AFP GENEVE, le 17 mars 2004.

Centrafrique: dernière chance d'agir avant une catastrophe humanitaire (Onu)

GENEVE, 17 mars (AFP) - 15h54 - La communauté internationale doit agir immédiatement pour stabiliser la situation politique et économique en Centrafrique si elle veut éviter une catastrophe humanitaire beaucoup plus coûteuse à terme dans ce pays, a averti mercredi un expert de l'Onu à Genève.

"C'est la dernière opportunité d'agir avant qu'on ait vraiment l'anarchie et une catastrophe humanitaire", a déclaré lors d'un point de presse le conseiller humanitaire spécial pour le Centrafrique, Ramiro Lopes da Silva. "Autrement, la communauté internationale sera forcée d'intervenir plus tard, pour un coût beaucoup plus élevé".

"La situation se dégrade tous les jours" dans ce pays où environ 95% de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté d'un dollar par jour, contre 67% en 2000, a déclaré l'expert, citant une étude en cours du Programme de l'Onu pour le développement

Un an après le coup d'Etat qui a porté François Bozizé au pouvoir en Centrafrique, les campagnes continuent à être écumées par les bandes armées "qui pillent les villages et harcèlent la population", a-t-il souligné. Dans ce contexte, "l'administration s'est effondrée, elle est totalement absente en zone rurale", au détriment notamment du système de santé.

M. Lopes da Silva, qui s'est entretenu dans la journée à Genève avec les pays donateurs, a rappelé que l'Onu avait lancé en novembre dernier un appel pour 16,8 millions de dollars en faveur du Centrafrique. "La réponse a été maigre: seule la Suède a offert 700.000 dollars", a-t-il déploré.

L'Onu a besoin d'urgence de 6 millions de dollars pour pouvoir vacciner les enfants, dans ce pays menacé par de nombreuses épidémies.