AFP BANGUI, le 22 avril 2004.

Les ex-libérateurs affirment ne pas avoir de revendications politiques

BANGUI, 22 avr (AFP) - 18h29 - Les ex-rebelles ayant porté François Bozizé au pouvoir, qui ont échangé des tirs avec l'armée centrafricaine le 17 avril à Bangui, ont affirmé jeudi ne pas avoir de revendications politiques mais ont demandé des compensations financières à leur participation au coup d'Etat du 15 mars 2003.

"Le général Bozizé nous avait fait des promesses que nous tenons secrètes parce qu'il s'agit d'une entente entre lui et nous", a indiqué à l'AFP le capitaine Abakar Sabon, qui se présente comme le représentant des insurgés.

"C'est la concrétisation de cette promesse qui nous intéresse parce que nous voulons notre réinsertion dans la vie civile. Nous n'avons pas de revendications politiques, et nous ne sommes pas manipulés", a-t-il poursuivi.

Au lendemain de l'affrontement de samedi, les autorités centrafricaines issues du coup d'Etat de mars 2003 avaient entamé avec les ex-"libérateurs" des négociations, suspendues mardi faute d'accord sur le montant devant être versé à chacun d'entre eux, selon la présidence centrafricaine.

Le 17 avril, les ex-rebelles avaient érigé des barricades au PK11, dans le nord de Bangui et s'en étaient pris à la population, selon les autorités.

Un affrontement armé les avait ensuite opposés durant près d'une heure à l'armée centrafricaine appuyée par des éléments de la force Cémac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale), faisant sept morts dont un soldat centrafricain.

Abubakar Sabon a confirmé qu'il y avait eu six morts dans leurs rangs - ainsi que huit blessés -, et que les ex-rebelles étaient bien au nombre de 500 comme l'affirmait la présidence, mais que seulement 300 se trouvaient regroupés au PK11.

"Nous regrettons les incidents survenus samedi dernier (...) Nous déplorons également que nos blessés ne soient pas soignés, alors que ceux de l'autre camp sont bien soignés", a précisé le capitaine Sabon.

Près d'une semaine après la fusillade, la tension reste persistante: les soldats de la force Cémac continuent de patrouiller dans le nord de la capitale, les ex-rebelles ayant tenté à plusieurs reprises depuis le 17 avril d'ériger des barricades.

"Nous ne pouvons pas nous promener au-delà du PK 11, ni après 18 heures, pour ne pas courir le risque d'être exécuté, battu, racketté ou humilié", a témoigné Albert, journaliste.

Les ex-rebelles "étaient une soixantaine au départ mais très peu d'entre eux détenaient une arme. Depuis lundi, leur nombre ne cesse d'augmenter, de même que la quantité des armes en leur possession", a-t-il poursuivi.

Les taxis, principal moyen de transport public, laissent les passagers continuer à pied lorsqu'ils arrivent dans le nord de la capitale, où plus de quarante maisons ont été pillées depuis samedi, de nombreux habitants ayant préféré loger ailleurs.