FODEM - BANGUI - SICA 1, le 14 avril 2004.

Message du Président - Bulletin d'information n°002.

FODEM INFO N°002

Bulletin d’information des Combattants du FODEM

Combattantes, Combattants,

Ayez toujours présent à l’esprit que nous sommes les soldats du Peuple Centrafricain en lutte contre la pauvreté et la misère.

Après le vif succès du FODEM INFO N°1, nous nous retrouvons dans ce numéro 2 pour aborder les problèmes importants, comme ceux de la place de la communauté musulmane au sein de la Nation Centrafricaine, du retrait du FODEM de la Concertation des Partis Politiques de l’Opposition (C.P.P.O.) et du processus électoral, avec le retour à l’ordre constitutionnel prévu pour janvier 2005.

1. De la place de la Communauté Musulmane au sein de la Nation Centrafricaine.

De nombreux compatriotes de confession musulmane se plaignent de la place infime qu’on leur accorde au sein de la Nation centrafricaine, dans laquelle beaucoup estiment être traités en étrangers.

Parmi les 3,5 millions centrafricains que nous sommes, une majorité de la population se partage entre les religions chrétienne et musulmane, une minorité est présentée comme animiste.

Du point de vue du FODEM, qu’un centrafricain soit chrétien, musulman ou non croyant, il est, avant tout, centrafricain, d’origine ou d’adoption.

La religion n’étant qu’une affaire de conviction personnelle. Elle ne remet pas en cause les droits et devoirs des citoyens.

Plusieurs amis et proches, de confession musulmane, ont interpellé le FODEM, ces derniers jours, pour s’étonner qu’il n’y ait pas de musulman dans son Bureau Politique.

Cela participerait-il du rejet général des musulmans ou d’un oubli?

Ainsi interpellé, le Président du FODEM ne peut que marquer sa surprise. Il n’a pas retenu l’attention des observateurs extérieurs que le 2ème Vice Président du FODEM, GARBA-OUANGOLE, Inspecteur du Trésor de formation, est de confession musulmane.

Le Président du FODEM qui est originaire de la région ouest de Centrafrique où la question religieuse entre musulmans et non musulmans ne s’est jamais posée du fait de nombreux liens de parenté existant entre les populations de la région, il affirme que notre Parti n’a pas de problèmes avec la communauté musulmane.

A Bangui comme en province, de nombreuses Fédérations et Sous-Fédérations du FODEM comportent des Combattants musulmans.

Par contre, il y a des partis politiques qui, pour le besoin de leur propagande, font une grande publicité autour des musulmans dans leur parti. En procédant ainsi, ils cautionnent ceux qui veulent faire des musulmans des citoyens à part.

En, revanche, ce qui paraît important, c’est le fait que les musulmans s’estiment victimes d’une discrimination grave de la part de l’Administration, avec des entraves portées à leurs activités économiques.

Malgré leur contribution à l’économie centrafricaine, ils continuent de faire l’objet d’un harcèlement constant de la part des forces de l’ordre et des services fiscaux.

Devant la Justice, ils disent avoir rarement raison, et pendant leurs déplacements en autocars, ils sont les plus fouillés et les plus humiliés des voyageurs. Leurs enfants atteindraient difficilement le niveau du baccalauréat.

Les grands opérateurs économiques musulmans, collecteurs de diamant et d’or, commerçants et transporteurs, sont rarement respectés, en proportion de leur contribution fiscale à l’Etat.

Aussi, beaucoup préfèrent-ils quitter le Centrafrique pour investir au Cameroun, où ils se sentent encore plus étrangers, parce qu’ils sont, avant tout, centrafricains.

Du point de vue du FODEM, la solution à cet épineux problème ne réside pas dans la fuite en avant en s’exilant au Cameroun. C’est sur le territoire national que leurs droits doivent être défendus et garantis.

Les garçons et les filles doivent aller à l’école et les parents, s’investir dans tout processus électoral, en apportant leurs voix aux candidats qui s’engagent à promouvoir et à garantir les droits de la Communauté Musulmane.

L’action du FODEM se situe dans son engagement à promouvoir et à garantir la place et le droit de la Communauté Musulmane, au sein de la Nation Centrafricaine.

