AFP BANGUI, le 26 avril 2004.

Les "ex-libérateurs" ont vidé leurs camps dans le nord de Bangui

BANGUI, 26 avr (AFP) - 15h44 - Les lieux dans lesquels étaient regroupés, dans le nord de Bangui, les ex-combattants de la rébellion centrafricaine ayant porté François Bozizé au pouvoir étaient totalement vidés de leurs occupants lundi à la mi-journée, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'ancien camp militaire du PK 11 (point kilométrique 11) ainsi qu'un terrain vague où s'étaient regroupés, dans le nord de la capitale, entre 300 et 500 (bien entre 300 et 500) Centrafricains et Tchadiens depuis le 17 avril et un affrontement armé avec l'armée centrafricaine, étaient totalement vides, selon ce journaliste.

Environ 200 hommes du Bataillon mixte d'Intervention et d'appui (BMIA), récemment formé par l'armée française pour lutter contre l'insécurité étaient déployés dans ce secteur, ainsi que des éléments de la gendarmerie et des forces de police.

Deux convois transportant environ 200 ex-combattants, centrafricains et tchadiens, ont quitté Bangui dimanche soir en direction du nord de la Centrafrique et de la frontière tchadienne, a indiqué le conseiller en communication de la présidence centrafricaine, Alain Georges N'gatoua, à l'AFP.

Selon lui, "un contingent de deux cents ex-libérateurs qui n'a pas pu, pour des raisons techniques, être embarqué, a été rassemblé dans un camp militaire et placé sous surveillance des militaires de la Cémac", la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale.

M. N'Gatoua a précisé que les ex-"libérateurs" avaient quitté Bangui, "pour certains, en compagnie de leur famille, après avoir perçu des indemnités" dont il n'a pas donné le montant.

Les deux convois étaient escortés par les militaires de la force de paix de la Cémac et de l'armée centrafricaine, a-t-il ajouté.

Entre 300 et 500 ex-"libérateurs" avaient affronté le 17 avril l'armée centrafricaine après avoir érigé des barricades dans le nord de Bangui pour réclamer des "indemnités" pour leur participation au coup d'Etat du 15 mars 2003 qui avait porté M. Bozizé au pouvoir et renversé le président Ange-Félix Patassé.

Le 22 avril au soir, des tirs, notamment d'armes lourdes, avaient également été entendus pendant près de deux heures dans le nord de la capitale.

Environ 200 "ex-libérateurs" ont quitté le nord de Bangui

BANGUI, 26 avr (AFP) - 14h12 - Quelque 200 Centrafricains et Tchadiens, ayant participé à la prise du pouvoir en Centrafrique de l'actuel président François Bozizé, ont quitté Bangui dimanche vers le nord du pays et le Tchad, ont indiqué lundi des sources concordantes à l'AFP.

"Les 200 ex-libérateurs partent à destination de Sibut, Kaga-bandoro, Batangafo et Kabo au nord de la Centrafrique, et du Tchad", à bord de véhicules de la force de la Communauté économique des Etat d'Afrique centrale (Cémac), a indiqué une source proche de la présidence, sous le couvert de l'anonymat.

Le départ des ex-rebelles pro-Bozizé du nord de Bangui, où ils avaient échangé des tirs à deux reprises les 17 et 22 avril avec l'armée centrafricaine, a été confirmé sous le couvert de l'anonymat par un membre du cabinet du commandant de la Cémac en Centrafrique, le colonel gabonais Jean-Claude Ella Ekhoga.

Des ex-libérateurs tchadiens devraient également être rapatriés par avion cette fois, a ajouté la source proche de la présidence, sans préciser la date.

"Une centaine d'autres ex-libérateurs tchadiens, ayant été incorporés dans les forces armées centrafricaines, mais qui ont rejoint leurs compagnons lors des évènements survenus dans le nord de Bangui, se trouvent maintenus à la base militaire de M'poko, état-major de la force Cémac", a poursuivi cette source.

Le 24 avril, un compromis avait été trouvé entre les ex-"libérateurs" et leur ancien chef, l'actuel chef de l'Etat François Bozizé, qui réclamaient des "indemnités" pour leur participation au coup d'Etat du 15 mars 2003 qui l'a porté au pouvoir et a renversé le président Ange-Félix Patassé.

Le 17 avril, ces ex-rebelles avaient érigé des barricades dans l'extrême nord de Bangui, lieu de résidence du président Bozizé, et s'en étaient pris à la population.

Un affrontement armé les avaient alors opposés à l'armée centrafricaine, appuyée par la force Cémac faisant 7 morts et 15 blessés.

Des tirs, notamment des détonations d'armes lourdes, avaient été ensuite entendus le 22 avril, durant une partie de la soirée, au cours desquels deux soldats centrafricains avaient été blessés. Aucun bilan n'avait été communiqué côté rebelles.

Les clauses du compromis n'ont pas été rendues publiques, mais les candidats au retour à la vie civile ont reçu 300.000 francs CFA (457 euros) selon ex-combattants de la rébellion conduite par François Bozizé, 500.000 FCFA (762 euros) selon une source proche de la présidence.

"Ils seront ensuite rappelés par la voie des ondes à temps opportun, pour revenir à Bangui aux fins de prétendre aux indemnités de démobilisation", a ajouté cette source.