RFI INVITE AFRIQUE - 27 AOUT 2004.

27/08/2004 - RFI JOURNAL AFRIQUE 5h30
LA LCDH ET LA SITUATION EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
AFP La Ligue centrafricaine des droits de l'Homme accuse le régime de Bozizé

 

RFI Invité Afrique 27 août 2004 : Nous allons parler de la situation en Centrafrique en plein processus de retour à l'ordre constitutionnel. Dans quatre (4) mois ceux sont les élections générales. Eh bien l'avenir de ce processus est en danger d'après la Ligue Centrafricaine des Droits de l'Homme, son vice-président, Maître Nganatouwa NGOUNGAYE WANIFYIO est l'invité de Karine FRENCK.

RFI (K. Frenck): Maître NGOUNGAYE, bonjour !

LCDH (Maître NGOUNGAYE) : Bonjour !

RFI : La LCDH semble inquiète quant à l'avenir du processus démocratique en Centrafrique, pourquoi ?

LCDH : Nous sommes inquiets pour plusieurs raisons. Notre préoccupation d'abord, c'est de dire que ce pays qui a connu des soubresauts politiques et militaires retrouve une stabilité à travers ces élections. Cela veut dire qu'il faudrait que ces élections soient préparées dans de bonnes conditions et que tout le monde soit plus ou moins d'accord avec les règles du jeu.
Malheureusement aujourd'hui, les choses sont en train de prendre une tournure qui est totalement diamétralement opposée à ces préoccupations.
Aujourd'hui, alors que le conseil national de Transition (qui est le parlement provisoire) qui avait adopté les deux textes fondamentaux, à savoir : le projet de code électorale et le projet de constitution, a été complètement court-circuité puisque le gouvernement a décidé, unilatéralement , de promulguer le projet d'ordonnance portant le code le code électoral et de retenir tel quel le projet de constitution sans tenir compte des amendements du CNT. On veut absolument faire un passage en force.

RFI : La parlement de transition avait proposé qu'on revienne sur les propositions issues du dialogue national : un mandat de 5 ans renouvelable une seule fois pour le président, un premier ministre aux pouvoirs renforcés, tout cela donc, a complètement disparu ?

LCDH : Absolument, absolument ! La durée du mandat a été portée à 6 ans par le gouvernement. Le dialogue s'est fondé sur les difficultés que nous connu dans le passé ou le premier ministre était de fait l'exécutant du président de la république. On a voulu, le dialogue a souhaité que le premier ministre soit quand même doté de pouvoirs convenables et équilibrés. Malheureusement, la aussi, on a pas tenu compte de ces recommandations. Je voudrai ajouter si vous me le permettez qu'en ce qui concerne le montage de la caution à verser par les candidats. Le gouvernement a décidé de fixer à 10 millions de Francs CFA (soit 15 milles EURO) le montant de la caution pour les candidats à l'élection présidentielle, alors est-ce qu'on veut aller vers la sélection part l'argent ou on veut aller vers la sélection par la qualité des candidats et par la qualité des projets qui seront proposés. La aussi ça pose des problèmes.

RFI : Le président BOZIZE a affirmé le 13 août que ces élections auraient bien lieu et quelles seront libres et transparentes, cela ne semble pas vous rassurer ?

LCDH : Non, je ne me sens pas du tout rassuré. Pour qu'il y ait des résultats incontestables il faudrait que ces élections se préparent dans de bonnes conditions. Hors, qu'est-ce qu'il se passe depuis un certain nombre de semaines et de jours. Il y a eu la Liberté de la presse complètement bafouée, il y a eu par exemple des arrestations en cascade des anciens dignitaires du régime MLPC. Il a eu effectivement, la situation des avocats aussi qui sont intimidés voir qui font l'objet de menaces. Il y a un climat délétère qui règne actuellement, on nous parle de bruits de bottes tout le temps. Alors il y a la question des libertés qui se pose, alors on se pose des questions tout le temps puisque ce pouvoir ce raidis, il y a une tendance claire et affiché vers l'autoritarisme ça je le dis et je le redis encore aujourd'hui.

RFI : Le processus est en danger selon vous, aujourd'hui en Centrafrique ?

LCDH : Absolument, le processus de transition est en danger, synonyme de dérive dictatoriale, ça c'est évident.

RFI : Et la situation des Droits de l'Homme, elle s'est amélioré à Bangui ces derniers temps ?

LCDH : Malheureusement là non plus il n'y a plus aucune amélioration dans la mesure ou ce sont les forces de sécurité et de défense qui commettent les infractions voir des crimes et qui bénéficie de l'impunité totale de la part du gouvernement.

RFI : C'est ce qui vous a fait dire dans précédent rapport que le président François BOZIZE était personnellement responsable des atteintes aux droits de l'Homme.

LCDH : Absolument, absolument ! A partir du moment ou il est informé de ces faits et bien on peut considérer qu'il est directement responsable à partir du moment ou il ne prend pas de mesures de sanctions.

RFI : Que demande la LCDH aujourd'hui ?

LCDH : La ligue demande aujourd'hui aux acteurs de la vie politique d'avoir un peu plus de sagesse !

RFI : Est-ce que vous demandez au Président BOZIZE de renoncer à être candidats aux élections présidentielles ?

