|
|
|
BANGUI, 20 avr (AFP) -
22h29 - Les autorités
centrafricaines ont annoncé mardi soir le renforcement des mesures de sécurité
à Bangui, après la suspension des négociations avec les ex-rebelles
ayant porté François Bozizé au pouvoir, qui avaient échangé des tirs
samedi avec l'armée centrafricaine.
"Face à la menace que constituent pour la population ces forts groupuscules armés, des mesures visant à renforcer la sécurité des principaux points névralgiques de la capitale ont été ordonnées", a déclaré à la radio nationale le conseiller à la présidence Alain Georges N'gatoua. Il a confirmé la suspension des négociations entamées avec ces ex-"libérateurs", au lendemain des affrontements. "Le gouvernement exprime sa plus vive préoccupation devant l'attitude de ces ex-libérateurs qui, malgré les propositions concrètes qui leur ont été faites, continuent à ne pas vouloir entendre le pouvoir centrafricain et les instances de la Communauté internationale présentes à Bangui", poursuit le communiqué. "Devant l'intransigeance et l'inconstance plus ou moins manipulées des ex-libérateurs, qui semblent prendre des ordres de l'extérieur grâce à des moyens de communication en leur possession, les négociations n'ont pas pu aboutir", a-t-il expliqué. M. N'gatoua a précisé que les ex-"libérateurs" étaient toujours regroupés au PK11, quartier nord de Bangui où ils ont échangé des tirs samedi avec l'armée centrafricaine appuyée par des éléments de la force Cémac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale). Ces derniers étaient intervenus alors que les ex-"libérateurs" avaient érigé des barricades et se livraient à des exactions sur la population, selon les autorités. L'affrontement, qui a duré moins d'une heure, a fait sept morts, dont un soldat centrafricain, et une quinzaine de blessés. La présidence estime à environ 500 le nombre d'ex-"libérateurs", ressortissants tchadiens ou Centrafricains ayant refusé d'être incorporés dans l'armée centrafricaine. Ils demandent des "indemnités compensatrices" pour leur participation à la rébellion du général Bozizé, qui a renversé le 15 mars 2003 le président Ange-Félix Patassé. "Les négociations ont été suspendues parce que les deux parties n'arrivent pas à s'entendre sur le montant devant être versé à chacun des ex-+libérateurs+", avait expliqué une source proche de la présidence à l'AFP. "Les ex-+libérateurs+ réclament un million de FCFA (1.500 euros) chacun, alors que le président Bozizé leur a proposé 150.000 FCFA (228 euros) par personne", avait ajouté cette source. Mardi, alors que se poursuivaient ces négociations, les ex-"libérateurs" ont tenté sans succès à deux reprises de bloquer la circulation vers la sortie nord de la capitale centrafricaine, a indiqué une source militaire à l'AFP. Les exactions des "libérateurs", en Bangui et en province sont régulièrement dénoncées depuis un an. |
|