Boniface VIGNON
Alors, une question,
Monsieur le Président, concernant la R.C.A., à Bangui, il y a eu des
affrontements meurtriers, fin avril, entre la Garde du Président BOZIZE et
les libérateurs d’origine tchadienne.
Est-ce que le Président
BOZIZE n’est pas en train de commettre la même erreur que son prédécesseur
le Président PATASSE en persécutant les tchadiens de Centrafrique ?
Président Idriss DEBY
Je ne sais pas. Vraiment, il
faut lui poser la question quand vous aurez l’occasion de le rencontrer.
Mais, moi je ne comprends
pas. Vous dîtes, je ne sais pas, tchadiens, …….libérateurs tchadiens.
C’est une sous-région qui était l’A.E.F. à l’époque. L’Afrique
Equatoriale Française. Donc, c’était une même zone. Les populations de
cette région-là, ils vivaient ensemble depuis ce temps-là. Donc, il y a
des tchadiens qui sont nés là-bas, leurs pères sont nés là-bas, leurs mères
sont nées là-bas, qui ont grandi là-bas et qui ne parlent que sango. Ils
ne comprennent pas un seul mot du Tchad. Est-ce que ceux-là sont des
tchadiens. Ca c’est ceux-là qu’on dit c’est des tchadiens.
Bon, s’il y a eu quelques
aventuriers. Il y en a partout dans tous les pays (….). Ils ont joué au
mercenariat avec le Président BOZIZE. C’est leur affaire. Maintenant, la
question ça se trouve une question fondamentalement, je dirais, sociale. Ce
n’est pas un problème politique avec les libérateurs. C’est des gens
à qui le Président BOZIZE leur a promis quelque chose. C’est qu’il
n’a pas, peut-être, pu tenir ses engagements, parce qu’il n’avait pas
des moyens. Bon, nous l’aidons à trouver des solutions au niveau de la
CEMAC, nous avons mis un milliard à la disposition du Président BOZIZE
pour désintéresser ces libérateurs qui sont des centrafricains ou, si
vous voulez, d’origine tchadienne, et on aura tous la paix.
Je ne sais pas s’il a fait comme PATASSE, mais personnellement je le
crois pas. Je pense que c’est un homme qui est en train de gérer avec un
calme et puis, une certaine sérénité, les affaires du pays bien que la
Centrafrique, aujourd’hui, connaît des difficultés financières ce qui
l’amène à connaître une situation sociale très difficile. Là aussi,
l’Afrique Centrale a trouvé la solution qui permet de les amener
jusqu’aux élections : 14 milliards de francs CFA correspondant à 7
mois de salaires qui permettra à la République Centrafricaine de
consolider les acquits (internes) et aller aux élections.
RFI - INVITE AFRIQUE - 08 JUILLET 2004
|