L’ABATTEMENT DE SALAIRE
N’A GENERE QUE 93.443.708 F CFA A L’ETAT

                      Le second gouvernement de la Transition face à la rareté des ressources financières nécessaires pour payer les salaires, pensions et bourses d’études a décidé unilatéralement sans une concertation avec les partenaires sociaux d’abattre le salaire des fonctionnaires.

                Malgré l’opposition fondée des syndicats, du Conseil National de Transition et des partis politiques à cette mesure qui trahit l’esprit et la lettre de l’une des recommandations du Dialogue National qui a prôné le réajustement et le paiement régulier des salaires des travailleurs du secteur public, l’exécutif a maintenu sa position.

                C’est ainsi que sur 2.1519 fonctionnaires que compte la République Centrafricaine 1761 appartenant à la haute hiérarchie de l’Administration ont été frappés par cette mesure.

                L’économie générée par cette ponction est de 93.443.708 F CFA. A la lumière de la petite économie générée par l’abattement des salaires d’une certaine catégorie de fonctionnaires, on peut se poser la question de savoir s’il fallait vraiment que le Premier Ministre et certains membres du gouvernement se livrent à un battage médiatique pour sensibiliser l’opinion publique nationale et internationale sur le bien-fondé de cette décision.

                En effet, initialement l’abattement de salaires devait s’étendre à tous les fonctionnaires. Devant les tensions sociales qui pointaient à l’horizon s’est rétracté pour ne viser que les hauts cadres.

                Même dans le second cas, l’exécutif a péché en faisant rétroagir la loi et en imputant les impôts sur le revenu sans tenir compte de cette soustraction d’une partie de salaire. Du coup, les rabattements ont  perdu une bonne partie de leurs dûs.

                En clair, la solution préconisée par le pouvoir crée plus de problèmes qu’elle n’en résoud. Les mesures préconisées par le CNT et visant la réduction du train de vie de l’État, de la taille du gouvernement, à l’assainissement de la filière du diamant, de la forêt et des finances publiques, la poursuite et la traduction en justice des criminels économiques qui ont détourné les dons japonais et libyens sont les plus adaptés.

                Or, depuis que les voix se sont élevées pour exiger les réductions de la taille du gouvernement et du train de vie de l’État, les princes du pouvoir traînent les pas. Pendant ce temps, des dépenses de fonctionnement  sont engagées.

                Ce qui surprend, c’est que le même régime qui prend des mesures pour réduire les salaires des fonctionnaires afin d’avoir les moyens de sa politique, procède à l’intégration des jeunes diplômés dans la fonction publique. Si avec l’effectif de 2159 fonctionnaires, les gouvernants ne parviennent pas à assurer le paiement de salaire quelle sera la situation de ceux qu’ils recrutent nouvellement?

                Les acteurs politiques ne doivent pas perdre de vue que les travailleurs du secteur public n’ont pas connu un réajustement de salaire depuis 20 ans, malgré la dévaluation du F CFA et la hausse du niveau de vie. Ajouter à ce blocage des salaires, l’irrégularité  de leur versement aux ayant-droits.

                Les partis politiques dont le rôle essentiel reste la conquête du pouvoir doivent se pencher non seulement sur la situation des fonctionnaires, retraités et boursiers mais aussi sur l’avenir de la jeunesse.

MCN. M

Des textes importants relatifs à ces scrutins, notamment le projet de Constitution, le texte du Code électoral révisé, le projet de texte relatif aux partis politiques, n'ont toujours pas été adoptés alors qu'ils auraient dû l'être avant la fin mai, selon le calendrier électoral arrêté par les institutions de transition. Les bailleurs de fonds réclamaient même leur entrée en vigueur avant le 30 avril.

La presse centrafricaine émet depuis début juin l'hypothèse d'un report des élections et de la fin de la transition en raison de la lenteur du processus électoral.

Le CNT a été convoqué vendredi par le président Bozizé en session extraordinaire du 15 au 30 juin pour examiner ces différents textes.


REACTIONS

Compatriotes et Amis,

La décision relative à l'abattement prise par le gouvernement continuera toujours de faire couler beaucoup d'encre, dans la mesure où aucun échos n'est favorable. Ni les centrales syndicales, ni la classe politique encore moins la population arrive à comprendre le bien fondé de cette décision anti-sociale.

Le Gouvernement doit faire attention à cette branche que l'on a coupé ailleurs pour planter en République Centrafricaine qui peut ne pas donner de l'ombre comme celle de l'arbre qui a poussé sur place.

Alors, si au niveau de l'Exécutif, le Gouvernement entend réduire 30% sur les salaires et indemnité des quelques 147 de ses membres, alors la même opération devra s'étaler si je ne m'abuse dès le paiement des prochains salaires qui sont déja d'ailleurs aux 21519 fonctionnaires du secteur public qui n'arrêtent pas naturellement de grincer des dents.

