AFP BANGUI, le 05 août 2004.

Campagne nationale de vaccination contre la polio en Centrafrique


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BANGUI, 5 août (AFP) - 16h31 - Le vice-président centrafricain Abel Goumba a lancé à jeudi à Berbérati (ouest du pays) des journées nationales de vaccination contre la poliomyélite, dont deux cas ont été recensés en juin dans la localité de Gazi (ouest), a annoncé jeudi la radio nationale.

Ces journées se dérouleront en deux vagues, la première du 5 au 7 août et la seconde du 9 au 11 septembre, et devrait permettre de vacciner un total de 677.952 enfants âgés de 0 à 5 ans, soit environ 17% de la population centrafricaine, a expliqué le Programme élargi de vaccinationcentrafricain.

La campagne vise les provinces ouest et sud du pays ainsi que la capitale centrafricaine Bangui, a précisé le PEV.

Elle est menée sur le terrain par des équipes d'agents de santé et de volontaires qui effectuent un porte-à-porte systématique dans tous les villages pour administrer des gouttes de vaccin contre la polio et fournir aux enfants des suppléments en vitamine.

Selon les autorités sanitaires, cette campagne a été décidée après la découverte, au mois de juin dernier, du "poliovirus sauvage" chez deux enfants, un garçon de 2 ans et une fillette de 6 ans, dans la localité de Gazi, l'une des sous-préfectures de la province de Mambéré-Kadéï, frontalière avec le Cameroun.

"Une intervention très vigoureuse (était nécessaire) pour stopper la progression de l'épidémie de la Centrafrique vers les pays frontaliers du Sud (RDCongo, Congo-Brazzaville), ainsi que l'Afrique australe", a-t-on indiqué au

De 1995 à 2003, 353 cas de paralysies flasques aiguës ont été dénombrés en Centrafrique, dont 19 cas de poliovirus sauvage.


Alerte à la polio . L'Oms a confirmé la présence du virus aux frontières avec la Rca.
S. C. E.
C'est lors d'une réunion tenue recemment à Kribi par les médecins avec l'Oms (organisation mondiale de la santé) qu'il a été déclaré des attaques d'un polio-virus sauvage en république centrafricaine. Dès cette annonce, les professionels de la santé opérant dans les localités frontalières se sont mobilisés pour ne pas être supris. C'est dans ce cadre que lors de la dernière réunion de coordination du district de santé de la province sanitaire de l'Est tenue du 28 au 31 juillet 2004, que ce point a figuré parmi les préocupations majeures. Selon le Dr Nono Marie Alphonse, chef de service du district de santé de Garoua-Boulaï : "Dès cette annonce nous avons renconté le sous-préfet de Gbabwa (en RCA)... Il sagit d'une localité nommée Bosambelé situé à 460 km de Garoua-boulaï. Il était aussi question qu'il nous dise ce que les autorités Centrafricaines ont fait lorsqu'on a détecté et confirmé ce virus. Le ministre de la santé centrafricaine a organisé une campagne de vaccinat ion dans cette localité et dans tout l'arrondissement...

Ce que nous avons fait à notre niveau c'est de renforcer la surveillence épidémiologique qui se fait de façon hebdomadaire. Des notifications se font aussi au quotidien".
460 km, n'est certainement pas une distance de sécurité vis-à-vis d'un virus déclaré sauvage. Les inquiétudes sont légitimes dans la mesure où géographiquement, l'Est est une région frontalière avec une perméabilité sans nom. D'autre part, les efforts fournis par les medécins semblent êtrre insuffisants étant donné que la majorité du personnel est recruté et payé sur les fonds Ppte avec seulement quelque médécins qualifiés. Aussi, le besoin de renfort en logistique matérielle et financière demeure grand. Devant une situation pareille, caractérisée par un traffic permanent des populations entre les deux pays , le risque d'attaque reste imminent.

Source: :quotidienmutations.net