Centrafrique: remaniement
"technique" sans bouleversement
BANGUI, 3 sept (AFP) - 14h04 -
Rendu indispensable par la démission du ministre de l'Economie,
le remaniement gouvernemental opéré jeudi en Centrafrique s'est
limité à quelques changements techniques, sans bouleverser les
équilibres en vigueur à quelques mois de la fin de la
transition.
Le Premier ministre reconduit, Célestin-Leroy
Gaombalet, qui dirigeait la précédente équipe depuis la mi-décembre
2003, a lui-même qualifié jeudi soir l'opération de "petit
remaniement technique qui ne remet pas en cause, les équilibres géopolitiques
voulus par les acteurs de la transition".
Sans avoir été particulièrement
attendu, le remaniement de l'équipe Gaombalet, qui faisait
l'objet de spéculations depuis de nombreux mois, n'a pas constitué
une énorme surprise.
A plusieurs reprises depuis le mois
de mars, la presse s'était fait à diverses occasions, et à
tort, l'écho d'un changement imminent de gouvernement.
M. Bozizé "n'entendait pas
perturber la bonne marche de la transition", a-t-on expliqué
dans son entourage. "Il ne souhaitait pas donner des signes
d'une certaine instabilité en recomposant à l'époque le
gouvernement", a renchéri un diplomate.
Mais la démission brutale en août
du ministre de l'Economie et des Finances, Jean-Pierre Lebouder,
jamais entérinée officiellement par le chef de l'Etat, a
contraint celui-ci à franchir le pas.
Homme-clé du gouvernement, apprécié
des bailleurs de fonds qui permettent à la Centrafrique, asphyxiée
financièrement, de respirer encore, M. Lebouder avait été
l'artisan de la signature en juillet d'un accord de facilité
post-conflit avec le Fonds monétaire international (FMI).
Mais les divergences avec le chef
de l'Etat était devenues, semble-t-il, trop profondes, et M.
Lebouder n'entendait plus, selon des proches, servir "de
faire valoir" au régime à quelques mois de la fin de la
transition.
Si ce n'est ce départ, la nouvelle
équipe ne connaît pas de profond bouleversement. Des 28
ministres en poste sous les ordres de M. Gaombalet dans la précédente
équipe, plus de la moitié (16) conservent leur portefeuille. Six
changent d'attribution et six plient bagage.
Seules deux nouvelles personnalités
font leur apparition: Solange Pagonéndji N'dackala aux Affaires
Sociales et Didier Wangué au Commerce.
L'équipe Gaombalet II ne compte
plus que 24 ministres et "le président a ainsi voulu tenir
compte des préoccupations exprimées par le Conseil national de
transition (CNT, Parlement de transition) et les syndicats, qui
souhaitaient voir réduit le nombre des ministres", a expliqué
M. Gaombalet.
Reste que la suppression de quatre
portefeuilles apparaît pour le moins symbolique et loin des voeux
du CNT, qui se prononçait pour un gouvernement réduit à 16
ministres.
Outre M. Lebouder, seuls deux
figures majeures quittent l'équipe Gaombalet.
Hyacinthe Wodobodé, une proche du
vice-président Abel Goumba, quitte la Justice et paie sans doute
sa gestion contestée de l'affaire Maka Gbossokotto, le directeur
du quotidien "Le Citoyen" condamné à un an de prison
avec sursis le 10 août pour "injures publiques" envers
un proche du chef de l'Etat, qui avait démenti toute intervention
dans le dossier.
Marcel Malonga, pourtant réputé
proche du président, quitte l'Intérieur, probablement victime
des tensions qu'il avait créées entre les confessions
religieuses et le pouvoir en leur intimant brutalement de
respecter la loi.
M. Bozizé lui reprocherait aussi
de lui avoir fait signer une liste de nominations sur laquelle
figuraient des personnes décédées.
