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BANGUI, 11 mars (AFP) -
18h53 - Le président haïtien
déchu, Jean Bertrand Aristide, dont le séjour à Bangui était censé n'être
qu'une courte étape et compte déjà dix jours, restera encore
"quelque temps" en Centrafrique, selon son président, François
Bozizé, qui s'exprimait pour la première fois sur le sujet.
"Nous sommes une terre d'hospitalité, c'est pourquoi Jean Bertrand Aristide est chez nous et il y est pour quelque temps", a déclaré M. Bozizé, qui s'exprimait en direct à la radio nationale. "A la longue, les négociations qui ont commencé avec la présence du président de la Commission de l'Union africaine (UA), et de la délégation sud-africaine, aboutiront", a encore affirmé M. Bozizé, désignant implicitement l'Afrique du Sud comme futur pays d'accueil de M. Aristide. "Ce n'est pas dans la bousculade que nous allons le faire partir. Nous devons au contraire être fiers de nous, malgré notre pauvreté. Car d'autres pays développés l'ont rejeté", a-t-il ajouté réagissant aux critiques adressées par plusieurs partis centrafricains sur la présence à Bangui du président haïtien déchu. Mercredi, une délégation ministérielle d'Afrique du Sud, pays pressenti pour un exil de M. Aristide après son séjour en Centrafrique, avait indiqué, après avoir rencontré le président haïtien déchu à Bangui, qu'il n'était "pas sûr" que Pretoria accueille ce dernier. "Nous n'avons pas discuté d'une date d'arrivée" éventuelle de M. Aristide en Afrique du Sud, avait également déclaré le chef de la délégation, le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Aziz Pahad. Le ministre centrafricain délégué aux Affaires étrangères, Guy Moskit, avait néanmoins indiqué peu après que l'accueil de M. Aristide en Afrique du Sud était "une hypothèse fortement envisagée". Les relations entre M. Aristide et les autorités centrafricaines semblent s'être passablement réchauffées, depuis que lundi, il s'est adressé à la presse et a assuré être "bien accueilli à Bangui". Le tapage organisé depuis son arrivée à Bangui par M. Aristide, qui affirme être toujours président et avoir été enlevé, avaient auparavant particulièrement exaspéré le gouvernement centrafricain, mais aussi quelque peu refroidi l'enthousiasme de Pretoria à l'accueillir. L'Afrique du Sud, qui avait indiqué le 1er mars n'avoir "pas de problème de principe" à le recevoir, tenait à faire savoir dès le lendemain que cela "prendrait du temps", avant de demander une enquête sur les conditions du départ du pouvoir de M. Aristide. Le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, s'était rendu mardi à Bangui pour rencontrer M. Aristide et informer l'organisation panafricaine des circonstances dans lesquelles ce dernier a quitté le pouvoir. Reste que le séjour de M. Aristide suscite toujours le mécontentement de la majorité de la population de ce pays asphyxié économiquement et d'une bonne partie de la classe politique. Celle-ci reproche notamment à M. Bozizé d'avoir pris seul la décision d'accueillir le président haïtien déchu, sans en référer aux organes de la transition, censée être placée sous le signe du consensus. Plusieurs partis avaient ouvertement réclamé son départ de Centrafrique, l'un d'eux, le Parti social démocrate, membre de l'ancienne opposition à l'ex-président Ange-Félix Patassé, soulignant "que tous les pays sérieux du monde ont interdit l'entrée de leur territoire à Jean Bertrand Aristide", qualifié d'"ancien dictateur et bourreau". La Ligue centrafricaine des droits de l'Homme (LCDH) avait de son côté manifesté son refus "que la RCA soit un dépotoir pour un ancien despote rejeté par les autres pays d'Amérique, d'Europe et d'Afrique". |
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