LCDH : Mon souhait, c'est que toutes les personnes chargées de conduire la transition dite " consensuelle " devraient s'abstenir de se présenter. Seulement le président Président BOZIZE c'est un citoyen comme tout autre, il est libre, c'est une responsabilité personnelle. Et si jamais il souhaitait se présenter. Ce que je souhaite, moi, c'est qu'il respecte les règles du jeu, pour qu'il n'y ai pas de contestation le lendemain de ces élections. Sinon cela créera des frustrations cela donnera lieu à des protestations, a des crises et le pays risque de se retrouver à la case départ. Ce qui n'est le souhait de personne !

RFI : Maître NGOUNGAYE, merci !

LCDH : Je voue remercie !

La Ligue centrafricaine des droits de l'Homme accuse le régime de Bozizé

BANGUI, 27 août (AFP) - 13h31 - La Ligue centrafricaine des droits de l'Homme (LCDH) a accusé vendredi le régime du président François Bozizé d'entretenir des rumeurs de coups d'Etat "dans le but de justifier la confiscation du pourvoir" et de faire échec au processus électoral.

"Depuis un certain temps, des rumeurs insistantes de coups d'Etat sont créées par le pouvoir et distillées dans la population. La Ligue centrafricaine des droits de l'Homme exprime sa préoccupation et se demande si elles ne sont pas créées dans le but de justifier la confiscation du pouvoir en faisant échec au processus électoral", a indiqué la Ligue dans un communiqué.

La LCDH a appelé les Centrafricains "à rester vigilants et à ne pas céder à toutes les manoeuvres tendant à perturber le processus électoral et le retour à l'ordre constitutionnel".

Dans la même déclaration, la Ligue s'est par ailleurs insurgée contre les atteintes à la liberté de circulation des personnes provoquées par ces rumeurs de coups d'Etat.

La Ligue cite en exemple le cas du ministre d'Etat à l'Education, Abdou Karim Méckassoua, "empêché de prendre l'avion le 15 août 2004 et qui n'a pu quitter le territoire national que (...) sur ordre personnel du chef de l'Etat".

"Ces faits confirment un durcissement du régime déjà dénoncé par la Ligue centrafricaine des droits de l'Homme et constituent une violation de l'article 13 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme", conclut l'organisation.

POUR ALLER PLUS LOIN !

COMMUNIQUE DU PORTE PAROLE DE BOZIZE EN REPONSE A Me GOUNEGAYE DE LA LCDH SUR RFI
Le Gouvernement centrafricain vient exprimer sa plus profonde indignation et porter le plus grand démenti aux propos tenus ce jour, sur une radio internationale, par le Vice-Président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme.
(CAP)

Droits de l’homme : Bozizé en accusation
La Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH) a accusé vendredi le régime du président François Bozizé d’entretenir des rumeurs de coups d’Etat "dans le but de justifier la confiscation du pourvoir" et de faire échec au processus électoral. La LCDH a appelé les Centrafricains "à rester vigilants et à ne pas céder à toutes les manoeuvres tendant à perturber le processus électoral et le retour à l’ordre constitutionnel".
 27/8/2004 - suite de l'article

LE CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION PIEGÉ PAR LE GOUVERNEMENT
Gouvernement- CNT : Quelle mésentente !
   24/08/2004 LE CONFIDENT
AFP BANGUI, le 20 août 2004.
RCA: Code électoral promulgué, Constitution paraphée, pas de 2e lecture
20.08.2004 DIVISION DU CNT SUR LA SECONDE LECTURE DU PROJET DE CONSTITUTION ET DU CODE ELECTORAL (C.A.P)

AFP BANGUI, le 17 août 2004.
Elections en Centrafrique: le Parlement de transition refuse tout retard
BANGUI, 17 août (AFP) - 14h27 - Le Conseil national de transition (CNT), Parlement centrafricain de transition, a refusé lors de l'ouverture de sa session ordinaire d'être responsable "de tout retard" dans le processus de retour à l'ordre constitutionnel, a annoncé mardi la radio nationale.

AFP BANGUI, le 13 août 2004.
Les élections en Centrafrique auront lieu aux dates prévues selon Bozizé
BANGUI, 13 août (AFP) - 13h01 - Les dates des différents scrutins de retour à l'ordre constitutionnel en Centrafrique, prévus entre octobre et janvier prochains, seront respectées, et ces élections seront "libres et transparentes", a assuré jeudi soir le président centrafricain.


Centrafrique : La situation des droits de l'homme fait toujours rêver
En une année et quelques mois seulement, que des soucis ! Depuis le 15 mars 2003 jusqu’à ce jour, que de rêves jamais concrétisé! Le plus important, notent les observateurs, c’est le respect des droits de l’homme, tant il est clair que les nouvelles autorités de Bangui n’avaient à l’époque de la rébellion cessé de déplorer les multiples violations des droits de l’homme et des libertés individuelles et collectives sous le régime défunt.
Aujourd’hui, au pied du mur-malgré quelques progrès réalisés-on voit combien la tâche devient difficile : «la situation économique et sociale et l’insécurité deviennent alarmantes, la liberté de la circulation, la liberté d’expression et de communication sont gravement menacées ».
LE CONFIDENT - 27/07/2004
AFP BRAZAVILLE, le 10 juin 2004.
RCA: la Ligue des droits de l'Homme veut le respect du calendrier électoral
AFP BANGUI, le 26 mai 2004.
Droits de l'Homme et liberté constamment violés en Centrafrique (avocat)