Devant la popularité grandissante du FODEM et de son Président, quelques leaders politiques, en panne de projet de société, tentent de discréditer notre action en laissant croire à la Communauté Musulmane que, quand Charles MASSI était Ministre des Mines et de l’Energie, il a mis beaucoup de musulmans en prison.

Ces affabulateurs se révèlent incapables de nous dire le nombre et le nom de ces musulmans emprisonnés.

Avant l’arrivée de Charles MASSI dans ce Ministère, le secteur minier était le domaine des fraudeurs, musulmans et non musulmans. Après une vaste campagne d’information à l’Est et à l’Ouest du pays, ceux-ci se sont mis en règle.

La valeur du diamant exporté est passée de 16 milliards CFA en 1992 à 21 milliards CFA en 1993, permettant à l’Etat de payer facilement les salaires.

De nombreux collecteurs musulmans et non musulmans sont devenus riches grâce à l’action déterminée du Ministre MASSI, et surtout, avec la création de la Bourse de Diamant.

Depuis le départ de Charles MASSI du Ministère des Mines, ce secteur est sinistré et de nombreux collecteurs musulmans ont fait faillite, vivant dans une extrême pauvreté. Ils redeviendront riches si Charles MASSI revient aux affaires.

Rendez-vous en janvier 2005.

2. Du retrait du FODEM de la C.P.P.O.

Faisant suite à une lettre envoyée par le Bureau Politique le 23 février 2004 au Porte-Parole de la C.P.P.O., restée sans réponse, le FODEM s’est retiré de ce groupement politique le 12 mars 2004, après de bons et loyaux services.

Depuis sa légalisation, le 04 mai 1998, le FODEM est resté ancré dans l’opposition, contrairement à certaines formations politiques qui ont brillé par une versatilité dommageable à la cause du peuple centrafricain.

De l’U.F.A.P., le 12 juin 1998, jusqu’au Groupe des Partis de l’Opposition (G.P.O.), jusqu’au 25 octobre 2002, et la naissance de la C.P.P.O. pour récupérer en notre sein des formations politiques qui avaient rallié la majorité présidentielle, le FODEM est resté constant et fidèle à ses engagements.

Nous avions un adversaire, le Président Ange Félix PATASSE. Depuis le changement du 15 mars 2003, la donne a changé.

L’échec au Gouvernement du Porte-Parole de la C.P.P.O. devenu Premier Ministre exigeait un changement de dénomination, puis, définir un objectif, en clair, désigner un adversaire.

L’ambiguïté de la position de certains partis politiques en son sein était devenue gênante. Comment peut-on combattre un Chef d’Etat quand on en est un des proches Conseillers ou quand on a bénéficié d’une promotion dans une grande Institution Financière, avec le soutien du même Chef d’Etat?

Faute d’avoir reçu une réponse claire, le Bureau Politique a décidé de se retirer de la C.P.P.O., en attendant de constituer une nouvelle équipe de combat.

3. Du processus électoral.

La mission conjointe de l’Union Européenne et du P.N.U.D. a remis au Gouvernement Centrafricain un chronogramme pour la tenue d’élections présidentielle et législative en Centrafrique, en janvier 2005.

Pour la Communauté Internationale, le premier tour des élections présidentielle et législative groupées doit impérativement se tenir le 16 janvier 2005, et le second tour, le 06 février 2005.

En prévision de ces élections, quelques étapes doivent être franchies.

Il y a la Commission Electorale Mixte Indépendante (C.E.M.I.) dont le Projet d’Ordonnance vient d’être adopté par le Conseil National de Transition. La C.E.M.I. aura une tâche déterminante dans la conduite du processus électoral. Cela nous impose de faire appel à des Combattants déterminés et intègres pour représenter le FODEM dans cet organe.

Au préalable, il y aura le recensement électoral qui se fera manuellement, avec de l’encre indélébile. La carte d’électeur sera délivrée séance tenante et un Bureau de Vote sera indiqué à chaque électeur, le jour de son inscription sur la liste électorale.

Pour les prochaines élections, il n’y aura pas de vote par Ordonnance, carte d’identité, acte de naissance ou avec des témoins. Il n’y aura pas, non plus, de listes additives comme par le passé.

Il faut se mobiliser pour faire inscrire un grand nombre de personnes en âge de voter dans votre secteur.

Notre Slogan, avant et à la fin de chaque réunion :
FODEM : PAIX, PROSPÉRITÉ