AFP LIBREVILLE, le 23 avril 2004.

Bangui veut l'arbitrage du Tchad dans son différend avec les ex-libérateurs

BANGUI, 23 avr (AFP) - 21h58 - Le gouvernement centrafricain a estimé que "l'arbitrage" du Tchad est "nécessaire" après les revendications armées des ex-rebelles ayant aidé le président François Bozizé à prendre le pouvoir, a indiqué à la radio nationale vendredi un conseiller à la présidence.

"Devant l'agressivité de plus en plus forte des ex-+libérateurs+, dont les comportements semblent d'ailleurs échapper à toute logique, le gouvernement centrafricain qui continue de privilégier (...) la négociation, estime que l'arbitrage des plus hautes autorités tchadiennes, est maintenant rendu nécessaire", a affirmé Alain Georges N'gatoua.

Ces déclarations interviennent après la visite du président centrafricain François Bozizé vendredi après-midi à Libreville où il a rendu compte à son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba de la situation en Centrafrique, au lendemain de tirs, notamment d'armes lourdes, à Bangui.

Ces ex-partisans de la rébellion pro-Bozizé, dont des Tchadiens recrutés lorsque celui-ci s'était réfugié au Tchad, réclament par les armes depuis une semaine des "indemnités" pour leur participation au coup d'Etat du 15 mars 2003 qui a porté leur chef au pouvoir.

D'après un premier bilan, trois personnes ont été blessées au cours des tirs jeudi soir, dont une grièvement, selon le conseiller. Lors de la fusillade du 17 avril, six ex-"libérateurs" avaient été tués, ainsi qu'un soldat centrafricain.

Selon ce conseiller, un véhicule transportant des hommes en armes a d'abord tenté jeudi soir de franchir le poste de contrôle du PK 12 (point kilométrique tenu par un élément du Bataillon mixte d'intervention et d'appui (BMIA), rappelé d'urgence à Bangui après avoir été déployé dans le nord de ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale.

"Un peu plus tard dans la soirée, un tir de roquette a détruit un véhicule de la garde républicaine qui effectuait une liaison de service entre la résidence du chef de l'Etat (au nord de la capitale, ndlr) et le centre-ville", a poursuivi le conseiller.

Vendredi, les forces de l'ordre centrafricaines avaient bouclé l'extrême nord de Bangui et procédaient à des fouilles systématiques des personnes quittant le nord de la capitale.