AFP BANGUI, le 25 mars 2004.

Les médias centrafricains demandent la dépénalisation
des délits de presse

BANGUI, 25 mars (AFP) - 12h48 - Les représentants des médias centrafricains ont demandé la dépénalisation des délits de presse, à l'issue d'un séminaire consacré aux lois sur la liberté de la presse en Centrafrique, a constaté un journaliste de l'AFP à Bangui.

Les résultats de ce séminaire, organisé du 17 au 24 mars par le ministère de la Communication et le Bureau de l'Organisation des Nations-unies en Centrafrique (Bonuca), doivent être soumis prochainement au Conseil national de transition (CNT, Parlement).

La vingtaine de participants a également proposé de renommer le Haut-conseil de la Communication, qui deviendrait un Haut conseil de l'audiovisuel, et d'accélérer l'entrée en service de l'Office de radiodiffusion et télévision centrafricaine, dont les textes ont été adoptés sous le précédent régime d'Ange-Félix Patassé, renversé le 15 mars 2003 par le général François Bozizé.

La loi centrafricaine prévoit des peines de prison ferme pour des délits de presse tels que "la publication de fausses nouvelles" ou "la diffamation", de même que la "diffusion d'une publication déclarée non conforme", ou "la fausse déclaration en vue d'obtenir la carte de presse".

Les participants au séminaire proposent que des peines de prison ferme ne sanctionnent plus que l'incitation à "la haine ethnique et raciale" et "l'appel à la violence ou au meurtre".

Cette relecture des textes sur la presse montre que le président Bozizé "veut faire de la RCA l'un des tout premiers pays du continent africain, tout au moins dans sa sphère francophone, à dépénaliser le délit de presse", a affirmé le ministre de la Communication, Parfait M'Bay.

Début mars, le tribunal de Bangui avait condamné le journaliste centrafricain, Judes Zossé, à six mois de prison ferme et à une amende de 200.000 francs CFA (304 EUR), pour "offense au chef de l'Etat".