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Avr. 27, 2004 - 10:17 International : Centrafrique : Les mercenaires réclament leur prime.Après avoir porté le président François Bozizé au pouvoir, ils attendent de passer à la caisse. Claude Tadjon Roulés dans la farine et répudiés
du côté tchadien comme du côté centrafricain, les " libérateurs
", nom donné aux ex-rebelles ayant porté le président
centrafricain François Bozizé au pouvoir le 15 mars 2003, sont abandonnés
à leur sort. Il n'en fallait pas plus pour qu'ils se
"rabattent" sur Bangui, avec pour leitmotiv de se faire "dédommager".
C'est vrai que le terme est employé juste pour des motifs de convenance
diplomatique car, en réalité, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un
maquillage de "prime de mercenariat." Après la visite du président Bozizé au Gabon, les autorités
centrafricaines avaient demandé vendredi dernier "l'arbitrage"
du Tchad, où se sont rendus des ex-libérateurs, un officier gabonais de
la force de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (Cémac)
et le fils du chef de l'Etat centrafricain, Francis Bozizé. A N'Djaména,
le capitaine Abakar Sabon, qui se présente comme le porte-parole des
ex-rebelles, a indiqué ne pas être au courant de ce compromis, tout
comme Francis Bozizé, qui a rencontré samedi le président tchadien
Idriss Deby pour lui rendre compte de la situation en Centrafrique.
L'issue des négociations de samedi a été "immédiatement délivrée"
par M. Bozizé "aux imams des mosquées de Bangui, au secrétaire exécutif
du Mouvement patriotique du salut à Bangui (Mps, parti au pouvoir au
Tchad) à Bangui, à l'ambassadeur du Tchad à Bangui", réunis au
Palais présidentiel, poursuit le communiqué. Propulsé à la tête de la
Centrafrique, le général Bozizé trouve désormais ses amis tchadiens
quelque peu encombrants. Il aura été remarqué et martelé par plusieurs
organisations de défense des droits de l'homme, que lors de la prise de
Bangui les " libérateurs " ou ex-rebelles n'avaient pas du tout
été courtois à l'égard de leurs hôtes centrafricains. Ceux-ci les
accusent d'avoir pillé leurs commerces et, pire, de s'être abusivement
servis de leurs femmes. Du coup, naguère adulés, les " libérateurs
" se sont retrouvés au banc des accusés. Ayant depuis longtemps
troqué les tenues de combat contre les costumes amples de technocrate
chevronné, Bozizé ne semble plus sur la même longueur d'onde que ses
ex-alliés. Ancien chef d'Etat major des forces armées centrafricaines,
il est originaire de Bossangoa, région frontalière du Tchad appartenant
à l'influente ethnie Gbaya. François Bozizé avait déjà tenté, en
1981, un premier coup d'Etat contre le général André Kolingba.
En fuite, il s'est réfugié à Cotonou (Bénin). Il fut ramené manu
militari à Bangui. Humilié et maltraité par Kolingba, qui va l'incarcérer
pendant deux ans, Bozizé sera libéré et connaîtra la galère. A
l’arrivée au pouvoir en 1993 de Patassé, il retrouvera ses droits
civiques lors d'un procès qu'il gagnera. A la faveur de plusieurs
mutineries que connaîtra le régime de Patassé, celui-ci fera appel à
lui pour réorganiser les forces armées centrafricaines (Faca).On l'a
soupçonné d'être derrière le coup d'État manqué du 28 mai 2001, réclamé
par le général André Kolingba. Début novembre, il se retranche dans sa
résidence pour échapper à un mandat d'amener délivré par la
commission mixte d'enquête judiciaire sur cette tentative de putsch. Il
s'oppose par les armes à son arrestation pendant plusieurs jours avant de
prendre la fuite et se réfugier dans le sud du Tchad, déclenchant une
vive tension entre les deux pays. François Bozizé reviendra dans son
pays à la tête d'une rébellion qui aujourd'hui, semble le prendre en
otage. ©
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