Après le vif succès du FODEM INFO N°1, nous nous
retrouvons dans ce numéro 2 pour aborder les problèmes importants, comme
ceux de la place de la communauté musulmane au sein de la Nation
Centrafricaine, du retrait du FODEM de la Concertation des Partis
Politiques de l’Opposition (C.P.P.O.) et du processus électoral, avec
le retour à l’ordre constitutionnel prévu pour janvier 2005.
1. De la place de la Communauté Musulmane au sein de
la Nation Centrafricaine.
De nombreux compatriotes de confession musulmane se
plaignent de la place infime qu’on leur accorde au sein de la Nation
centrafricaine, dans laquelle beaucoup estiment être traités en
étrangers.
Parmi les 3,5 millions centrafricains que nous sommes,
une majorité de la population se partage entre les religions chrétienne
et musulmane, une minorité est présentée comme animiste.
Du point de vue du FODEM, qu’un centrafricain soit
chrétien, musulman ou non croyant, il est, avant tout, centrafricain, d’origine
ou d’adoption.
La religion n’étant qu’une affaire de conviction
personnelle. Elle ne remet pas en cause les droits et devoirs des
citoyens.
Plusieurs amis et proches, de confession musulmane, ont
interpellé le FODEM, ces derniers jours, pour s’étonner qu’il n’y
ait pas de musulman dans son Bureau Politique.
Cela participerait-il du rejet général des musulmans ou d’un oubli?
Ainsi interpellé, le Président du FODEM ne peut que
marquer sa surprise. Il n’a pas retenu l’attention des observateurs
extérieurs que le 2ème Vice Président du FODEM, GARBA-OUANGOLE,
Inspecteur du Trésor de formation, est de confession musulmane.
Le Président du FODEM qui est originaire de la région
ouest de Centrafrique où la question religieuse entre musulmans et non
musulmans ne s’est jamais posée du fait de nombreux liens de parenté
existant entre les populations de la région, il affirme que notre Parti n’a
pas de problèmes avec la communauté musulmane.
A Bangui comme en province, de nombreuses Fédérations
et Sous-Fédérations du FODEM comportent des Combattants musulmans.
Par contre, il y a des partis politiques qui, pour le
besoin de leur propagande, font une grande publicité autour des musulmans
dans leur parti. En procédant ainsi, ils cautionnent ceux qui veulent
faire des musulmans des citoyens à part.
En, revanche, ce qui paraît important, c’est le fait
que les musulmans s’estiment victimes d’une discrimination grave de la
part de l’Administration, avec des entraves portées à leurs activités
économiques.
Malgré leur contribution à l’économie
centrafricaine, ils continuent de faire l’objet d’un harcèlement
constant de la part des forces de l’ordre et des services fiscaux.
Devant la Justice, ils disent avoir rarement raison, et
pendant leurs déplacements en autocars, ils sont les plus fouillés et
les plus humiliés des voyageurs. Leurs enfants atteindraient
difficilement le niveau du baccalauréat.
Les grands opérateurs économiques musulmans,
collecteurs de diamant et d’or, commerçants et transporteurs, sont
rarement respectés, en proportion de leur contribution fiscale à l’Etat.
Aussi, beaucoup préfèrent-ils quitter le Centrafrique
pour investir au Cameroun, où ils se sentent encore plus étrangers,
parce qu’ils sont, avant tout, centrafricains.
Du point de vue du FODEM, la solution à cet épineux
problème ne réside pas dans la fuite en avant en s’exilant au
Cameroun. C’est sur le territoire national que leurs droits doivent
être défendus et garantis.
Les garçons et les filles doivent aller à l’école
et les parents, s’investir dans tout processus électoral, en apportant
leurs voix aux candidats qui s’engagent à promouvoir et à garantir les
droits de la Communauté Musulmane.
L’action du FODEM se situe dans son engagement à
promouvoir et à garantir la place et le droit de la Communauté
Musulmane, au sein de la Nation Centrafricaine.
Devant la popularité grandissante du FODEM et de son
Président, quelques leaders politiques, en panne de projet de société,
tentent de discréditer notre action en laissant croire à la Communauté
Musulmane que, quand Charles MASSI était Ministre des Mines et de l’Energie,
il a mis beaucoup de musulmans en prison.
