Lettre du Continent
N°450 du 1er juillet 2004

BOZIZE ‘’CLANDESTIN’’ A DÜRSSELDORF

LE PACTE DE REFORME POUR LA MODERNITE

 

On n’en est encore pas revenu, à Düsseldorf, du voyage qu’y a effectué, le jeudi 17 juin, le président de la République centrafricaine, le général François Bozizé !

Arrivé sans prévenir à Dusseldorf par un vol privé d’Air Affaires Gabon, le président François Bozizé a dû attendre dans un coin de l’aéroport que… l’ambassadeur de France confirme aux autorités allemandes qu’il était bien le président de la Centrafrique comme sa bobine l’indiquait sur la photo polaroid…

Il était accompagné d’une petite délégation, dont deux ministres pour faire une ‘’opération financière’’ secrète (d’Etat, bien sûr) montée par un ancien ministre sénégalais. Selon nos informations, il est resté 12 heures à Düsseldorf mais est reparti la mallette légère. Les mauvaises langues disent qu’au salon d’honneur, des ‘’cailloux’’ ont été trouvés sur ses collaborateurs. Seulement sans doute des bijoux de famille.

L’affaire s’est révélée d’autant plus embarrassante que le général président vient de faire venir à Bangui des Italiens, autour d’un ‘’Monsieur Santarolli’’ proche de Vito Roberto Palazzo, bien connu dans les milieux du diamant. Une arrivée qui perturbe des affaires, au demeurant florissante, de tout le monde (pas forcément l’Etat centrafricain!). La société BADICA d’Abdul Karim, le principal bureau diamantaire de la place, continue ainsi de vendre des lots importants à Anvers, tous, bien évidemment, déclarés normalement au BECDOR, la porte de sortie officielle. Autre bienheureuse : la firme IDV, qui assure la contre-expertise officielle du diamant taxé, perçoit toujours 2% de la valeur des pierres exportées (contre 1% ailleurs dans le monde), avec un chiffre d’affaires mensuel d’environ 85.000 $ (pour 15.000 $ de frais, pour le bureau à Bangui et en export). Pas mal. Tout le long de la frontière avec le Cameroun voisin (qui n’a pas signé la certification des diamants du processus de Kimberley), un chapelet de bureaux d’achat prospère également pour alimenter des offices de transit pour le trafic via Brazzaville (le Congo exporte pour 200 millions $, alors que la production locale est évaluée à 20 millions $). De l’autre côté de la frontière, à Zongo, un bureau d’achat… Que du bonheur !

Source ; Lettre du Continent

N°450 du 1er juillet 2004