t-il noté, j'en appelle à la mobilisation générale de tous les
Centrafricains sans exclusive. Je dis bien sans exclusive, car ce que nous avons de cher,
notre beau pays, est en grand danger"."Nous ne pouvons pas et ne devons pas
continuer à démolir notre patrie. L'ambition légitime que peut nourrir un compatriote
pour son pays, a t-il précisé, ne peut pas justifier toute la souffrance que nous vivons
en cette fin d'année 2OO2". "Il devient donc impérieux de se rassembler sans
exclusive, d'engager des discussions et de trouver des voies et moyens pour y mettre fin
rapidement". Malgré ses bévues (Adresser une lettre aux Institutions de Brettons
Wood pour ne pas quelles aident le gouvernement de notre pays), Charles Massi
apparaît donc comme le seul opposant au régime de Bangui qui dispose aujourdhui de
ce quil faut pour se sentir comme un poisson dans leau.
© 2003 Béafrica-Opinions.com. Tous droits de reproduction et de représentation
réservés.