|
|
|
BANGUI, 6 mai (AFP) - 20h24 - Le Conseil national de transition (CNT), Parlement centrafricain de transition, a interpellé jeudi à Bangui le gouvernement sur un éventuel retour des "ex-libérateurs", qui avaient récemment réclamé par les armes des indemnités pour avoir aidé François Bozizé à prendre le pouvoir. "Lorsqu'ils auront dépensé la somme de 300.000 francs CFA (457 euros) qui leur a été versée, ils reviendront. Parce qu'on ne sait pas exactement combien leur avait été promis", s'est inquiété un membre du CNT lors d'une séance consacrée au sujet en présence du ministre délégué à la Sécurité publique et au Désarmement, Jules-Bernard Ouandet, et du chef d'état-major des Forces armées centrafricaines, le général Antoine Gambi. Quelque 500 anciens partisans de la rébellion à la tête de laquelle François Bozizé a pris le pouvoir le 15 mars 2003 avaient affronté l'armée centrafricaine mi-avril dernier dans le nord de Bangui pour réclamer des "indemnités". Ces ex-rebelles, dont de nombreux Tchadiens recrutés dans leur pays où M. Bozizé avait trouvé refuge en novembre 2001, avaient quitté Bangui fin avril à destination du nord de la Centrafrique et de la frontière tchadienne, après un compromis avec les autorités centrafricaines et le versement d'une "prime". Certains membres du CNT ont également souligné le "danger" représenté par les nombreuses armes que ces ex-rebelles sont réputés avoir caché en province. "Beaucoup avaient récupéré des armes (...) qu'ils ont cachées dans la brousse. Ils savent où sont ces armes et peuvent les reprendre à tout moment. Donc, nous sommes toujours en danger", a déclaré l'un d'eux. Des conseillers ont également dénoncé "l'attitude passive du gouvernement", qui a, selon eux, laissé agir seul le président Bozizé, qui avait discuté directement avec ses anciens compagnons d'armes pour régler cette crise. Depuis son arrivée au pouvoir, M. Bozizé est parvenu à rétablir un semblant de sécurité dans la capitale, mais une bonne partie de la province de ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale reste soumise à la loi des "zaraguinas" ou "coupeurs de route". Dans les rangs de ces bandits de grand chemin qui dépouillent les voyageurs, figurent de nombreux "ex-libérateurs". |
|