Au demeurant, la question bien légitime que l'on peut se poser est celle de savoir quelle pourra être la signification d'une telle réforme jetée à la figure du peuple centrafricain sans avis préalable du CNT pour ne serait-ce qu'à titre d'information ?

Je dois dire qu'autant, le peuple centrafricain aspire à une vie , autant, il s'attend à être stimulé, mobilisé et informé sur des réformes soient-elles utiles.
Ce qui est sûr, c'est que cette procédure met dans l'impasse totale plus d'un centrafricain et à quelques chose malheur est bon, c'est bien évidemment dans un flou artistique orchestré que le Gouvernement a décidé finalement de prélever sur les salaires des fonctionnaires et indemnité des 147 membres de l'Exécutif et du gouvernement pour réaliser des économies disait-on. Mais quelle économie ?
Sachant que lorsqu'on sait déja qu'avec la plus petite économie, on ne parvient pas à mettre à disposition de toutes les couches sociales voire la population rurale pour laquelle les autorités centrafricaines semblent s'en "foutre" éperdument.

Au surplus, il faut souligner qu'abattre le salaire pour payer les salaires, pensions et bourses à terme échu, semble la bonne. Seulement, ce n'est pas un salaire de misère qu'il faut abattre, un salaire de maître de "catéchèse" qu'il faut réduire de quelque pourcentage que ce soit. Il semble justifié à tous que les travailleurs aspirent à un déblocage et une augmentation de salaire et non à pareille réforme qui ne serait que génocidaire vu l'ampleur de la misère sociale.

Mais la moralité de cette jonglerie du pouvoir s'explique par le fait que la transition fait à l'heure actuelle une poussée de fièvre, car depuis quelques mois maintenant, la grogne se fait sentir partout et à tous les niveaux.
ça bouge au front social, avec les arriérés de salaires, bourses et pensions sont les maîtres mots. Aussi, l'on constate, qu'Etudiants, enseignants, fonctionnaires et retraités n'en peuvent plus. Si les Etudiants et enseignants manifestent ouvertement leur mécontentement, les autres fonctionnaires eux ont choisi la voix détournée et insidieuse de la désertion des bureaux aux heures de pointe etc...

En tout état de cause, la thérapie semble-t-il que le gouvernement veut appliquer aux fonctionnaires et agents de l'Etat je crains qu'elle se retourne contre lui. Médécin soi toi-toi même en quelque sorte.
A mon avis, les mesures concrètes que le Gouvernement devraient prendre sont la réduction de son trin de vie, réduire le nombre pléthorique des départements ministériels, revoir l'organigramme des ministères, de la primature et de la présidence, assainir les finances, débusquer les fonctionnaires fantômes... En clair et en d'autres termes, il s'agit pour le gouvernement de renoncer à la "dolce vitae", à l'improvisation et de comprendre la conduite des affaires publiques comme un sacerdoce.

Enfin et pour en terminé, je dirais que de toutes les manières, l'abattement de salaires des fonctionnaires de l'Etat ne doit à mon avis pas surprendre les observateurs avertis de la vbie socio-politique centrafricaine. Dans la mesure où lors de la visite éclaire des Bailleurs de fonds en Centrafrique, l'on s'attendait à des mesures financières drastiques de la part des autorités . Ces institutions de Bretton-Woods ont sans doute durci les conditionalités. A telle enseigne que dans ces conditions là, l'Etat centrafricain, dans une optique de réguler les balances de payement, doit réduire au maximum ses dépenses publiques, même les plus importantes.

Ce qui est sûr et vrai, ce n'est pas cet abattement de salaire qui pourrait forcément résoudre cette épineuse crise qui frappe ou qui pourrait frapper à plein fouet le trésor public centrafricain. A tout vrai dire, le problème que traverse le pays est global, c'est à dire politique, économique et sécuritaire.

Freddy Béninga


POUR ALLER PLUS LOIN

AFP BANGUI, le 23 février 2004.
RCA: Le FODEM dénonce la baisse des salaires des fonctionnaires

FODEM - FRANCE - le 25 mars 2004.
COMMUNIQUE DE PRESSE
La transition " consensuelle " au pied du mur !

Le FODEM France, rappelle que lors de sa prise du pouvoir,
le Général François BOZIZE avait dit 
"On juge le maçon au pied du Mur !"

FODEM - FRANCE
ANALYSE - 25 mars 2004.
Face aux incertitudes, la Centrafrique retient son souffle !
1 An déjà ! 1 An à peine ! 9 mois encore !

La transition en Centrafrique dérive doucement vers un avenir incertain. L'esprit de consensus, socle fondateur de la "transition " ouverte le 15 mars 2003 par la prise de pouvoir du Président François BOZIZE, s'est effrité sous la pression économique et sociale.
FODEM - FRANCE - 16 mars 2004.