|
|
|
BANGUI, 15 mars (AFP) -
5h31 - Le président haïtien
déchu Jean Bertrand Aristide a quitté Bangui lundi vers 02H30 locales
(01H30 GMT), en compagnie d'une délégation jamaïcano-américaine, dans
un avion à destination de la Jamaïque, via Dakar, a indiqué à l'AFP
une source aéroportuaire à Bangui.
M. Aristide, son épouse Mildred, un aide de camp et la délégation ont embarqué à bord de cet avion, a précisé cette source. M. Aristide était arrivé le 1er mars en Centrafrique au lendemain de son départ du pouvoir sous la pression conjuguée de la rue et de la communauté internationale, pour un séjour censé n'être au départ qu'une étape de quelques jours. Une source diplomatique occidentale à Port-au-Prince avait annoncé ces derniers jours la visite prochaine de M. Aristide et de son épouse en Jamaïque à l'invitation de son Premier ministre Percival Patterson, pour un séjour temporaire devant leur permettre de voir leurs deux filles, qui vivent aux Etats-Unis. Une délégation conduite par la parlementaire jamaïcaine, Sharon Hay Webster, envoyée spéciale du Premier ministre jamaïcain Percival Patterson, et composée de cinq parlementaires américains, était arrivée dimanche soir à Bangui, où elle avait rencontré Jean Bertrand Aristide. "Je peux vous dire que la Caricom (Communauté des Etats des Caraïbes, dont la Jamaïque exerce la présidence) intervient dans un cadre d'abord purement humanitaire, visant à favoriser la rencontre du président Aristide avec ses deux filles", avait indiqué Mme Hay Webster à son arrivée. L'arrivée probable de M. Aristide en Jamaïque a provoqué l'inquiétude de Washington, qui a qualifié ce voyage de "très mauvaise idée", et insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de garder à cette visite un caractère temporaire et purement privé. Washington redoute qu'un retour de M. Aristide dans les Caraïbes ne relance les tensions en Haïti, où, à la tête d'une force multinationale de 2.600 soldats, les Américains parrainent un délicat processus de transition politique dans un climat sécuritaire tendu. La Caricom a demandé une enquête sous les auspices de l'Onu sur le départ controversé de Port-au-Prince de M.Aristide, ce dernier affirmant avoir été victime d'un "coup d'Etat" et d'un "enlèvement moderne", orchestré par Washington et Paris, ce que les deux capitales démentent. Il a également indiqué à plusieurs reprises demeurer "le président démocratiquement élu" d'Haïti. |
|