AFP BANGUI, le 05 avril 2004.

Le processus électoral en Centrafrique trop lent, selon le président du CNT

 

BANGUI, 5 avr (AFP) - 20h09 - Le processus électoral en Centrafrique évolue trop lentement et il y a "urgence" à adopter les textes relatifs aux scrutins de retour à l'ordre constitutionnel, a estimé lundi le président du Conseil national de transition (CNT, Parlement de transition), Me Nicolas Tiangaye.

"Les choses évoluent trop lentement, malgré l'insistance du Conseil national de transition", a déclaré Me Tiangaye à l'adresse du Premier ministre Célestin Gaombalet et de son gouvernement, lors de la clôture de la session ordinaire du CNT, ouverte le 20 février.

Me Tiangaye a estimé nécessaire de convoquer une session extraordinaire du CNT sur les textes relatifs à l'organisation des différents scrutins, prévus entre octobre-novembre 2004 et janvier 2005.

"Je me répète avec gravité, il y a urgence. Le 30 avril 2004 est la date-butoir", a averti Me Tiangaye.

Durant cette dernière session le CNT a adopté un texte instituant la Commission électorale mixte indépendante (Cemi), chargée de préparer et d'organiser les scrutins, mais n'a pas examiné ceux relatifs au Code électoral, aux partis politiques et aux collectivités territoriales, ni l'avant-projet de Constitution.

"Selon les experts de l'Union européenne et du PNUD, cela signifie concrètement qu'à cette date (du 30 avril), les textes, ordonnances et décrets d'application sont entrés en vigueur, que les membres de la Cemi ont été nommés, formés, qu'ils disposent des moyens (...) humains, matériels et financiers pour entamer leur travail", a-t-il souligné.

"Nous ne pouvons plus rien ajourner maintenant (...) et notre sortie de l'ornière dépend de la réussite de toutes les échéances électorales à venir", a ajouté le président du CNT estimant que "les délais sont désormais trop courts".

Un calendrier du processus électoral adopté par les institutions de transition avait fixé à février 2004 la mise en place de la Cemi, chargée de procéder au recensement électoral entre avril et juin.

Selon ce calendrier, la Constitution devait être révisée entre janvier et avril et être soumise à référendum en octobre-novembre 2004, avant des élections présidentielle et législatives groupées fixées à janvier 2005 et des municipales au cours du premier semestre 2005.

Samedi, Michel de Bonnecorse, le conseiller Afrique du président français Jacques Chirac avait appelé la Centrafrique à accélerer le processus électoral, fixant également au 30 avril le délai pour l'adoption de certains textes comme la loi électorale, ou le décret d'application du texte sur la Cemi.

La Centrafrique est sous l'autorité d'un régime de transition depuis le 15 mars 2003 et le renversement du président Ange-Félix Patassé par le général François Bozizé.