AFP BANGUI, le 19 avril 2004.

Négociations entre les autorités de Bangui et les ex-"libérateurs"

 

BANGUI, 19 avr (AFP) - 20h23 - Le gouvernement centrafricain a entamé des négociations avec les ex-rebelles ayant accompagné François Bozizé dans sa prise du pouvoir, qui se sont confrontés à l'armée centrafricaine samedi à Bangui, a annoncé lundi la présidence.

Ces échanges de tirs avaient fait six morts du côté de ces ex-"libérateurs et un dans les rangs de l'armée, selon un nouveau bilan également communiqué lundi par la présidence.

"Afin d'éviter que les incidents de la veille ne se renouvellent, la force militaire de la Cémac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) a intensifié ses patrouilles à la sortie nord de Bangui, tandis que les forces de défense centrafricaines prenaient position plus au sud" dimanche, a déclaré à la radio nationale le conseiller en communication à la présidence.

"Dans le même temps, des négociations étaient conduites auprès des fauteurs de trouble par le chef de l'Etat centrafricain, le général de division François Bozizé en personne, par le général Ella Ekhoga, commandant la force interafricaine et par un officier supérieur tchadien appartenant à la force", a poursuivi Alain Georges N'gatoua.

Le bilan des affrontements "s'établit actuellement à un mort (du) côté des forces de l'ordre, six morts (du) côté des ex-libérateurs et 15 blessés", a-t-il ajouté.

Un précédent bilan global faisait état de six tués.

Un ex-libérateur, gravement blessé, a succombé dimanche soir à ses blessures, a-t-on appris de source hospitalière.

Des tirs à l'arme automatique ont par ailleurs été brièvement entendus lundi après-midi à la sortie nord de Bangui, selon des témoins. "Ils provenaient des forces de l'ordre qui voulaient empêcher l'érection d'autres barricades par les ex-libérateurs", ont-ils précisé à l'AFP.

Une source d'une brigade de gendarmerie du nord de Bangui a confirmé ses tirs, mais précisé qu'il ne s'agissait que de tirs de sommation effectués par des soldats des forces armées centrafricaines.

Selon M. N'gatoua, quelque 500 ex-libérateurs, tchadiens ou centrafricains ayant refusé d'être incorporés dans l'armée centrafricaine demandent des "indemnités compensatrices" pour leur participation à la rébellion du général Bozizé, qui a renversé le 15 mars 2003 le président Ange-Félix Patassé.

"Il est question de leur allouer un certain montant et de procéder à leur rapatriement" vers le Tchad, a indiqué une source proche de la présidence qui n'a pas donné de montant précis, à propos des ex-libérateurs de nationalité tchadienne.

Samedi, un affrontement armé a opposé durant moins d'une heure des soldats centrafricains et ceux de la force de paix de la Cémac à d'anciens "libérateurs" qui avaient érigé des barricades au PK11, zone où réside le président Bozizé dans le nord de Bangui, et s'étaient livrés à des violences sur la population, selon les autorités.