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LIBREVILLE, 15 mars (AFP) - 17h57 - En hébergeant durant 15 jours le
président haïtien déchu, Jean Bertrand Aristide, toujours sans pays
d'accueil, les autorités centrafricaines ont tenté d'obtenir une
véritable reconnaissance internationale, un an après le coup d'Etat qui
les a portées au pouvoir. Si, avec le départ lundi de M. Aristide vers la Jamaïque, les regards sont de nouveau tournés vers les Caraïbes, la Centrafrique peut se flatter d'avoir attiré l'attention de la communauté internationale dont elle a désespérément besoin, après 25 ans de chaos politico-militaire. La Centrafrique "n'est plus isolée sur la scène internationale, comme en témoignent les visites successives de nombreuses personnalités étrangères", s'est réjoui dimanche le président François Bozizé dans un discours à l'occasion du premier anniversaire de sa prise de pouvoir le 15 mars 2003. Une délégation sud-africaine, menée par le vice-ministre des Affaires étrangères Aziz Pahad a ainsi rencontré le 10 mars dernier M. Bozizé, près d'un an après que Pretoria eut condamné "sans équivoque" sa prise de pouvoir. La veille, c'est le président de la Commission de l'Union africaine (UA) en personne, Alpha Oumar Konaré, qui rendait visite, en même temps qu'à Jean Bertrand Aristide, à François Bozizé. "Je crois que le président Konaré reconnaît que la Centrafrique fait partie intégrante de l'UA", se félicitait le ministre centrafricain délégué aux Affaires étrangères, Guy Moskit. Par Centrafrique, entendre le régime Bozizé, dont l'UA avait également condamné "fermement" en son temps le coup d'Etat. Evoquant les conditions de départ du pouvoir de M. Aristide, M. Konaré avait souligné soutenir "un principe que l'UA a toujours défendu: celui du respect de la légalité constitutionnelle", à l'issue d'une visite marquée par une rencontre avec M. Bozizé, lui-même tombeur d'un président élu, Ange-Félix Patassé. "Depuis un an, le discours officiel traduit un mal de reconnaissance" de la part du régime, estime un diplomate en poste à Bangui, joint par l'AFP depuis Libreville, qualifiant ce besoin d'"obsessionnel". En recevant M. Aristide, le gouvernement "a le sentiment de faire parler de la Centrafrique", estime ce diplomate, estimant qu'"il serait pourtant plus simple de suivre la feuille de route" des bailleurs de fonds. D'autant que pendant la moitié de son séjour, M. Aristide a certes fait parler de la Centrafrique, mais pas de la façon dont Bangui l'entendait. Multipliant les accusations de "coup d'Etat" et d'"enlèvement" orchestrés contre lui par Washington et Paris, il a plongé les autorités centrafricaines dans l'embarras. Les rappels aux "règles de l'hospitalité" et à "ne pas gêner les amis de la Centrafrique" n'y ont rien fait, son avocat allant même jusqu'à le dire prisonnier dans la capitale centrafricaine, exaspérant davantage Bangui, confronté à une situation financière catastrophique et dépendant de l'aide internationale. Ce séjour a en plus exacerbé les tensions au sein des formations politiques associées à la transition et de ses institutions. Un certain nombre de partis ont boycotté lundi les festivités du premier anniversaire du "sursaut démocratique" du 15 mars 2003, dénonçant le manque de concertation. Certains ne manquant pas de rappeler que la décision d'accueillir M. Aristide sur le sol centrafricain a été prise par le seul président Bozizé, mettant à mal le consensus sous le signe duquel est placée la transition. "C'est un épisode dont on se serait bien passé", confie le diplomate à propos du séjour de M. Aristide qui a selon lui aggravé les "fissures au sein du gouvernement de transition". Reste à savoir si M. Aristide a quitté de façon définitive la Centrafrique, son séjour jamaïcain étant censé ne durer que quelques semaines et aucun pays ne s'étant porté candidat pour l'accueillir ensuite. |
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