AFP BANGUI, le 24 avril 2004.

Des partis politiques condamnent les incidents entre ex-libérateurs et armée

BANGUI, 24 avr (AFP) - 14h32 - Trois partis politiques centrafricains ont condamné les incidents survenus à Bangui depuis une semaine entre forces armées et ex-libérateurs, qui avaient aidé le président François Bozizé à prendre le pouvoir, selon des communiqués publiés samedi.

Deux formations politiques "condamnent fermement les événements qui surviennent en ce moment dans la capitale centrafricaine" et "regrettent l'attitude des ex-libérateurs qui met en péril la sécurité nationale", indique un communiqué conjoint reçu par l'AFP à Bangui.

Le Mouvement de l'évolution sociale en Afrique noire (Mesan) et l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) ont demandé "à ces ex-libérateurs de revenir à la négociation pour une solution pacifique et durable", après la fusillade du 17 avril qui avait opposé les ex-libérateurs aux forces armées dans le nord de Bangui.

Les discussions entre les deux parties avaient été suspendues mardi, faute d'accord sur le montant des "indemnités" réclamés par les ex-rebelles, dont des Tchadiens, pour leur participation au coup d'Etat du 15 mars 2003.

Mesan et ADP "demandent solennellement aux autorités de la transition de tout mettre en oeuvre pour trouver une solution rapide et définitive aux revendications des frères ex-libérateurs non centrafricains, afin qu'ils retournent au plus tôt dans leur pays d'origine".

Par ailleurs, un troisième parti, l'Union pour la renaissance et le développement (URD) "prie le président de la République de rencontrer tous les leaders politiques et sociaux afin de trouver des réponses adaptées à ces questions brûlantes et urgentes".

Il s'agit des premières réactions des partis politiques depuis la fusillade du 17 avril qui a fait sept morts et l'attaque des ex-libérateurs contre un barrage des forces armées jeudi dans le nord de Bangui, où trois personnes ont été blessées.

Ces déclarations interviennent alors que les autorités centrafricaines ont demandé "l'arbitrage" du Tchad, où se sont rendus vendredi des ex-libérateurs, juste après la rencontre du président Bozizé à Libreville avec son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba sur la situation en Centrafrique.