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RFI
(K. Frenck): Maître NGOUNGAYE, bonjour !
LCDH (Maître NGOUNGAYE) :
Bonjour !
RFI : La LCDH semble
inquiète quant à l'avenir du processus démocratique en Centrafrique,
pourquoi ?
LCDH : Nous sommes
inquiets pour plusieurs raisons. Notre préoccupation d'abord, c'est de
dire que ce pays qui a connu des soubresauts politiques et militaires
retrouve une stabilité à travers ces élections. Cela veut dire qu'il
faudrait que ces élections soient préparées dans de bonnes conditions
et que tout le monde soit plus ou moins d'accord avec les règles du
jeu.
Malheureusement aujourd'hui, les choses sont en train de prendre une
tournure qui est totalement diamétralement opposée à ces
préoccupations.
Aujourd'hui, alors que le
conseil national de Transition (qui est le parlement provisoire) qui
avait adopté les deux textes fondamentaux, à savoir : le projet de
code électorale et le projet de constitution, a
été complètement court-circuité puisque le gouvernement a
décidé, unilatéralement , de promulguer le projet d'ordonnance
portant le code le code électoral et de retenir tel quel le projet de
constitution sans tenir compte des amendements du CNT. On veut
absolument faire un passage en force.
RFI : La parlement de
transition avait proposé qu'on revienne sur les
propositions issues du dialogue national : un mandat de 5 ans
renouvelable une seule fois pour le président, un premier ministre aux
pouvoirs renforcés, tout cela donc, a complètement disparu ?
LCDH : Absolument,
absolument ! La durée du mandat a été portée à 6 ans par le
gouvernement. Le dialogue s'est fondé sur les difficultés que nous
connu dans le passé ou le premier ministre était de fait l'exécutant
du président de la république. On a voulu, le dialogue a souhaité que
le premier ministre soit quand même doté de pouvoirs convenables et
équilibrés. Malheureusement, la aussi, on
a pas tenu compte de ces recommandations. Je voudrai ajouter si vous
me le permettez qu'en ce qui concerne le montage de la caution à verser
par les candidats. Le gouvernement a décidé de fixer à 10 millions de
Francs CFA (soit 15 milles EURO) le montant de la caution pour les
candidats à l'élection présidentielle, alors est-ce qu'on veut aller
vers la sélection part l'argent ou on veut aller vers la sélection par
la qualité des candidats et par la qualité des projets qui seront
proposés. La aussi ça pose des problèmes.
RFI : Le président
BOZIZE a affirmé le 13 août que ces élections auraient bien lieu et
quelles seront libres et transparentes, cela ne semble pas vous rassurer
?
LCDH : Non, je ne me
sens pas du tout rassuré. Pour qu'il y ait des résultats
incontestables il faudrait que ces élections se préparent dans de
bonnes conditions. Hors, qu'est-ce qu'il se passe depuis un certain
nombre de semaines et de jours. Il y a eu la Liberté
de la presse complètement bafouée, il y a eu par exemple des arrestations
en cascade des anciens dignitaires du régime MLPC. Il a eu
effectivement, la
situation des avocats aussi qui sont intimidés voir qui font
l'objet de menaces. Il y a un climat délétère qui règne
actuellement, on nous parle de bruits de bottes tout le temps. Alors il
y a la question des libertés qui se pose, alors on se pose des
questions tout le temps puisque ce pouvoir ce raidis, il y a une
tendance claire et affiché vers l'autoritarisme ça je le dis et je le
redis encore aujourd'hui.
RFI : Le
processus est en danger selon vous, aujourd'hui en Centrafrique ?
LCDH : Absolument, le
processus de transition est en danger, synonyme de dérive dictatoriale,
ça c'est évident.
RFI : Et la situation
des Droits de l'Homme, elle s'est amélioré à Bangui ces derniers
temps ?
LCDH : Malheureusement
là non plus il n'y a plus aucune amélioration dans la mesure ou ce
sont les forces de sécurité et de défense qui commettent les
infractions voir des crimes et qui bénéficie de l'impunité
totale de la part du gouvernement.
RFI : C'est ce qui vous
a fait dire dans précédent rapport que le
président François BOZIZE était personnellement responsable des
atteintes aux droits de l'Homme.
LCDH : Absolument,
absolument ! A partir du moment ou il est informé de ces faits et bien
on peut considérer qu'il est directement responsable à partir du
moment ou il ne prend pas de mesures de sanctions.
RFI : Que demande la
LCDH aujourd'hui ?
LCDH : La ligue demande
aujourd'hui aux acteurs de la vie politique d'avoir un peu plus de
sagesse !
RFI : Est-ce que vous
demandez au Président
BOZIZE de renoncer à être candidats aux élections
présidentielles ?
LCDH : Mon souhait,
c'est que toutes les personnes chargées de conduire la transition dite
" consensuelle " devraient s'abstenir de se présenter.
Seulement le président Président
BOZIZE c'est un citoyen comme tout autre, il est libre, c'est une
responsabilité personnelle. Et si jamais il souhaitait se présenter.
Ce que je souhaite, moi, c'est qu'il respecte les règles du jeu, pour
qu'il n'y ai pas de contestation le lendemain de ces élections. Sinon
cela créera des frustrations cela donnera lieu à des protestations, a
des crises et le pays risque de se retrouver à la case départ. Ce qui
n'est le souhait de personne !
RFI : Maître NGOUNGAYE,
merci !
LCDH : Je voue remercie
!
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