Bozizé et Kolingba entre N'Djamena et Libreville: Les En-dessous des visites qui
frisent méfiance.Dans le camp des disciples du Général dArmée André Kolingba,
malgré les explications du Général Ndjengbot concernant sa protection pour des mesures
sécuritaires par les soldats, ceux-ci soutiennent que son arrestation, sa détention est
le refus du Président Bozizé daccorder une amnistie générale en faveur des
hommes de lauteur du coup dEtat du 28 mai 2001 cachent mal les intentions de
celui-ci.
Les présidents Bongo et Deby ont, chacun à sa manière, contribué à la restauration
de la paix, de la sécurité et de la stabilité en République Centrafricaine depuis les
trois insurrections armées de 1996 et 1997 jusquaux tentatives échouées des coups
dEtat des 28 mai 2001 et 25 octobre 2002- après le changement intervenu le 15 mars
2003, le Général- Président François Bozizé qui a fait de la réconciliation
nationale lun des objectifs de son régime a tendu la main à l ancien
président André Kolingba et ses complices.
Si le général Guillaume Ndjengbot a, pour des raisons de sécurité, surpris les
autorités de Bangui, en arrivant à bord dun avion affrété par les missionnaires,
lauteur du putsch raté du 28 mai 2001 a préféré envoyé le Secrétaire Général
du Rassemblement Démocratique Centrafricain, M. Idriss Salao pour demander au locataire
du Palais de la Renaissance de prendre une décision amnistiant sa condamnation.
Le nouvel homme fort de Bangui na pas hésité à amnistier
lancien-président André Kolingba. Sagissant des complices du président
Fondateur du RDC, les autorités politiques ont estimé quil était judicieux
de le faire au cas par cas parce que cette situation relevant dun domaine sensible
et stratégique intéressant la sécurité de la République Centrafricaine. A la surprise
de la communauté nationale et internationale, lancien président Kolingba
sest rendu successivement à NDjamena puis à Libreville.
A Libreville et Ndjamena, le nouveau maître de Bangui a remercié ses pairs pour leur
implication dans la recherche des solutions aux crises récurrentes qui ont ébranlé la
République Centrafricaine, mais surtout recevoir deux des conseils pouvant lui
servir de boussole dans la gestion de la transition.
Ces conseils vont de lorganisation du dialogue à la réconciliation nationale
pour terminer par lorganisation des élections libres et transparentes.
A NDjamena, en présence du président Idriss Deby, le Général Bozizé aurait
rassuré lancien président André Kolingba au sujet de sa sécurité. En retour, le
Président-Fondateur du Rassemblement Démocratique Centrafricain aurait soulevé le
problème relatif à la situation de ses hommes qui devaient bénéficier dune
amnistie et de sa sécurité.
Lancien Président aurait marqué sa volonté de rentrer au bercail en vue
dapporter sa contribution à luvre de reconstruction nationale.
Cependant, ce qui suscite des interrogations de la part de certains compatriotes,
cest le fait que malgré les garanties que lui a données le président Bozizé
concernant sa sécurité et les éclairages concernant la situation de ses complices,
lancien président André Kolingba ait décidé de se rendre à Libreville.
Le leader du RDC recherche-t-il une autre terre dasile ? Nest-il pas
convaincu de la sincérité du président Bozizé ? Sa conscience lui reproche-t-il
quelque chose ?
A un moment où toutes les filles et tous les fils de Centrafrique doivent se réunir
autour dune table pour se parler, faire le diagnostic des maux qui gangrènent leur
société en vue dy trouver des thérapeutiques appropriées, les préoccupations
des uns et des autres au sujet du retour de lancien président André Kolingba sont
fondées.
En effet, selon des milieux proches du nouveau régime, les hésitations du leader du
RDC a rentrer au pays se justifieraient par le fait quaprès la tentative échouée
du coup dEtat orchestré par les Généraux Bozizé et Mbaïkoua en mars 1982, sous
le Comité Militaire de Redressement National, le général présient Kolingba a réussi
à ramener Bozizé du Bénin pour le mettre en prison, le torturer et le réduire au
chômage en 1990.
Selon cette même source, avec le changement intervenu dans le pays depuis le 15 mars,
non seulement le général Bozizé est devenu président de la République, mais tous les
animateurs du Comité de Coordination pour la Convocation de la Conférence Nationale (4
CN) et initiateurs de la lettre ouverte du 15 mai 1990 qui furent détenus dans des
conditions humiliantes et inhumaines sont aux affaires.
Dans le camp des disciples du Général dArmée André Kolingba, malgré les
explications du Général Ndjengbot concernant sa protection pour des mesures
sécuritaires par les soldats, ceux-ci soutiennent que son arrestation, sa détention est
le refus du Président Bozizé daccorder une amnistie générale en faveur des
hommes de lauteur du coup dEtat du 28 mai 2001 cachent mal les intentions de
celui-ci de ne pas organiser le dialogue national et de se présenter aux élections
futures.
En dautres termes, les visites effectuées par Bozizé et Kolingba sentent la
méfiance qui règne de part et dautre.
@ 2003 Le Confident (Source : http://www.icicemac.com)