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Le vent de remaniement ministériel souffle sans vraiment souffler. Le
gouvernement de transition, qui ne sera pas à sa première épreuve, doit
normalement être remanié. Le président François Bozizé est, selon des
sources concordantes, déterminé à donner un autre souffle à son
gouvernement avant la date butoir qui annoncera les couleurs de la présidentielle.
Rien de tel que de former une équipe pour le moins équilibrée et acquise
à la cause du chef de l’Etat. Ceci n’est que normal si l’on sait que
le général président sera -sauf surprise de dernière minute-
candidat à la candidature.
En dépit du malaise et de multiples contradictions au sein de ce fameux
gouvernement, le président de la République est obligé de jouer aux
prolongations. Il veut certainement prendre tout son temps avant d’agir en
toute intelligence.
Car, au fil des jours, on remarque que les choses ne sont pas aussi
faciles qu’on pouvait l’imaginer. Il faut procéder avec méthode, il ne
faut pas trop frustrer les partenaires et associés d’hier.
La tâche relève donc d’une grande magie politique, et les
observateurs savent dorénavant que le président centrafricain est quelque
peu coincé et bloqué. A l’origine, la «partition» du CPC (coordination
des patriotes centrafricains). Celle-ci est d’autant plus divisée que
certaines voix s’élèvent déjà pour déplorer la gestion de la
transition consensuelle.
Aujourd’hui, beaucoup de signataires des accords qui ont mis en
place la plate forme de l’époque visant à combattre Patassé, s’entraînent
vers l’opposition. Mais pour qui connaît les querelles politiciennes
centrafricaines et les appétits égoïstes des leaders centrafricains, il
se doit de douter de l’efficacité de cette opposition qui aura quelque
mal pour sortir un seul et unique candidat contre Bozizé. C’est un fait,
analysent les analystes, à prendre en compte. D’autant que, poursuit-il,
chaque leader compte d’abord sur son charisme et sa renommée. Et Dieu
seul sait l’ambiance qui règne entre les leaders de plusieurs partis
politiques centrafricains.
LES RAISONS DES HESITATIONS
Sur un autre plan, on voit bien combien le remaniement poserait
d’énormes problèmes ici comme à l’étranger. La plupart de ceux qui
sont au gouvernement ne doivent pas obligatoirement à la largesse du président
François Bozizé. Ils auraient, d’après certains sources, financés la rébellion
au Tchad et la CPC à Paris. C’est le cas de MM. Kiticki Kouamba et Abdou
Karim Meckassoua, respectivement ministre de l’environnement et ministre
de l’Éducation nationale, affirment les mêmes sources
Bien évidemment, remercier des gens pareils est une situation qui ne
passera pas inaperçue. Il y aura, à n’en point douter, des bruits qui
feront mal et les détracteurs de l’actuel régime profiteront d’un tel
climat malsain pour jeter l’opprobre sur Bozizé, non sans bénéficier de
l’appui des mécontents.
Mais au-delà, cohabiter avec des ministres filous, qui vendent
à chaque fois les «mèches gouvernementales», est là un obstacle majeur
pour le «futur président de la République».
Pas facile, en tout cas, pour Boz de jeter les bases d’un gouvernement qui
lui sera totalement fidèle, même si la transition est quelque chose de
consensuel. C’est justement cet esprit consensuel qui amènerait l’homme
fort de Bangui à revenir sur sa décision: supprimer les postes des
ministres délégués!
Alors que le parlement provisoire (CNT) avait opté pour ce schéma,
histoire de réduire le train de vie de l’Etat.
Selon les observateurs avisés, ces ministres délégués qui sont
soit leaders des partis politiques, soit parce qu ‘ils appartiennent à
une ethnie influente, auraient promis au chef de l’Etat leur soutien
inconditionnel pendant les élections.
On citera notamment le ministre délégué à la coopération Nditifei
Boysembé et son homologue chargé des Finances, Marboua Mohamed.
Seul, apprend-on, le ministre délégué à la sécurité publique Jules
Bernard Ouandé est inscrit sur la liste des partants. Mais d’autres
rumeurs parlent d’une éventuelle démission du ministre d’Etat Lebouder.
Avec cette nouvelle tournure, on croirait que ce remaniement tant
attendu n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan.
La Rédaction
LA RCA SERA ABSENTE AU SOMMET DE L’UA
Le sommet de l’Union Africaine, qui démarre le mardi 6 juillet 2004 à
Addis Abéba en Éthiopie, se tiendra sans la République Centrafricaine.
Aucun espoir n’est permis, le fauteuil de la République Centrafricaine
sera vide du début jusqu’à la fin. Contrairement au dernier sommet de
l’UA qui a vu la participation de M. Karim Meckassoua, ancien ministre des
Affaires étrangères en qualité de simple observateur, aujourd’hui le
contexte a beaucoup évolué. Et le président de la commission de l’Union
Africaine, Alpha Omar Konaré, est cette fois-ci décidé à appliquer
rigoureusement les textes de cette grande assemblée africaine. Autrement
dit, on ne fera pas de cadeaux à n’importe qui. Surtout pas aux régimes
qui s’installent au travers d’un coup d’Etat. Cependant, cette détermination
d’Alpha Omar Konaré n’est pas du tout partagée par plusieurs
observateurs africains qui trouvent qu’il y a des présidents élus qui
font pire. Ils affament leur peuple et excellent par la dictature sauvage.
En Afrique centrale- le congo-Brazzaville , le Gabon, la Guinée Équatoriale
et le Tchad, malgré l’or noir, les populations croupissent sous le poids
de la misère. Les chefs d’Etat installés démocratiquement n’ont pas
fait assez d’efforts pour changer le quotidien de leur peuple.
De ce point de vue, on ne peut que s’interroger sur le sort reservé
à la République Centrafricaine. Est-ce de manière délibérée? Doit-on
croire que le gouvernement centrafricain n’a pas fait assez d’efforts
pour convaincre la communauté internationale?
Ce sont des interrogations qui trouveront leurs réponses à l’issue
du sommet, les chefs d’Etat et des gouvernements devant donner leur
position face à la situation politique en Centrafrique.
Mais ce que l’on peut souligner, c’est que l’absence de la République
Centrafricaine à ce sommet doit interpeller les autorités centrafricaines
et les pousser à plus de sérieux dans le calendrier du processus de
transition, notamment le plan arrêté pour l’organisation des futures échéances
électorales.
©
2004 Le Confident
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