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BANGUI, 15 mars (AFP) -
16h00 - La Centrafrique a célébré
lundi le premier anniversaire du coup d'Etat qui a porté François Bozizé
au pouvoir, une cérémonie ternie par une grave crise économique et le
boycottage des partis associés au sein du régime de transition.
Plusieurs milliers de Banguissois se sont massés le long de l'Avenue des Martyrs, une ancienne piste d'aviation, pour assister pendant trois heures à un défilé militaire et civil, boycotté par une bonne partie des formations politiques centrafricaines, a constaté un journaliste de l'AFP. Ce défilé constituait le point d'orgue de trois jours de festivités célébrant l'entrée dans Bangui le 15 mars 2003 des "libérateurs" du général François Bozizé, et la chute du régime du président Ange-Félix Patassé, alors au pouvoir depuis 1993. Le général Bozizé, en compagnie du chef d'état-major des forces armées centrafricaines (Faca), le général Antoine Gambi, a passé les troupes en revue avant de prendre place à la tribune. Les membres des corps constitués, le corps diplomatique et une délégation gabonaise ont également assisté à ce défilé auquel participaient outre l'armée, des délégation des ministères et des entreprises publiques centrafricaines. Les différents ministères et les administrations de tutelle des sociétés publiques avaient d'ailleurs appelé leur personnel à prendre part au défilé "sous peine de sanctions exemplaires". Pour cet anniversaire, la ville de Bangui avait connu quelques retouches: quelques coups de peinture et de nombreux nids de poule bouchés. Une stèle funéraire, représentant un "libérateur", a été inaugurée lundi sur un rond-point du nord de la ville, baptisé "Place des patriotes", lieu d'affrontements en 2002 entre les partisans de M. Bozizé et les forces fidèles à M. Patassé. Deux avenues du nord de Bangui ont également été baptisées "Avenue des patriotes" et "Avenue du 15 mars 2003". Au cours du week-end, des manifestations sportives et culturelles avaient été organisées dans tout le pays. Dimanche, une série d'offices religieux avaient eu lieu dans les églises, mosquées et temples, en l'honneur du "sursaut patriotique" du 15 mars 2003. Mais un an après, le consensus en vigueur au sein de la transition s'est quelque peu délité, pour preuve l'absence de nombreux partis, particulièrement ceux de la Coalition des partis de l'opposition (CPPO), opposition au précédent pouvoir, qui entendaient protester contre le manque de concertation au sein des institutions de transition. Les sommes dépensées pour ces festivités, dans un contexte de grave crise financière de l'Etat, ont également fait grincer des dents certains partis politiques. Les fonctionnaires, étudiants et retraités accumulent notamment des mois d'arriérés de salaires, bourses ou pensions. Dimanche, M. Bozizé s'est adressé aux Centrafricains pour faire le bilan de son action depuis un an, et reconnu que des "problèmes financiers se posent avec acuité". "Ils créent une tension sociale qui nuit au bon fonctionnement de l'Etat", a ajouté M. Bozizé lors d'un discours radio-télévisé, imputant ces problèmes de trésorerie au régime de son prédécesseur, M. Patassé. Répondant aux critiques de la CPPO, le président centrafricain a lancé: "Gardons nous de remettre en cause la bonne marche du consensus, en ouvrant prématurément la campagne" des élections de retour à l'ordre constitutionnel prévues en janvier 2005. Le général Bozizé s'est également réjoui du fait que "la sécurité est rétablie" en Centrafrique, même si, alors qu'à Bangui la situation sécuritaire s'est considérablement amélioré depuis un an, le nord du pays reste lui largement soumis à la loi des "coupeurs de route" et braconniers. |
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