Il est remplacé à ce poste, stratégique
en vue des scrutins présidentiel et législatifs de janvier et février
prochains, par un militaire, le colonel Michel Sallé, précédemment
aux Eaux et Forêts, "très proche de Bozizé", selon
une source militaire, comme son ministre délégué, le colonel
Jules Ouandé, maintenu à son poste.
Un "petit remaniement
technique", selon le Premier ministre Gaombalet
BANGUI, 3 sept (AFP) - 10h15 - Le
Premier ministre centrafricain Célestin-Leroy Gaombalet a qualifié
de "technique" le remaniement gouvernemental annoncé
jeudi soir et estimé qu'il ne remettait pas en cause l'équilibre
de la période de transition constitutionnelle.
"C'est un petit remaniment
technique qui ne remet pas en cause, les équilibres géopolitiques
voulus par les acteurs de la transition", a déclaré jeudi
soir M. Gaombalet, interrogé par quelques journalistes après
avoir annoncé la composition de son nouveau cabinet à la radio
nationale.
"Outre le Premier ministre, ce
gouvernement ne comporte que 24 ministres, contre 28 dans le précédent
gouvernement", a relevé le chef du nouveau gouvernement.
"Le Président a ainsi voulu tenir compte des préoccupations
exprimées par le Conseil national de transition et les syndicats,
qui souhaitaient voir être réduit, le nombre des
ministres", a-t-il ajouté.
Face aux graves problèmes économiques
et financiers du pays, les syndicats et le Conseil national de
transition (CNT, parlement de transition) avaient proposé au chef
de l'Etat la réduction de la taille du gouvernement, afin
notamment de réduire le train de vie de l'Etat.
Ce remaniement gouvernemental
intervient à quelques mois des élections présidentielle et législatives
des 30 janvier et 27 février 2005, qui doivent mettre un terme à
la période de transition ouverte par le coup d'Etat du général
Bozizé, le 15 mars 2003.
Centrafrique: Gaombalet
reste PM et présente son nouveau gouvernement
BANGUI,
2 sept (AFP) - 23h13 - Le Premier ministre
centrafricain sortant Célestin-Leroy Gaombalet a annoncé jeudi
soir à la radio nationale la composition d'un nouveau
gouvernement à la tête duquel le président François Bozizé
l'a maintenu.
Le précédent
gouvernement dirigé depuis décembre 2003 par M. Gaombalet avait
été démis de ses fonctions jeudi à la mi-journée par un décret
présidentiel, lu à la radio nationale.
Le gouvernement Gaombalet
II compte 24 ministres contre 28 dans l'équipe précédente et
l'on y relève peu de changements: 16 ministres sont maintenus à
leur poste, six changent de portefeuille et deux nouvelles
personnalités y font leur entrée.
Seuls six membres de
l'ancienne équipe ne font partie de la nouvelle, parmi lesquels
le ministre de l'Economie et des Finances, Jean-Pierre Lebouder,
qui avait remis en août sa lettre de démission au président
Bozizé, sans que celui-ci ne l'entérine jamais officiellement.
Il est remplacé par Daniel N'ditifeï-Boysembé, son ancien
ministre délégué.
Deux autres personnalités,
la ministre de la Justice Hyacinthe Wodobodé, proche du vice-président
Abel Goumba, et le ministre de l'Intérieur Marcel Malonga,
ex-magistrat considéré comme proche du chef de l'Etat, plient
bagages.
Ils sont remplacés
respectivement par Léa Doumta, ministre des Affaires sociales du
gouvernement sortant, et par le colonel Michel Sallé, précédemment
aux Eaux et Forêts.
Parmi les autres
principaux changements de portefeuille figurent le passage du
lieutenant-colonel Parfait Anicet M'bay du ministère de la
Communication à celui de l'Agriculture.
Le chef de l'Etat, François
Bozizé, conserve lui le portefeuille de la Défense nationale.
