Association loi 1901
– J.O N°152 du 30.06.1984
A
l’initiative du Collectif des Centrafricains en France, plusieurs partis
politiques centrafricains représentés sur le territoire français ont
accepté de s’asseoir autour d’une table pour analyser, débattre et
échanger publiquement leur point de vue sur le thème « Un an après l’instauration de la transition consensuelle en République
Centrafricaine : quel bilan social, économique et politique peut-on
en tirer ? »
Un
deuxième point était inscrit à l’ordre du jour : « Informations
et analyses des travaux du Conseil National de Transition et du Dialogue
National par les représentants des Centrafricains de l’étranger au
CNT ».
Convoquée
pour 14 heures, la journée d’échanges qui s’est déroulée à l’EUROSITE
Plaine Saint Denis (région Parisienne) a débuté à 14 heures 30.
Après
un message de bienvenue, le président du Bureau Exécutif du CCF a invité
les compatriotes à observer scrupuleusement le principe d’un débat
contradictoire, mais serein, franc et loyal dans le respect réciproque.
Malgré cette mise au point, deux compatriotes ont tenté
d’interdire au représentant du MLPC d’apporter sa contribution à
cette journée, par des interventions intempestives, des blocages de procédure,
des menaces qui ont suscité l’indignation générale et légitime de la
salle. Il a fallu une bonne dose de patience, de tolérance pour tenter de
les convaincre de la nécessité d’un débat contradictoire. N’ayant
pu ramener ces deux compatriotes à la raison, ils ont été priés de
quitter la séance pour permettre le bon déroulement de la Journée.
Finalement la journée a commencé aux alentours de 16
heures et s’est déroulée normalement.
Les partis politiques ci-dessous ont été représentés :
- Mouvement
de Libération du Peuple Centrafricain ( MLPC) par Lin BANOUKEPA
- Rassemblement
Démocratique Centrafricain (RDC) par Simplice ZINGAS
- Front
Patriotique pour le Progrès (FPP) par Simon-Pierre KOYT
- Parti
de l’Unité Nationale (PUN) par Max NGOUABAUD
- Forum
pour la Démocratie (FODEM) par Jean-Charles BANDIO-BHO
- Mouvement
pour la Démocratie, l’Indépendance et le Progrès Social (MDI-PS)
par Jean-Paul ENZA
Organisation
politique, le Comité d’Action pour la Conquête de la Démocratie en
Centrafrique (CACDCA) a été représenté par François PASSEMA-ENDJIAGO.
Ont aussi participé à la journée à titre personnel
(c’est-à-dire sans prise de paroles au nom de leurs partis) le représentant
du Mouvement pour l’Evolution Sociale en Afrique Noire (MESAN), Naïsse
PAMBA, et le représentant de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès
(ADP), Alphonse PELOFE.
1)
Sur
l’intervention des représentants des partis politiques par rapport au
bilan du régime issu du changement du 15 Mars 2003
Des
diverses interventions des organisations politiques représentées, trois
tendances se dégagent :
- Celle
qui constate un bilan négatif un an après l’instauration du régime
de la transition consensuelle : rien a changé si ce n’est le
fait que le Général BOZIZE a remplacé PATASSE à la présidence de
la République, Abel GOUMBA et Célestin GAOMBALET ont successivement
remplacé Martin ZIGUELE à la Primature. Le régime de la transition
est au pied du mur, les salaires subissent de nouveaux arriérés de
paiement et sont mêmes amputés de 30%, le budget national de l’année
en cours et un programme d’urgence de relance socio-économique sont
absents…
- Celle
qui affirme qu’il est hasardeux de faire un bilan alors que la
feuille de route est en cours de réalisation et tout est à
reconstruire : si le régime de la transition a échoué, c’est
l’échec de tout le monde.
- Enfin
celle qui constate un bilan positif : la chasse aux
fonctionnaires véreux entamée sous la primature du Professeur Abel
GOUMBA suit son cours avec détermination, les négociations positives
avec la CEMAC, la Chine, le FMI et l’Union Européenne ont abouti à
l’injection de plusieurs milliards de FCFA dans l’économie
nationale…
2)
Sur
l’intervention des représentants des centrafricains de l’étranger au
Conseil National de Transition
Pour des raisons d’urgence professionnelle
et donc indépendantes de sa volonté, le Professeur Raymond Max SIOPATHIS,
l’un des représentants des Centrafricains de l’étranger au CNT n’a
pu être présent.
