AFP BANGUI, le 17 mars 2004.

RCA: le Parlement planche sur une réduction du train de vie de l'Etat

BANGUI, 17 mars (AFP) - 17h59 - Le Conseil national de transition (CNT), Parlement de transition centrafricain, a examiné mercredi des propositions visant à réduire le train de vie de l'Etat pour améliorer ses recettes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le CNT a discuté en séance plénière de propositions et recommandations présentées par la "Commission Economie et finances" en préalable à l'examen de la loi de finances 2004, et transmettra ensuite des avis au gouvernement.

La Commission a proposé la limitation, voire la suppression de certains postes à la présidence, à la vice-présidence et à la Primature.

Elle a aussi suggéré que la taille du gouvernement soit réduite de 28 à 16 membres, en rattachant certains départements ministériels à d'autres.

Elle a enfin prôné la suppression de certaines dépenses, comme l'achat de véhicules de luxe, et de divers avantages des membres de l'exécutif, comme les fonds spéciaux ou certaines indemnités perçues par les ministres.

Le président du CNT, Nicolas Tiangaye, a fait part de l'opposition du bureau du CNT "à la suppression du poste de vice-président de la République" occupé par Abel Goumba, opposant historique aux différents régimes centrafricains, estimant que ce dernier représentait une "figure emblématique de la transition".

Plusieurs partis de l'ancienne opposition à l'ex-président Ange-Félix Patassé, renversé par François Bozizé, avaient réclamé la suppression du poste de vice-président, et des conseillers et chargés de mission afférents.

La Centrafrique est dans une situation économique et financière très difficile, l'Etat n'ayant notamment pas payé les fonctionnaires depuis novembre 2003.

A la mi-févier, le gouvernement centrafricain avait annoncé une réduction de 30% d'une partie des plus hauts salaires de l'Etat, puis décidé d'étendre cette mesure à l'ensemble des fonctionnaires.

Cette annonce avait provoqué de vives résistances, et M. Bozizé avait finalement précisé, dans un discours prononcé à l'occasion de l'anniversaire du coup d'Etat du 15 mars 2003, que les baisses de salaires seraient limitées "aux seuls hauts cadres de l'Etat".