AFP BANGUI, le 23 avril 2004.

Le président Bozizé reçoit Danzoumi Yalo, ex-responsable de sa sécurité

 

BANGUI, 23 avr (AFP) - 12h56 - Le président centrafricain, François Bozizé, s'est entretenu jeudi à Bangui avec Danzoumi Yalo, ex-responsable de sa sécurité rapprochée, emprisonné de décembre à mars dernier pour complot contre son régime, a annoncé vendredi la radio nationale.

"Beaucoup de choses avaient été dites sur moi sur la base de fiches mensongères. Cela a entraîné des dissensions entre le président de la République et moi, et j'ai connu la prison de façon arbitraire", a affirmé M. Yalo en sango, la langue nationale, lors d'un entretien à la radio nationale.

"L'heure est au pardon entre nous et à la consolidation de nos liens afin de travailler sur de nouvelles bases. Et je crois que nous nous sommes compris", a ajouté M. Yalo, alias "colonel Daz".

Bras droit de M. Bozizé du temps où il dirigeait la rébellion qui l'a porté au pouvoir le 15 mars 2003, il avait ensuite pris la tête de sa sécurité rapprochée jusqu'à son arrestation le 23 décembre, en même temps que son frère aîné Sani Yalo, homme d'affaires impliqué en 1999 dans un scandale financier dans ce pays pauvre et enclavée d'Afrique centrale.

Accusé de détention illégale d'armes de guerre, le colonel Yalo avait été remis en liberté mi-mars après un non-lieu pour absence d'infraction.

M. Yalo, dont le père est tchadien, jouit d'un certain respect parmi les ex-combattants de la rébellion pro-Bozizé et avant d'être destitué, il menait régulièrement des opérations pour désarmer ces ex-"libérateurs" auteurs d'exactions contre les civils.

Il en avait lui-même recruté une grande partie à Bangui lors de la tentative d'arrestation en novembre 2001 de François Bozizé par le régime du gouvernement d'Ange-Félix Patassé (renversé le 15 mars 2003), puis à N'Djaména où M. Bozizé avait trouvé refuge avec ses partisans.

Environ 500 anciens rebelles réclament des compensations financières à leur participation au coup d'Etat de mars 2003. Une partie d'entre eux, regroupés dans le nord de Bangui, y ont brièvement affronté le 17 avril l'armée centrafricaine.

Jeudi soir, des tirs d'armes lourdes et légères ont été entendus dans cette partie de la ville et les deux camps s'en rejetaient vendredi la responsabilité.