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BRAZZAVILLE, 5 juin (AFP) -
14h25 - Le gouvernement
congolais a admis samedi à Brazzaville que le Congo enregistrait des
importations illicites de diamants des pays voisins, tout en dégageant sa
responsabilité dans ce trafic.
"Il y a des diamants qui rentrent ici, qui échappent autant à notre contrôle qu'au contrôle des pays producteurs. Nous avons des frontières difficilement contrôlées. Nous affirmons notre innocence totale", a assuré le ministre congolais des mines, Philippe Mvouo, dans une déclaration à la presse. Cette déclaration fait suite à une mission d'évaluation de la production congolaise de diamants effectuée du 31 mai au 3 juin à Brazzaville et dans le département de la Likouala (nord), à la frontière avec la République centrafricaine (RCA) et la République démocratique du Congo (RDC), par une délégation d'experts du processus de Kimberley. Ce processus est une initiative internationale soutenue par les Nations Unies et visant à lutter contre le commerce mondial des diamants de la guerre, c'est-à-dire de pierres brutes que les mouvements rebelles utilisent pour financer les conflits visant à déstabiliser les gouvernements légitimes. Au cours de la mission dirigée par Abbey Chikane, ex-président sud-africain du processus de Kimberley, les experts ont survolé en avion les sites d'exploitation artisanale de diamants dans la Likouala et visité les trois comptoirs tenus essentiellement par des hommes d'affaires libanais à Brazzaville. Interrogé par la presse, M. Chikane a déploré l'absence de contrôle de l'exploitation artisanale, de statistiques sur la production et de registres dans les comptoirs d'achat des diamants qui ne mentionnent pas l'origine de certaines pierres. "Les producteurs artisanaux, les collecteurs et les comptoirs doivent tenir des registres qui doivent mentionner l'origine des diamants. C'est justement là où règne le flou. Les diamants produits au Congo sont bel bien mentionnés, mais pas toujours ceux qui rentrent par des circuits illicites", a dit M. Mvouo expliquant que le Congo ne dispose pas de moyens pour contrôler les frontières fluviales et terrestres. Membre du processus de Kimberley depuis mars 2003, le Congo est producteur de diamants depuis les années 60. Cette production, essentiellement concentrée dans la Likouala, est passée de plus de 988.000 carats en 1961 à 4,6 millions de carats en 2003. Les exportations sont de l'ordre de 3 millions de carats par an. Ces diamants sont exportés en Afrique du Sud, enn Suisse et en Belgique. La production et l'exportation prennent en compte aussi bien les produits issus des activités artisanales dans la Likouala que les diamants venant illicitement des pays voisins. Considéré comme un des grands producteurs africains de diamants, la RDC a, à plusieurs reprises entre 2000 et 2002, accusé le Congo de favoriser les importations de diamants exploités dans les zones de conflit de la province de l'Equateur au sud-ouest de la RDC. "Le processus de Kimberley a constaté lui-même que le Congo était producteur de diamants. Mais sa mission nous a fait quelques reproches liés aux manquements administratifs. Nous nous engageons à les corriger avec le concours du processus pour que nous continuions à respecter les normes", a promis M. Mvouo |
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