AFP BANGUI, le 15 mars 2004.

Bozizé: la baisse des salaires limitée aux seuls hauts cadres de l'Etat

BANGUI, 15 mars (AFP) - 13h12 - La baisse des salaires des fonctionnaires décidée par le gouvernement centrafricain ne concernera que les hauts cadres de l'Etat, a annoncé le président François Bozizé, dans un discours prononcé dimanche soir à l'occasion du premier anniversaire de son arrivée au pouvoir.

"S'agissant de l'abattement sur les salaires décidé par le gouvernement, je précise que cette mesure est limitée aux seuls hauts cadres de l'Etat", a affirmé le président Bozizé dans ce discours radio-télévisé.

Le gouvernement avait annoncé en février une réduction de 30% des salaires et indemnités des membres de l'exécutif, et prévoyait d'étendre cette mesure à toutes les autres catégories des fonctionnaires d'Etat.

Cette annonce avait suscité la colère des partis centrafricains et des syndicats de fonctionnaires, qui n'ont pas été payés depuis novembre 2003.

Lors de son discours, le président Bozizé a dressé le bilan d'un an de pouvoir, depuis son coup d'Etat contre Ange-Félix Patassé le 15 mars 2003.

"En ce début d'année, les problèmes financiers se posent avec acuité. Ils créent une tension sociale qui nuit au bon fonctionnement de l'Etat", a reconnu M. Bozizé, qui a imputé les graves problèmes de trésorerie de l'Etat au régime de son prédécesseur, M. Patassé.

"Nous allons droit vers des élections démocratiques et transparentes", a également affirmé M. Bozizé en référence aux scrutins de retour à l'ordre constitutionnel prévus en janvier 2005.

"Gardons nous de remettre en cause la bonne marche du consensus, en ouvrant prématurément la campagne", a-t-il lancé aux partis politiques, associés au sein des institution de transition, qui ont décidé de boycotter les festivités du 15 mars, pour protester contre le manque de concertation.

Le général Bozizé s'est également réjoui du fait que "la sécurité est rétablie" en Centrafrique, ajoutant qu'"aujourd'hui, le Centrafricain peut dormir sur son lit, et non sous son lit comme par le passé".

"Nul ne peut contester aujourd'hui que les libertés individuelles et collectives sont garanties. Certes des violations ont été constatées, mais des poursuites ont été engagées à chaque fois que les auteurs ont été identifiés", a souligné le chef de l'Etat.

Les nombreuses exactions, à Bangui et en province, des "libérateurs" qui avaient accompagné François Bozizé dans sa conquête du pouvoir sont régulièrement dénoncées depuis un an, et leurs auteurs ont été à plusieurs reprises lourdement sanctionnés et condamnés.

M. Bozizé s'est enfin réjoui du fait que la Centrafrique "n'est plus isolée sur la scène internationale, comme en témoignent des visites successives de nombreuses personnalités étrangères", à l'occasion du séjour à Bangui du président déchu Jean Bertrand Aristide.