Médiateur de la crise centrafricaine, le président Omar
Bongo semploie à neutraliser tous les protagonistes qui ne sont pas dans son camp.
Le général François Bozizé, ex-chef détat-major de
larmée centrafricaine et chef rebelle en manque de moyens, a eu la mauvaise
surprise de constater que sa patrie était devenue, après le protectorat libyen, le
Bongoland du doyen dAfrique centrale.
En voyage à Lomé et, une première fois, bien reçu par le général-président Gnassingbé
Eyadéma (qui lui promettait des ouvertures), il a été reçu une
seconde fois à Lomé Il pour sentendre dire: Désolé, mais Bongo a
appelé et il ne veut pas du tout que qui que ce soit intervienne dans les affaires
centrafricaines. Donc, pour ne pas faire des histoires, repartez et allez chercher des
fonds ailleurs. Bref, le doyen de lAfrique den bas veut
garder le monopole de la médiation centrafricaine et décider, le moment venu, qui sont
les bons opposants au président Ange-Félix Patassé, qui
nest pas vraiment sa cup of tea. Dun triste battement de cils, le
général Bozizé est donc rentré à Paris avec une nouvelle idée pour désenclaver
sa rébellion sur le plan financier. Il va donner suite à la proposition du secrétaire
général du Rassemblement démocratique africain (RDC), quil avait
vu à NDjamena, et rencontrer lex-président André Kolingba.
Peut-être les appuis de ce dernier permettront-ils aux maquisards plantés dans le
centre-nord de la Centrafrique de se lancer à lassaut de Bangui.
Peut-être, aussi, que dans le cadre de sa constante modernisation,
le ministère de la coopération pourrait créer un fonds daide aux
insurrections enlisées?
LA CASE A DEVINETTES
Qui a tiré sur Paul Barril à Bangui ? Qui, dans la capitale
centrafricaine, a tiré sur la voiture de l'ex-membre du GIGN aujourd'hui conseiller
spécial "par décret" du président Ange-Félix Patassé ? Paul Barril,
qui venait de reprendre aux rebelles la ville de Bozoum et rentrait sur Bangui, a été
blessé à la main droite alors qu'un membre de son équipe, grièvement blessé, est dans
le coma.