FORUM DÉMOCRATIQUE POUR LA MODERNITÉ

APPEL AU RÉVEIL NATIONAL

LE PACTE DE REFORME POUR LA MODERNITE


Charles MASSI
Président Fondateur
du FODEM

Centrafricaines, Centrafricains, ne nous voilons plus la face, la République Centrafricaine court un grave danger, victime de l'aveuglement du Sommet de l'État.

Le Président François BOZIZE, candidat confirmé à l'élection présidentielle par " Jeune Afrique l'Intelligent ", vient de planifier, avec son Code Électoral, la confiscation du pouvoir, par la fraude, la force et l'argent, à l'issue des élections présidentielle et législative de janvier 2005.

Faut-il, une fois encore, attendre que nos provinces soient dévastées, que les roquettes tombent sur nos toits, que nos femmes et nos filles soient violentées et nos biens pillés, comme lors de la dernière crise militaire que nous venons de vivre pour, ensuite, nous en remettre à la communauté internationale ?

Le 15 mars 2003, le régime du Président PATASSE, mal réélu, qui avait tourné le dos au peuple, adopté l'intransigeance au Dialogue et aux concessions politiques comme mode de gouvernement, a été renversé par les armes.

Les centrafricains ont salué ce changement et la communauté internationale en a pris acte, comme étant l'unique moyen de sortir du blocage de la vie démocratique.

Le Général François BOZIZE qui a pris la tête de cette Transition dite " consensuelle ", se donnait pour mission de corriger les errements de son prédécesseur et d'organiser des élections transparentes et crédibles, puis se retirer.

A quelques mois des échéances électorales, ce chèque en blanc donné par le peuple centrafricain, dans l'ivresse de la chute du Président PATASSE, au Général BOZIZE, se révèle n'avoir été qu'un marché de dupes. Le masque du libérateur désintéressé n'était que le cheval de Troie de la recherche du pouvoir pour le pouvoir.

Son Projet de Constitution, son Code Électoral promulgué à la sauvette, non seulement réhabilitent les errements de PATASSE mais enterre le consensus réalisé au Dialogue National. La Constitution institue un pouvoir autocratique, le Chef de l'État disposant de la totalité des pouvoirs et l'Assemblée Nationale, reléguée au rôle de chambre d'enregistrement.

Le Code Électoral, parfait manuel de hold-up électoral légal et planifié, enlève toute surprise au résultat des prochains scrutins. Les Présidents des Centres de Dépouillement et les scrutateurs sont nommés par Arrêté du Ministre de l'Intérieur 45 jours avant les scrutins. Cette disposition, qui n'avait pas été examinée par le Conseil National de Transition, a été rajoutée à la dernière minute par le Gouvernement.

De même, latitude est donnée aux Présidents des Centres de Dépouillement, de différer au lendemain le décompte des votes et à placer les urnes en " lieu sûr ", c'est-à-dire au domicile des Sous-Préfets.

Plus grave, les candidats sont sélectionnés, non pas par la compétence mais par l'argent, consacrant le retour au parti unique. Il faut 250.000 F. CFA de caution par candidat à la députation et 10 millions F. CFA à la présidentielle.

Au total, il faudra débourser 40 millions F. CFA de caution en 2005, contre 15 millions F. CFA en 1998/1999 pour participer à la totalité des scrutins.

Si 40 millions F.CFA de caution ne garantissent pas une victoire électorale, investis dans une rébellion armée, ils peuvent se révéler financièrement rentables et déstabiliser durablement un pays.

Le candidat BOZIZE, qui cultive la paranoïa sécuritaire en accusant ses adversaires de préparer des coups d'État et rébellions armées, ne peut oublier qu'il doit sa fonction actuelle à l'intransigeance au Dialogue et aux concessions politiques de son prédécesseur.

Malheureusement, la communauté internationale, la CEMAC et l'Union Européenne, qui avaient reconnu le régime de Bangui, restent muettes devant cette dérive, dit-on, " faute de meilleur candidat ".

Pourtant, en 18 mois au pouvoir et en l'absence de toute opposition, le Général BOZIZE a montré les limites de sa capacité à gérer l'État et s'est révélé incapable de se démarquer des pratiques autoritaires, claniques et familiales du régime de PATASSE qu'il a renversé par les armes.

