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La nouvelle est persistante et la rumeur s’intensifie dans la ville. Les prises de position et les joutes oratoires du CNT dérangent au point que certains conseillers occultes des personnalités de premier plan ne supportent pas la liberté que s’arroge l’organe consultatif de la transition. Le CNT serait un organe dangereux et un nid d’opposants qui souhaiteraient l’échec de la transition. La nouvelle est persistante et la rumeur s’intensifie dans la ville. Le bureau du CNT est au courant de cette probabilité et se demande qui en veut autant au Conseil National de Transition à ce point. Ce qui est certain, les prises de position et les joutes oratoires du CNT dérangent au point que certains conseillers occultes des personnalités de premier plan ne supportent pas la liberté que s’arroge l’organe consultatif de la transition. Ces mêmes conseillers occultes , pour justifier une prise de décision qui les arrangerait, prétendent que le Conseil National de Transition cherche à mettre les bâtons dans les roues du régime. Les mêmes proches avancent comme arguments que les décisions du CNT allaient à contre-courant de celles du gouvernement pourraient créer un désordre difficile à rattraper. Cette thèse ferait donc du CNT, un organe dangereux et un nid d’opposants qui souhaiteraient l’échec de la transition. Ce complot contre le CNT a été ourdi de manière minutieuse. Malheureusement pour eux, et heureusement pour le CNT, certaines de ces éminences grises ont été trop loquaces. La nouvelle de la décision concoctée est très rapidement parvenue à certains partenaires au développement parmi les plus avisés. La décision pouvait tomber d'un moment à l'autre et certains membres du gouvernement y seraient favorables. Le péché du CNT ou plutôt le crime de lèse-majesté est de s’être opposé farouchement à l’abattement des salaires et d’avoir osé retouché les textes concernant la CEMI. Pour les conseillers nationaux, ils n’ont fait qu’analyser des textes qui leur étaient proposés et d’avoir donné leur avis. Ils avancent qu’ils font ce travail en leur âme et conscience afin d’éviter des dérives qui seraient préjudiciables à la transition. Mais les détracteurs avancent que le CNT est un fourre-tout qui ne doit son existence qu’à la seule volonté du président François Bozizé. Si cet argument est probant, les détracteurs du CNT ignorent totalement dans quel contexte a été mis en place le parlement de transition. Le 16 mars 2003, le général Bozizé dans une de ces déclarations avait pris l’engagement devant la communauté nationale et internationale de créer une instance qui remplacerait l’Assemblée nationale dissoute. Les présidents David Dacko et André Kolingba en seraient les membres honoraires. Le Président François Bozizé a tenu promesse et en fin mai , le Conseil National de Transition, un organe consultatif a vu le jour. Le CNT a demandé et obtenu l’immunité pour les conseillers dans l’exercice de leurs fonctions. Ils ont également lutté et obtenu des indemnités dont la rondeur crée des envieux. Le mérite du CNT est d’avoir regroupé toutes les entités, socio-professionnelles, même si la presse a été allègrement oubliée. Le CNT a conscience qu’il n’est qu’un organe consultatif, mais ce statut ne l’empêche pas d’être très critique par rapport à certaines positions du gouvernement. Comment faire d’une instance regroupant tant d’esprit avisés une simple caisse de résonance ou une chambre d’enregistrement ? Le CNT aura bientôt un an et pourra souffler sa première bougie. Après un an de fonctionnement, c’est maintenant qu’on trouve à diaboliser le CNT. S’il fallait dissoudre le Conseil National de Transition, le président François Bozizé l’aurait peut-être fait lors de la cacophonie entre cet organe et le gouvernement dirigé par Abel Goumba. Le chef de l’Etat ne l’avait pas fait en ce moment là et a préféré démettre l’ancien Premier Ministre de ses fonctions et lui trouver un poste de Vice-Président de la République. Il n’occupe plus la situation de fusible qui était le sien. La tâche ingrate est dévolue à M. Célestin Leroy Gaombalet dont le gouvernement est confronté à d’inextricables problèmes dont les salaires qui accusent aujourd’hui quatre mois d’arriérés. Le Président de la République, chef de l’Etat sait que c’est de lui qui est né le CNT. Il n’a jamais usé de narcissisme à ce sujet. Il sait aussi la force de cette institution raffermit et vivifié l’expérience de la jeune démocratie centrafricaine. Beaucoup de pays ont tenté l’expérience du parlement de Transition, mais ils ont échoué. Or le cas centrafricain est un succès et mérite d’être cité en exemple. Jusqu’où les détracteurs du CNT veulent-ils pousser le chef de l’Etat ? Malgré les pressions, le silence actuel du président Bozizé désoriente les détracteurs du CNT. Impassible, le Président de la République écoute mais il est conscient que les Actes Constitutionnels N° 1 et 2 du 15 mars 2003 lui confèrent le pouvoir régalien. Il sait aussi qu’il ne peut en user abusivement. Ce qui est vrai, certaines têtes au CNT ne plaisent pas à certains courtisans. Mais consensus oblige, il faut faire avec, malgré certaines turpitudes et des écarts de langage. La prochaine Assemblée Nationale n’aura certainement pas la même configuration que le CNT et la Transition n’a que quelques mois à vivre. Est-ce le moment de prendre une décision aussi grave que celle de dissoudre le CNT ? l’interrogation mérite réflexion, car la dissolution ne pourra que desservir notre pays au lieu de le servir. Patassé avait fait de l’Assemblée Nationale une caisse de résonance. La tentation lui est vite venue de verser dans l’autocratie. Avec les années d’enfer, le centrafricain est devenu politiquement mûr et nourrit des craintes pour la dictature et la gestion personnelle du pouvoir. Tous ces paramètres ont été analysés par le Président Bozizé avant qu’il ne se pose en sauveur. Sauveur et despote tout diamétralement opposés. Les leçons d’un passé récent sont encore tellement présent et que le centrafricain a horreur des réactions épidermiques de ses dirigeants. Curieusement, ce sont les mêmes maîtres à penser de Patassé, qui ont longuement flirté avec un régime d’oppression qui pensent se faire une virginité politique en se positionnant comme conseillers du chef de l’Etat. ils ont une part de responsabilité dans l’oppression et le ballonnement du peuple. Le pardon est certes sincère, mais l’absolution n’est pas mécanique. Les idées perverses d’antan sont surannées. La dissolution du CNT ne germe que dans l’esprit de ceux qui veulent voir capoter la Transition. Ce sont eux les vrais fossoyeurs de la démocratie, car ils n’acceptent pas la contradiction qui permet à la lumière de jaillir . Dinawadé-Kitoko |
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