AFP BANGUI, le 23 mars 2004.

RCA: les négociations gouvernement-professeurs achoppent sur l'ordre du jour

BANGUI, 23 mars (AFP) - 11h21 - Les négociations entre le gouvernement et les enseignants centrafricains, entamées lundi à l'issue d'un mois de grève, ont repris mardi matin, sans avoir réellement avancé la veille, et achoppent toujours sur l'ordre du jour, a indiqué un syndicaliste à l'AFP.

Le programme des discussions a été élaboré sans débat par le gouvernement, a regretté le président de l'interfédérale des enseignants centrafricains (Ifec), Etienne Paulin Songoli.

Les syndicats ont refusé que les discussions commencent par la question de la réduction des salaires de la fonction publique comme le proposait le gouvernement, réclamant qu'elles s'ouvrent par celle des arriérés, cause de leur grève.

Le président centrafricain, François Bozizé, avait promis le 15 mars que cette baisse ne concernerait que les plus hauts cadres de l'Etat, mais le gouvernement, confronté à une grave crise de trésorerie, persiste à vouloir l'appliquer à l'ensemble de la fonction publique.

"Il ne doit pas y avoir d'arriérés pendant cette période de transition, c'est notre première préoccupation dans ces négociations", a poursuivi M. Songoli.

"Maintenant que nous devons nous attaquer aux arriérés de la transition, nous allons faire d'une pierre deux coups: +l'appétit vient en mangeant+, dit-on, nous allons insérer les arriérés de salaires des précédents régimes dans les négociations", a-t-il également averti.

Le régime de transition, au pouvoir depuis le coup d'Etat du 15 mars 2003 a réussi, tant bien que mal, à payer les fonctionnaires jusqu'en octobre 2003. Ceux-ci attendent toujours les salaires des mois suivants, après avoir déjà accumulé jusqu'à 36 mois d'arriérés sous les précédents régimes.

A l'ouverture des négociations lundi, le Premier ministre centrafricain, Célestin Gaombalet, avait réaffirmé la volonté de son gouvernement "de rompre avec le cycle infernal des arriérés de salaires".

La première journée avait déjà été dominée par des divergences sur le lieu des pourparlers, avant d'être suspendues dans la journée. Les syndicats se sont finalement pliés à la volonté du gouvernement de tenir les discussions à la Primature, au sein du palais présidentiel.