Ces affabulateurs se révèlent incapables de nous dire
le nombre et le nom de ces musulmans emprisonnés.
Avant l’arrivée de Charles MASSI dans ce Ministère,
le secteur minier était le domaine des fraudeurs, musulmans et non
musulmans. Après une vaste campagne d’information à l’Est et à l’Ouest
du pays, ceux-ci se sont mis en règle.
La valeur du diamant exporté est passée de 16
milliards CFA en 1992 à 21 milliards CFA en 1993, permettant à l’Etat
de payer facilement les salaires.
De nombreux collecteurs musulmans et non musulmans sont
devenus riches grâce à l’action déterminée du Ministre MASSI, et
surtout, avec la création de la Bourse de Diamant.
Depuis le départ de Charles MASSI du Ministère des
Mines, ce secteur est sinistré et de nombreux collecteurs musulmans ont
fait faillite, vivant dans une extrême pauvreté. Ils redeviendront
riches si Charles MASSI revient aux affaires.
Rendez-vous en janvier 2005.
2. Du retrait du FODEM de la C.P.P.O.
Faisant suite à une lettre envoyée par le Bureau
Politique le 23 février 2004 au Porte-Parole de la C.P.P.O., restée sans
réponse, le FODEM s’est retiré de ce groupement politique le 12 mars
2004, après de bons et loyaux services.
Depuis sa légalisation, le 04 mai 1998, le FODEM est
resté ancré dans l’opposition, contrairement à certaines formations
politiques qui ont brillé par une versatilité dommageable à la cause du
peuple centrafricain.
De l’U.F.A.P., le 12 juin 1998, jusqu’au Groupe des
Partis de l’Opposition (G.P.O.), jusqu’au 25 octobre 2002, et la
naissance de la C.P.P.O. pour récupérer en notre sein des formations
politiques qui avaient rallié la majorité présidentielle, le FODEM est
resté constant et fidèle à ses engagements.
Nous avions un adversaire, le Président Ange Félix
PATASSE. Depuis le changement du 15 mars 2003, la donne a changé.
L’échec au Gouvernement du Porte-Parole de la
C.P.P.O. devenu Premier Ministre exigeait un changement de dénomination,
puis, définir un objectif, en clair, désigner un adversaire.
L’ambiguïté de la position de certains partis
politiques en son sein était devenue gênante. Comment peut-on combattre
un Chef d’Etat quand on en est un des proches Conseillers ou quand on a
bénéficié d’une promotion dans une grande Institution Financière,
avec le soutien du même Chef d’Etat?
Faute d’avoir reçu une réponse claire, le Bureau
Politique a décidé de se retirer de la C.P.P.O., en attendant de
constituer une nouvelle équipe de combat.
3. Du processus électoral.
La mission conjointe de l’Union Européenne et du
P.N.U.D. a remis au Gouvernement Centrafricain un chronogramme pour la
tenue d’élections présidentielle et législative en Centrafrique, en
janvier 2005.
Pour la Communauté Internationale, le premier tour des
élections présidentielle et législative groupées doit impérativement
se tenir le 16 janvier 2005, et le second tour, le 06 février 2005.
En prévision de ces élections, quelques étapes
doivent être franchies.
Il y a la Commission Electorale Mixte Indépendante (C.E.M.I.)
dont le Projet d’Ordonnance vient d’être adopté par le Conseil
National de Transition. La C.E.M.I. aura une tâche déterminante dans la
conduite du processus électoral. Cela nous impose de faire appel à des
Combattants déterminés et intègres pour représenter le FODEM dans cet
organe.
Au préalable, il y aura le recensement électoral qui
se fera manuellement, avec de l’encre indélébile. La carte d’électeur
sera délivrée séance tenante et un Bureau de Vote sera indiqué à
chaque électeur, le jour de son inscription sur la liste électorale.
Pour les prochaines élections, il n’y aura pas de
vote par Ordonnance, carte d’identité, acte de naissance ou avec des
témoins. Il n’y aura pas, non plus, de listes additives comme par le
passé.