Abdou Karim Méckassoua garde son titre de ministre d'Etat, le
seul du gouvernement, et le portefeuille de l'Education nationale.
Hervé-Charles Wénézoui
reste ministre des Affaires étrangères, le commandant Sylvain N'doutingaï
ministre de l'Energie et des Mines, le Pr Nestor Mamadou Nali
ministre de la Santé publique, Zarambaud Assingambi ministre
chargé du Secrétariat général du gouvernement et Jacques Boti
ministre de la Fonction publique.
Les deux entrants, Solange
Pagonendji N'dackala et Didier Wangué, héritent de leur premier
poste ministériel, à la Famille et aux Affaires sociales pour la
première, au Commerce pour le second.
Le ministère de
l'Environnement et celui du Développement de l'Elevage sont
supprimés, ainsi que deux ministères délégués.
Le gouvernement conserve
les six militaires qu'il comptait dans sa précédente mouture.
Ce remaniement
gouvernemental intervient à quelques mois des élections présidentielle
et législatives des 30 janvier et 27 février 2005, qui doivent
mettre un terme à la période de transition ouverte par le coup
d'Etat du général Bozizé, le 15 mars 2003.
Composition du nouveau
gouvernement centrafricain
BANGUI, 2 sept (AFP) - 23h12 - Voici la
liste du nouveau gouvernement centrafricain formé jeudi soir par le
Premier ministre sortant Célestin-Leroy Gaombalet:
- Président de la République, ministre
de la Défense nationale: général François Bozizé (maintenu)
- Premier ministre, chef du gouvernement:
Célestin-Leroy Gaombalet
- Ministre d'Etat à l'Education
nationale: Abdou Karim Méckassoua (maintenu)
- Ministre de l'Agriculture:
lieutenant-colonel Parfait-Anicet M'bay (change de portefeuille)
- Ministre du Plan, de l'Economie et des
Finances: Daniel N'ditiféï-Boysémbé (change de portefeuille)
- Ministre des Affaires étrangères: Hervé-Charles
Wénézoui (maintenu)
- Ministre de l'Intérieur: colonel Michel
Sallé (change de portefeuille)
- Ministre de la Justice: Mme Léa Doumta
(change de portefeuille)
- Ministre de l'Equipement et des
Transports: Sonny M'pokomandji (maintenu)
- Ministre de l'Energie, des Mines et de
l'Hydraulique: commandant Sylvain N'doutingaï (maintenu)
- Ministre de la Communication: Joseph
Kiticki Kouamba (change de portefeuille)
- Ministre des Eaux et Forêts: Denis
Kossi-Bella (change de portefeuille)
- Ministre chargé du Secrétariat général
du gouvernement: Zarambaud Assingambi (maintenu)
- Ministre de la Santé publique: Pr
Nestor Mamadou-Nali (maintenu)
- Ministre de la Reconstruction des édifices
publics et de l'Urbanisme: Abraham Ngotto Bouloum (maintenu)
- Ministre des Postes et Télécommunications:
Idriss Salao (maintenu)
- Ministre de la Fonction publique:
Jacques Boti (maintenu)
- Ministre de la Jeunesse et des Sports: Désiré
Kolingba (maintenu)
- Ministre du Développement du tourisme:
Bruno Dacko (maintenu)
- Ministre de la Famille, des Affaires
sociales: Mme Solange Pagonéndji N'dackala (nouvelle)
- Ministre du Commerce: Didier Wangué
(nouveau)
- Ministre délégué à l'Intérieur:
colonel Jules-Bernard Ouandé (maintenu)
- Ministre délégué au Plan, à l'Economie
et aux Finances: colonel Mohamed Mahadi Marboua (maintenu)
- Ministre délégué à l'Education
nationale: Etienne-Jocelyn Natalo (maintenu)
- Ministre délégué aux Affaires étrangères:
Guy Moskit (maintenu)
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