PANA PARIS, le 16 avril 2004.

Le président Bozizé  critiqué pour sa gestion de la transition en RCA
Politique-France/Centrafrique-Transition
Par Seidik Abba

Correspondant de la PANA

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            Paris, France (PANA) - Le Forum Démocratique pour la Modernité (FODEM) de l'ancien député Charles Massi a vivement critiqué vendredi à Paris la gestion de la transition politique en République centrafricaine (RCA) par le président François Bozizé qu'il accuse de n'avoir pas tenu ses «promesses».

«La transition entamée depuis le 15 mars 2004 en RCA devait être consensuelle et n'avoir d'autres soucis que l'intérêt du peuple centrafricain. Force est de constater aujourd'hui que cette transition a été totalement dévoyée par le général Bozizé et son entourage», a déclaré à la PANA Jean-Charles Bandio Bho, président du FODEM France.

M. Bandio Bho a illustré la déception des Centrafricains par la persistance de l'insécurité, le non-payement régulier des salaires des fonctionnaires et l'enrichissement illicite de certains pontes du régime au pouvoir à Bangui.

«Il ne fait aucun doute que l'arrivée du président Bozizé au pouvoir a été accueillie comme une délivrance par le peuple centrafricain. Mais après ce moment d'euphorie, on constate que rien n'a changé. L'insécurité est partout, les viols se multiplient, les salaires ne sont pas payés. Tout  indique aujourd'hui que la transition est sur une mauvaise pente», a ajouté le responsable du FODEM.

Pour lui, «le dévoiement» de la transition entamée le 15 mars 2003 en Centrafrique ne peut s'expliquer que par «l'autisme» du président Bozizé et son entourage qui n'écoutent guère les mises en garde du Conseil national de la transition (CNT).

«Le CNT dans lequel siège en qualité de vice-président notre leader Charles Massi a plusieurs fois tiré sur la sonnette d'alarme en invitant le président Bozizé et le gouvernement à coller à l'intérêt général et s'abstenir de toute décision qui pourrait nuire au caractère consensuel de transition. Il n'a guère été écouté. Nous craignons que la Centrafrique retourne à la case départ», a mis en garde Jean-Charles Bandhio Bho.

Le même constat «d'égarement» de la transition a été fait par le Parti de l'unité nationale (PUN) de l'ancien Premier ministre Jean-Paul N'Goupandé qui a lui aussi accusé le général Bozizé de conduire «en solitaire» la transition.

«La conduite solitaire de la transition par le général Bozizé compromet les chances de concorde nationale, marginalise des partenaires de ladite transition et nuit fortement à l'impératif d'apaisement» ont mis en garde les partisans de Jean-Paul N'Goupandé.

Entamée le 15 mars 2003, à la faveur du coup d'Etat militaire qui a évincé Ange-Félix Patassé du pouvoir, la transition Centrafricaine devrait d'achever en janvier 2005 avec l'élection d'un nouveau président de la République.

Le général Bozizé, qui fait actuellement l'objet des critiques de toutes parts, n'a jamais publiquement affirmé son intention de ne pas se présenter à l'élection présidentielle.

-0-PANA SEI  16avril2004