BANGUI, RCA (LE CONFIDENT) - 22/05/2003 - Mathurin MOMET

Bozizé et Kolingba entre N'Djamena et Libreville: Les En-dessous des visites

 

 

Bozizé et Kolingba entre N'Djamena et Libreville: Les En-dessous des visites qui frisent méfiance.Dans le camp des disciples du Général d’Armée André Kolingba, malgré les explications du Général Ndjengbot concernant sa protection pour des mesures sécuritaires par les soldats, ceux-ci soutiennent que son arrestation, sa détention est le refus du Président Bozizé d’accorder une amnistie générale en faveur des hommes de l’auteur du coup d’Etat du 28 mai 2001 cachent mal les intentions de celui-ci.

Les présidents Bongo et Deby ont, chacun à sa manière, contribué à la restauration de la paix, de la sécurité et de la stabilité en République Centrafricaine depuis les trois insurrections armées de 1996 et 1997 jusqu’aux tentatives échouées des coups d’Etat des 28 mai 2001 et 25 octobre 2002- après le changement intervenu le 15 mars 2003, le Général- Président François Bozizé qui a fait de la réconciliation nationale l’un des objectifs de son régime a tendu la main à l’ ancien président André Kolingba et ses complices.

Si le général Guillaume Ndjengbot a, pour des raisons de sécurité, surpris les autorités de Bangui, en arrivant à bord d’un avion affrété par les missionnaires, l’auteur du putsch raté du 28 mai 2001 a préféré envoyé le Secrétaire Général du Rassemblement Démocratique Centrafricain, M. Idriss Salao pour demander au locataire du Palais de la Renaissance de prendre une décision amnistiant sa condamnation.

Le nouvel homme fort de Bangui n’a pas hésité à amnistier l’ancien-président André Kolingba. S’agissant des complices du président –Fondateur du RDC, les autorités politiques ont estimé qu’il était judicieux de le faire au cas par cas parce que cette situation relevant d’un domaine sensible et stratégique intéressant la sécurité de la République Centrafricaine. A la surprise de la communauté nationale et internationale, l’ancien président Kolingba s’est rendu successivement à N’Djamena puis à Libreville.

A Libreville et Ndjamena, le nouveau maître de Bangui a remercié ses pairs pour leur implication dans la recherche des solutions aux crises récurrentes qui ont ébranlé la République Centrafricaine, mais surtout recevoir d’eux des conseils pouvant lui servir de boussole dans la gestion de la transition.

Ces conseils vont de l’organisation du dialogue à la réconciliation nationale pour terminer par l’organisation des élections libres et transparentes.

A N’Djamena, en présence du président Idriss Deby, le Général Bozizé aurait rassuré l’ancien président André Kolingba au sujet de sa sécurité. En retour, le Président-Fondateur du Rassemblement Démocratique Centrafricain aurait soulevé le problème relatif à la situation de ses hommes qui devaient bénéficier d’une amnistie et de sa sécurité.

L’ancien Président aurait marqué sa volonté de rentrer au bercail en vue d’apporter sa contribution à l’œuvre de reconstruction nationale. Cependant, ce qui suscite des interrogations de la part de certains compatriotes, c’est le fait que malgré les garanties que lui a données le président Bozizé concernant sa sécurité et les éclairages concernant la situation de ses complices, l’ancien président André Kolingba ait décidé de se rendre à Libreville.

Le leader du RDC recherche-t-il une autre terre d’asile ? N’est-il pas convaincu de la sincérité du président Bozizé ? Sa conscience lui reproche-t-il quelque chose ?

A un moment où toutes les filles et tous les fils de Centrafrique doivent se réunir autour d’une table pour se parler, faire le diagnostic des maux qui gangrènent leur société en vue d’y trouver des thérapeutiques appropriées, les préoccupations des uns et des autres au sujet du retour de l’ancien président André Kolingba sont fondées.

En effet, selon des milieux proches du nouveau régime, les hésitations du leader du RDC a rentrer au pays se justifieraient par le fait qu’après la tentative échouée du coup d’Etat orchestré par les Généraux Bozizé et Mbaïkoua en mars 1982, sous le Comité Militaire de Redressement National, le général présient Kolingba a réussi à ramener Bozizé du Bénin pour le mettre en prison, le torturer et le réduire au chômage en 1990.

Selon cette même source, avec le changement intervenu dans le pays depuis le 15 mars, non seulement le général Bozizé est devenu président de la République, mais tous les animateurs du Comité de Coordination pour la Convocation de la Conférence Nationale (4 CN) et initiateurs de la lettre ouverte du 15 mai 1990 qui furent détenus dans des conditions humiliantes et inhumaines sont aux affaires.

Dans le camp des disciples du Général d’Armée André Kolingba, malgré les explications du Général Ndjengbot concernant sa protection pour des mesures sécuritaires par les soldats, ceux-ci soutiennent que son arrestation, sa détention est le refus du Président Bozizé d’accorder une amnistie générale en faveur des hommes de l’auteur du coup d’Etat du 28 mai 2001 cachent mal les intentions de celui-ci de ne pas organiser le dialogue national et de se présenter aux élections futures.

En d’autres termes, les visites effectuées par Bozizé et Kolingba sentent la méfiance qui règne de part et d’autre.

@ 2003 Le Confident (Source : http://www.icicemac.com)