AFP BANGUI, le 24 avril 2004.

Visite au Tchad d'une délégation centrafricaine d'ex-libérateurs

BANGUI, 24 avr (AFP) - 13h52 - Une délégation d'ex-libérateurs, ayant aidé le président François Bozizé à prendre le pouvoir en Centrafrique, s'est rendue au Tchad vendredi soir pour régler le différend qui les oppose au chef de l'Etat centrafricain, a-t-on appris samedi auprès de leur porte-parole.

"Nous sommes partis de Bangui vers 2OH2O (19h20 GMT) à bord de l'avion qui a ramené le président François Bozizé de Libreville et nous nous trouvons depuis hier soir à N'Djaména", a déclaré le capitaine Abakar Sabon, porte-parole des ex-libérateurs joint par téléphone depuis Bangui.

Le président Bozizé avait auparavant rendu compte à son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba, au palais présidentiel de Libreville, de la situation en Centrafrique, au lendemain de tirs, notamment d'armes lourdes, à Bangui.

"Ma délégation comprend onze hommes, tous des ex-libérateurs. Le fils du chef de l'Etat, Francis et un officier gabonais de la force de la Cémac" (Communauté économique des Etats d'Afrique centrale) étaient également dans l'avion, a-t-il ajouté.

Logés au palais présidentiel, les ex-libérateurs attendaient samedi matin de rencontrer le président tchadien Idriss Deby, selon le porte-parole.

Vendredi soir, le conseiller en communication à la présidence, Alain Georges N'gatoua, avait déclaré à la radio nationale que "l'arbitrage des plus hautes autorités tchadiennes est maintenant rendu nécessaire", une semaine après le premier incident au nord de Bangui.

Le 17 avril, une fusillade entre ex-libérateurs et armée centrafricaine avait fait sept morts et jeudi soir trois personnes avaient été blessées lors de tirs à l'arme lourde.

Ces ex-partisans de la rébellion pro-Bozizé, dont des Tchadiens recrutés lorsque celui-ci s'était réfugié au Tchad, réclament par les armes depuis une semaine des "indemnités" pour leur participation au coup d'Etat du 15 mars 2003 qui a porté leur chef au pouvoir.

A la sortie nord de la capitale centrafricaine, le calme était revenu en raison notamment de la forte présence de la gendarmerie, de la police, de la force Cémac et d'un Bataillon mixte d'intervention et d'appui (BMIA), rappelé d'urgence à Bangui après avoir été déployé dans le nord de ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale.