Le
président autoproclamé centrafricain, le général François Bozizé, a rencontré jeudi
à Bangui les représentants des partis politiques centrafricains, a-t-on appris auprès
de l'opposant Abel Goumba.
Outre la Convergence des partis politiques de l'opposition centrafricaine (CPPO), qui a
apporté mercredi "tout son soutien" au nouveau régime", le général
Bozizé a rencontré des responsables du Rassemblement démocratique centrafricain (RCD),
premier parti parlementaire d'opposition, de l'ancien président André Kolingba
(1981-93).
Les partis de la mouvance de l'ex-président Ange-Félix Patassé, renversé samedi
lors d'un coup d'Etat, ont également participé à cette réunion en se présentant comme
les "ex-partis alliés" au Mouvement de libération du peuple centrafricain
(MLCP).
Le ministre de l'Intérieur de M. Patassé, Jacquesson Mazette, qui, à la veille du
putsch, avait rassuré les Banguissois qu'ils pouvaient "dormir tranquille", a
représenté à cette réunion l'ancien parti au pouvoir.
Avant sa nomination comme ministre, fin janvier, M. Mazette présidait le groupe
parlementaire du MLPC. Selon M. Goumba, le premier dignitaire du régime Patassé à être
publiquement apparu depuis le coup d'Etat de samedi ne s'est pas trop exprimé. Mais il
s'est plaint des mauvais traitements infligés aux militants de son parti par les
partisans du général Bozizé.
Lors de cette rencontre, le nouvel homme fort de Bangui a "insisté sur la
transition consensuelle" qu'il voulait mettre en place et s'est déclaré disposé
"à recevoir nos propositions éventuelles", a déclaré M. Goumba, qui préside
actuellement la CPPO.
"Ils nous a dit qu'il voulait faire appel à des éléments intègres et
travailleurs ayant le sens de l'Etat" afin de "reconstruire ensemble le
pays", a ajouté le Pr Abel Goumba, doyen des opposants centrafricains.
Lors de la réunion, qui s'est déroulée au camp Béal, la plus grande caserne de
Bangui où le général Bozizé reçoit ses visiteurs, ce dernier a repris à son compte
un slogan du père de la nation centrafricaine, le président Barthélémy Boganda:
"Parlons peu, travaillons beaucoup".
© Copyright AFP