Les mêmes maux, qui ont provoqué l'immense misère populaire sous l'ancien régime sont revenus avec plus d'acuité :
        - achat massif d'armes de guerre et formation d'une armée familiale parallèle, des escadrons de la mort, pour imposer le hold-up électoral en préparation, alors que les centrafricains subissent famine, pauvreté, misère et meurent, faute de soins ;
        - gestion scabreuse des Finances Publiques, avec la dilapidation des recettes de l'État dans des activités électorales du candidat BOZIZE et la pression de certaines officines sur les Finances Publiques et prédation des ressources naturelles ;
        - multiples, coûteux et infructueux voyages du Président BOZIZE à l'étranger qui assèchent le Trésor Public et certains qui jettent le discrédit sur notre pays, comme le déplacement de Düsseldorf en Allemagne ;
        - atteintes massives aux Droits de l'Homme et impunité pour leurs auteurs, écoutes téléphoniques et surveillances systématiques des adversaires politiques ;
        - volonté de muselage de la presse privée indépendante, de mise au pas des avocats, et mépris ostentatoire envers le Conseil National de Transition ;
        - monopolisation des médias d'État par le couple présidentiel pour discréditer leurs adversaires politiques dans les églises et en province, en les présentant comme les futurs amis des banyamulengués.

Le FODEM rappelle que les banyamulengués ont combattu aux côtés du Chef d'État Major, le Général François BOZIZE, dans la sanglante répression de l'acte salutaire du 28 mai 2001 qui aurait pu mettre hors d'état de nuire le pouvoir anti-démocratique du Président PATASSE et sont revenus à Bangui le 25 octobre 2002, violer nos femmes et nos filles, piller nos biens, à la faveur de l'attaque par sa rébellion.

Devant la gravité du danger qui guette notre pays, le FODEM appelle à la mobilisation de toutes les Forces Vives de la Nation pour exiger l'ouverture du Dialogue, en vue de procéder à la modification du Projet de Constitution, avant le Référendum, et du Code Électoral, pour rétablir le consensus.

Face à l'absence de transparence et de crédibilité des prochaines élections, le FODEM demande solennellement à la Communauté Internationale, notamment à la C.E.M.A.C. et à l'Union Européenne, qui finance le processus électoral, de reconsidérer sa position face aux manœuvres du candidat François BOZIZE, qui portent en elles les germes d'une instabilité politique grave en Afrique Centrale.

Bangui, le 02 septembre 2004

Charles MASSI
Conseiller National
Président du FODEM

OPINIONS - 25 novembre 2004.
CLASSE POLITIQUE : QUAND ALLONS-NOUS ÉVOLUER ?
Par Éric NÉRIS.
BOZIZE, PATASSE, KOLINGBA, GOUMBA, NGOUPANDE, sont tous candidats à la prochaine élection présidentielle qui doit mettre fin à la transition issue du changement du 15 mars 2003 et consacrer le retour à l’ordre constitutionnel normal. Les Centrafricains ont voulu croire que le Dialogue National qui s’est tenu a Bangui du 09 septembre au 13 octobre 2003 allait permettre de rompre avec les pratiques du passé. Depuis, tous les partis politiques le constatent aujourd’hui sur le terrain, la population n’a plus l’intention de « se laisser conter des histoires ». Alors, allons-nous véritablement évoluer dans le bon sens avec les prochaines élections ?

AFP 17 NOV 2004
Élection: 23 partis politiques soutiennent le président centrafricain
FODEM, le 12 nov 2004.
MULTIPLICATION DE PARTIS POLITIQUES ET ORGANISATIONS BIDONS APPELANT A LA CANDIDATURE DU GÉNÉRAL-PRÉSIDENT-AUTOPROCLAMÉ FRANÇOIS BOZIZE

OPINIONS - 02 novembre 2004.
LE CANDIDAT BOZIZÉ ENTRE DÉSIRS ET RÉALITÉS
Par Éric NÉRIS.

Ceux qui auront lu le Publi-reportage publié dans Jeune Afrique l'Intelligent, réalisé par François SOUDAN et commandé par François BOZIZE (avec sûrement les bénéfices de sa station d'essence qu'il a conservé), n'en seront que conforté dans leur sentiment que le Général de division François BOZIZE, Président de transition "autoproclamé" candidat à sa propre succession, prend ses désirs pour des réalités.

FODEM - Bangui, 27 octobre 2004
CLIMAT DE FIN DE RÈGNE SUR FOND DE SCANDALES FINANCIERS