LE CONFIDENT - le 6 juillet 2004.

Bozizé bloqué , Y aura -t-il remaniement ou pas?

Le vent de remaniement ministériel souffle sans vraiment souffler. Le gouvernement de transition, qui ne sera pas à sa première épreuve, doit normalement être remanié. Le président François Bozizé est, selon des sources concordantes, déterminé à donner un autre souffle à son gouvernement avant la date butoir qui annoncera les couleurs de la présidentielle. Rien de tel que de former une équipe pour le moins équilibrée et acquise à la cause du chef de l’Etat. Ceci n’est que normal si l’on sait que le général président sera -sauf surprise de dernière minute-  candidat à la candidature.

En dépit du malaise et de multiples contradictions au sein de ce fameux gouvernement, le président de la République est obligé de jouer aux prolongations. Il veut certainement prendre tout son temps avant d’agir en toute intelligence.
 Car, au fil des jours, on remarque que les choses ne sont pas aussi faciles qu’on pouvait l’imaginer. Il faut procéder avec méthode, il ne faut pas trop frustrer les partenaires et associés d’hier.
 La tâche relève donc d’une grande magie politique, et les observateurs savent dorénavant que le président centrafricain est quelque peu coincé et bloqué. A l’origine, la «partition» du CPC (coordination des patriotes centrafricains). Celle-ci est d’autant plus divisée que certaines voix s’élèvent déjà pour déplorer la gestion de la transition consensuelle.
 Aujourd’hui, beaucoup de signataires des accords qui ont mis en place la plate forme de l’époque visant à combattre Patassé, s’entraînent vers l’opposition. Mais pour qui connaît les querelles politiciennes centrafricaines et les appétits égoïstes des leaders centrafricains, il se doit de douter de l’efficacité de cette opposition qui aura quelque mal pour sortir un seul et unique candidat contre Bozizé. C’est un fait, analysent les analystes, à prendre en compte. D’autant que, poursuit-il, chaque leader compte d’abord sur son charisme et sa renommée. Et Dieu seul sait l’ambiance qui règne entre les leaders de plusieurs partis politiques centrafricains.

LES RAISONS DES HESITATIONS

 Sur un autre plan, on voit bien combien le remaniement poserait d’énormes problèmes ici comme à l’étranger. La plupart de ceux qui sont au gouvernement ne doivent pas obligatoirement à la largesse du président François Bozizé. Ils auraient, d’après certains sources, financés la rébellion au Tchad et la CPC à Paris. C’est le cas de MM. Kiticki Kouamba et Abdou Karim Meckassoua, respectivement ministre de l’environnement et ministre de l’Éducation nationale, affirment les mêmes sources
 Bien évidemment, remercier des gens pareils est une situation qui ne passera pas inaperçue. Il y aura, à n’en point douter, des bruits qui feront mal et les détracteurs de l’actuel régime profiteront d’un tel climat malsain pour jeter l’opprobre sur Bozizé, non sans bénéficier de l’appui des mécontents.
 Mais au-delà, cohabiter avec  des ministres filous, qui vendent à chaque fois les «mèches gouvernementales», est là un obstacle majeur pour le «futur président de la République».
Pas facile, en tout cas, pour Boz de jeter les bases d’un gouvernement qui lui sera totalement fidèle, même si la transition est quelque chose de consensuel. C’est justement cet esprit consensuel qui amènerait l’homme fort de Bangui à revenir sur sa décision: supprimer les postes des ministres délégués!
 Alors que le parlement provisoire (CNT) avait opté pour ce schéma, histoire de réduire le train de vie de l’Etat.
 Selon les observateurs avisés, ces ministres délégués qui sont soit leaders des partis politiques, soit parce qu ‘ils appartiennent à une ethnie influente, auraient promis au chef de l’Etat leur soutien inconditionnel pendant les élections.
 On citera notamment le ministre délégué à la coopération Nditifei Boysembé et son homologue chargé des Finances,  Marboua Mohamed. Seul, apprend-on, le ministre délégué à la sécurité publique Jules Bernard Ouandé est inscrit sur la liste des partants. Mais d’autres rumeurs parlent d’une éventuelle démission du ministre d’Etat Lebouder.
 Avec cette nouvelle tournure, on croirait que ce remaniement tant attendu n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan.

La Rédaction

LA RCA SERA ABSENTE AU SOMMET DE L’UA


Le sommet de l’Union Africaine, qui démarre le mardi 6 juillet 2004 à Addis Abéba en Éthiopie, se tiendra sans la République Centrafricaine.
Aucun espoir n’est permis, le fauteuil de la République Centrafricaine sera vide du début jusqu’à la fin. Contrairement au dernier sommet de l’UA qui a vu la participation de M. Karim Meckassoua, ancien ministre des Affaires étrangères en qualité de simple observateur, aujourd’hui le contexte a beaucoup évolué. Et le président de la commission de l’Union Africaine, Alpha Omar Konaré, est cette fois-ci décidé à appliquer rigoureusement les textes de cette grande assemblée africaine. Autrement dit, on ne fera pas de cadeaux à n’importe qui. Surtout pas aux régimes qui s’installent au travers d’un coup d’Etat. Cependant, cette détermination d’Alpha Omar Konaré n’est pas du tout partagée par plusieurs observateurs africains qui trouvent qu’il y a des présidents élus qui font pire. Ils affament leur peuple et excellent par la dictature sauvage.
 En Afrique centrale- le congo-Brazzaville , le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Tchad, malgré l’or noir, les populations croupissent sous le poids de la misère. Les chefs d’Etat installés démocratiquement n’ont pas fait assez d’efforts pour changer le quotidien de leur peuple. 
 De ce point de vue, on ne peut que s’interroger sur le sort reservé à la République Centrafricaine. Est-ce de manière délibérée? Doit-on  croire que le gouvernement centrafricain n’a pas fait assez d’efforts pour convaincre la communauté internationale?
 Ce sont des interrogations qui trouveront leurs réponses à l’issue du sommet, les chefs d’Etat et des gouvernements devant donner leur position face à la situation politique en Centrafrique.
Mais ce que l’on peut souligner, c’est que l’absence de la République Centrafricaine à ce sommet doit interpeller les autorités centrafricaines et les pousser à plus de sérieux dans le calendrier du processus de transition, notamment le plan arrêté pour l’organisation des futures échéances électorales.

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