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Arrivé au pouvoir le 15 mars 2003, à la suite d’un coup d’Etat contre le président Ange Felix Patassé, le général putschiste François Bozizé a été accueilli à Bangui comme un libérateur, un sauveur. A l’image d’un certain général Robert Guéi, qui avait déposé le président ivoirien, Henri Konan Bédié, un 24 décembre 1999. Comme Robert Guéi, dont le coup contre Bédié, alors discrédité par une série de scandales politico-économiques, a été qualifié de “ salvateur ”, François Bozizé a été quasiment porté en triomphe pour avoir bouté hors de la Centrafrique le très controversé Patassé. “ Ce n’est pas un coup d’Etat, mais une révolution populaire ”, avait d’ailleurs clamé le vieil opposant Abel Gumba, qui deviendra plus tard son Premier ministre avant d’être dégommé quelques mois après. Mis au ban de la communauté internationale dès son arrivée aux affaires, le général putschiste a cru bon, pour faire accepter son accession au pouvoir par les armes, de montrer patte blanche. Aussi a-t-il juré, la main sur le cœur, qu’il n’était pas venu s’éterniser au pouvoir. “ Le pouvoir ne m’intéresse pas, je suis venu mettre de l’ordre ”, s’était-il défendu, en réponse à ceux qui le soupçonnaient de vouloir imiter l’exemple du général ivoirien Robert Guéi. Puis le temps est passé et l’homme fort de Bangui semble avoir pris goût aux saveurs du pouvoir. Au point qu’il est en train de changer de discours. Dans l’interview qu’il a accordée à Radio France Internationale, au sortir du sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens(CEN-SAD, en anglais) auquel il a été convié, le général Bozizé a laissé deviner qu’il serait candidat aux prochaines élections présidentielles qui auront lieu dans son pays. Répondant en effet à une question de son interlocuteur, qui lui demandait justement s’il serait candidat, l’homme a déclaré en substance : “ Le moment venu, je me prononcerai. Pour l’instant je ne veux pas déstabiliser la mission qui m’a été confiée. Dans tous les cas, c’est le peuple centrafricain qui décidera ”. On croirait entendre Robert Guéi qui, sommé de répondre clairement à la même question plusieurs mois après son accession au pouvoir, répétait inlassablement : “ Laissez-moi avaler ce que j’ai dans la bouche(ndlr, gérer la transition militaire).Et après on verra ”. La suite, on la connaît. Même si comparaison n’est pas raison, tout porte à croire que le frère d’arme du général Guéi est en train de lui emboîter le pas. D’ailleurs, comme son homologue ivoirien qui avait dû se séparer de ses compagnons d’aventure (les généraux Palenfo et Coulibaly) qui voulaient se mettre en travers de ses ambitions, l’homme fort de Centrafrique est, depuis quelque temps, en train d’écarter ses proches collaborateurs, qui lui reprochent d’avoir trahi ses engagements en lorgnant les prochaines élections présidentielles. Après l’ex-Premier ministre Abel Gumba, qu’il a confiné à inaugurer les chrysanthèmes en lui taillant un poste de vice-président, c’est son conseiller et ancien Premier ministre Jean-Paul Goupandé, qu’il a viré du palais présidentiel. En mettant sous l’éteignoir ces potentiels candidats qui risquaient de lui faire ombrage, Bozizé a désormais les coudées franches pour briguer la magistrature suprême en 2005. -- Assane NIADA -- © Copyright L'Inter |
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