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BANGUI, 23 avr (AFP) -
14h30 - Le calme était
revenu vendredi à Bangui, au lendemain de tirs d'armes lourdes et légères
dans le nord de la capitale centrafricaine, où les ex-rebelles ayant porté
François Bozizé au pouvoir et l'armée centrafricaine s'étaient déjà
affrontés le 17 avril.
Vendredi dans les premières heures de la matinée, les forces de l'ordre centrafricaines ont bouclé l'extrême nord de Bangui, a annoncé une source proche du gouvernement à l'AFP. "Toute la zone est bouclée (...), les ex-libérateurs sont encerclés", a affirmé cette source en référence aux ex-partisans de la rébellion dirigée par l'actuel président François Bozizé avant qu'il ne renverse le président Ange-Félix Patassé le 15 mars 2003. "Toutes les personnes qui quittent la zone sont systématiquement fouillées, parce que les forces de l'ordre sont informées de tentatives d'infiltration par les ex-rebelles qui veulent se fondre parmi la population", a ajouté la même source. Gouvernement et ex-"libérateurs" se sont rejetés vendredi la responsabilité des tirs de jeudi soir. Des tirs sporadiques avaient commencé à être entendus vers 19H00, suivis de détonations d'armes lourdes. Les tirs avaient été particulièrement nourris aux alentours de 20H00, avant de s'espacer jusqu'au retour au calme. "Tout est parti des ex-libérateurs" qui ont tiré des roquettes sur deux véhicules de patrouille de l'armée au niveau du PK 11 (point kilométrique 11), a affirmé la source proche du gouvernement. Le capitaine Abakar Sabon, qui se présente comme le porte-parole des anciens rebelles, a de son côté affirmé que l'armée avait attaqué le lieu où ils sont regroupés depuis dimanche dernier. Selon une source hospitalière, deux militaires centrafricains ont été grièvement blessés et hospitalisés jeudi soir. L'un d'eux a été touché à l'adbomen et son état est jugé sérieux. Aucun bilan n'était disponible du côté des ex-rebelles. Les habitants des quartiers de l'extrême nord de Bangui continuaient vendredi de quitter par vagues successives la zone, déjà désertée par une partie de sa population depuis le premier affrontement armé le 17 avril entre ex-"libérateurs" et armée centrafricaine. Celle-ci, appuyée par des éléments de la force Cémac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale), était intervenue après que les ex-"libérateurs" eurent érigé des barricades au PK11 et s'en furent pris à la population, selon les autorités. Selon la présidence centrafricaine, ces anciens rebelles, dont de nombreux Tchadiens recrutés lorsque le général Bozizé s'était réfugié en novembre 2001 au Tchad après avoir échappé à une tentative d'arrestation à Bangui, réclament des "indemnités compensatrices" pour leur participation au coup d'Etat du 15 mars 2003. L'affrontement armé du 17 avril avait duré un peu moins d'une heure et fait sept morts, dont un soldat centrafricain. Dès le lendemain, les autorités centrafricaines avaient entamé des négociations, suspendues mardi faute d'accord sur le montant devant être versé à chacun des ex-rebelles, selon la présidence. Ceux-ci avaient affirmé jeudi ne pas avoir de revendications politiques mais avaient demandé au président Bozizé de tenir une "promesse" qu'il leur aurait faite. "C'est la concrétisation de cette promesse qui nous intéresse parce que nous voulons notre réinsertion dans la vie civile. Nous n'avons pas de revendications politiques et nous ne sommes pas manipulés", avait assuré le capitaine Abakar Sabon. Le président Bozizé s'est entretenu jeudi à Bangui avec Danzoumi Yalo, son ancien bras droit dans la rébellion, devenu ensuite le responsable de sa sécurité rapprochée, avant d'être destitué et emprisonné de décembre à mars dernier pour complot. Remis en liberté après un non-lieu, le colonel "Daz", dont le père est tchadien, jouit d'un certain respect parmi les ex-combattants de la rébellion pro-Bozizé. |
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