FODEM FRANCE - 02 MAI 2004

COMMUNIQUE DE PRESSE
Dénonçant la volonté de manipulation de la CEMI et de la Communauté financière internationale par le Président François BOZIZE en vue de s’assurer le « contrôle solitaire » du processus électoral à venir.

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Dénonçant la volonté de manipulation de la CEMI et de la Communauté financière internationale par le Président François BOZIZE en vue de s’assurer le « contrôle solitaire » du processus électoral à venir.

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Le FODEM France, considère que l’ordonnance portant création de la CEMI ne permet pas de créer les conditions de liberté, de transparence et de ferplay garantissant un processus électoral « impeccable ». Les dispositions de l’ordonnance violent l’indépendance et l’autonomie financière de la future commission. Le FODEM France, considère également que la baisse des salaires inscrite au budget 2004 rendra la lutte contre l’insécurité et la corruption inefficace, favorisera l’anarchie dans le pays et conduira la transition dans une impasse.

 

Le Président de la république, le général François BOZIZE a promulgué, le 30 avril 2004, l’ordonnance portant création de la CEMI composée de 31 membres. L’ordonnance prévoit que : le Président de la Commission sera choisi par le Président BOZIZE parmi les personnalités de son choix ; que les Sous-préfets, Maires et Chefs des postes de contrôle administratif (PCA) en sont membres de droits ; que le budget électoral sera détenu par le trésor public qui assurera les encaissements et décaissements.

 

Le 02 mai 2004, le président François BOZIZE a promulgué le Budget 2004 en vue de remplir les conditions fixées par la dernière mission conjointe de FMI et de la Banque Mondiale en y maintenant contre les avis du Conseil National de Transition, des syndicats et de la société civile, un abattement sur les salaires de plus de 300 000 F CFA (457 EUROS) de la fonction publique selon un taux progressif allant de 20 à 30%.

 

Ces décisions du Président BOZIZE sont en contradiction totale avec : les recommandations de la Communauté Internationale, du Dialogue National, les avis du Conseil Nation de Transition et l’esprit de consensus nécessaire à la réussite de la transition consensuelle. Elles démontrent la volonté manifeste du Président François BOZIZE de s’assurer le contrôle du processus électoral en vue de se porter candidat à sa propre succession.

 

Le FODEM France rappelle que les hauts salaires concernent essentiellement les officiers des forces de défense et de sécurité ainsi que les magistrats, « Les centrafricains se plaignent déjà des actions néfastes des groupes militaires incontrôlés, des coupeurs de route qui dépouillent la population sur nos routes de province, mais si, ceux qui sont chargés de combattre ces méfaits étaient, eux aussi frappés à la caisse, il y aurait là une sainte alliance contre les recettes du trésor public. » Charles MASSI – Les dangers de la gestion solitaire de la transition. (Fodem.org - Mars 2004)

 

Le FODEM France rappelle également que lors de sa visite à Bangui le 04 avril 2004, M. de Bonnecorse avait estimé que « Pour qu'il y ait un président suffisamment fort, il doit être légitime, donc issu d'un processus électoral impeccable… la Communauté internationale… doit préparer en amont ce processus","Elle doit mettre la pression nécessaire sur les autorités en charge, c'est à dire l'exécutif, mais aussi le CNT et les partis, de façon à imposer certaines règles de fair-play dans le jeu électoral », (Source AFP).

 

 

Le FODEM France en appelle à la communauté internationale pour qu’elle conditionne son soutien financier et technique au processus électoral, à la mise en place d’une commission électorale mixte et indépendante (CEMI) offrant toutes les garanties d’indépendance et d’autonomie propre a assurer un retour à un ordre constitutionnel normal « véritable ». Il demande à la Communauté Internationale en général, au FMI, à la Banque Mondiale, à l’Union Européenne, aux Etats de la CEMAC et à la France en particulier, de conditionner leurs aides, à la promulgation d’un budget permettant de mobiliser les ressources nationales sans baisser les salaires des fonctionnaires.

 

Le FODEM France réaffirme son attachement au dialogue et au consensus comme seule voie pouvant nous permettre de restaurer la Paix et la Prospérité du peuple centrafricain. Il invite les autorités dirigeantes de la transition ( à savoir le Président BOZIZE et son gouvernement) à honorer les engagements pris devant le peuple centrafricain au soir du 15 mars 2003 et à appliquer les résolutions et recommandations issues du dialogue national qui s’est tenu à Bangui du 09 septembre au 15 octobre 2003.

 

Fait à Orléans, le 02 mai 2004

Pour le Bureau,

Jean Charles BANDIO BHO

Président du FODEM France.