De l’intervention liminaire de Monsieur
Laurent NGAIBONA, on peut retenir que le choix des représentants des
Centrafricains en France au Conseil National de Transition est lié au
fait que, d’une part, ces derniers s’étaient impliqués activement au
sein de la Coordination des Patriotes Centrafricains (CPC), organisation
créée à Paris le 7 décembre 2002 pour le renversement par tous moyens,
y compris militaire du régime précédent. D’autre part, pour des
raisons économiques, Monsieur Laurent NGAIBONA et le Professeur Raymond
Max SIOPATHIS n’ont pu participer aux différentes sessions du Conseil
et encore moins du Dialogue National. Ce qui fait qu’il n’est pas en
mesure de présenter une synthèse ou d’analyser les travaux du CNT et
du Dialogue national. Enfin, les membres du CNT ne sont pas des députés,
mais ils assistent par leurs avis, recommandations, etc. le Chef de l’Etat
et le gouvernement dans les prises de décision sur des questions
nationales importantes.
3)
Sur les échanges
entre le public et les différents intervenants
Des séries de questions posées par le public et des réponses
apportées par les intervenants, nous pouvons relever les points suivants :
- La
préoccupation des uns et des autres quant à l’insécurité qui règne
encore sur la quasi-totalité du territoire national et qui bouche l’horizon des élections transparentes,
libres, crédibles et loyales
- La
question de la gestion consensuelle et de la bonne gouvernance qui
semble être maintenant très loin des préoccupations des principaux
responsables du régime de la transition
- La
possible candidature du Général BOZIZE à l’élection présidentielle
et ses conséquences militaires et politiques
- Les
positionnements obscurs des différentes composantes politiques du régime
de la transition consensuelle : « un pied dedans, un pied
dehors »
- Le
pétrole à cheval entre le Tchad et la RCA déjà exploité par le
premier : le gouvernement centrafricain n’a pas une position
claire et résolue sur ce problème épineux
- Les
questionnements internes sur le renouvellement des instances
dirigeantes et le fonctionnement des partis politiques tels que :
le MLPC et le RDC.
La séance a pris fin à 19 heures après un pot d’amitié.
4)
En guise de
Conclusion
La tenue et la réussite de cette Journée est une victoire
incontestable sur les divisions, la haine, les querelles entretenues par
les ennemis du peuple centrafricain, et appellent de la part du Collectif
des Centrafricains en France ainsi que des organisations politiques ou
associatives l’initiation d’autres échanges et débats de même
nature. Tel est d’ailleurs le vœu manifesté par le public venu très
nombreux participé à cette journée.
La
journée aurait gagné en qualité si les intervenants et le public
avaient eu le temps d’aborder avec une profondeur de vue certains
aspects brûlants de la situation nationale, pour en dégager les
perspectives de lutte :
· l’insécurité
qui bouche l’horizon des élections transparentes, libres et crédibles
· la
question de la souveraineté nationale qui conduit à se demander si la
paix sera maintenue de façon permanente et durable après la fin de la
transition
· l’assainissement
des finances publiques et l’augmentation de la masse salariale
· le
système sanitaire et éducatif complètement délabré
· la
réhabilitation et la restructuration des forces armées centrafricaines
composées de toutes les ethnies sans exclusive, etc.
La forte participation des formations politiques et des
compatriotes témoignent de la volonté inébranlable de trouver ensemble
les voies et moyens de sortir la République
Centrafricaine de la misère inadmissible dans laquelle elle est plongée
depuis des décennies.
Pour
le Bureau Exécutif du CCF
Le Sécrétaire Général
André DOUNGOUMA-FOKY
Le
Collectif des Centrafricains en France invite,
Samedi 17 avril 2004 :
Un an
après l’instauration du régime dit de la Transition Consensuelle en
République Centrafricaine (2003-2004)